L'histoire des architectes des bâtiments de France est intimement liée à l'évolution de la notion de patrimoine et à son intégration à l'administration française.
Dans un premier temps, liés aux seuls édifices protégés (d'abord aux cathédrales, puis à l'ensemble des Monuments historiques), l'architecte des Monuments historiques (ancêtre des ABF) assiste les architectes en chef des monuments historiques (alors une petite dizaine pour toute la France) en tant qu'architecte d'opération puis ayant la charge de l'entretien des monuments. Il a un statut libéral et est seul dans son département. Ces missions d'abord ponctuelles occuperont au fur et à mesure de l'accroissement des protections des monuments historiques et de la spécificité de ce domaine la totalité de son travail d'architecte.
Au milieu du XX siècle, avec la prise en compte de la protection des abords des Monuments Historiques, l'architecte des bâtiments de France aborde une toute autre échelle, celle de l'urbanisme. Urbanisme qui occupera dorénavant la majeure partie de son travail avec la création des secteurs sauvegardés, des ZPPAUP, des sites, des PLU patrimoniaux…
Par ailleurs, avec son travail sur le territoire et l'élargissement de ses compétences, de l'objet "monument historique" à la politique patrimonial du département, ses liens avec l'administration se renforceront et l'administration lui créera une véritable structure de travail, l'agence des bâtiments de France, qui deviendra service départemental de l'architecture (SDA) et enfin service départemental de l'architecture et du patrimoine (SDAP) dans lequel il deviendra le chef de service.
Ce lien à l'urbanisme et à l'administration l'éloignera des architectes en chef qui resteront libéraux, à la marge de l'administration. Avec l'augmentation des ACMH au milieu du XX siècle, ceux-ci assureront eux-mêmes leur suivi de chantier (aidé la plupart du temps par des architectes, collaborateurs d'architecte en chef au sein d'agences d'architecture privées), l'ABF n'assurant plus que l'entretien et les réparations ordinaires sur les Monuments historiques (qui peuvent s'élever dans certains cas à plusieurs centaines de milliers d'euros).
- les grandes dates:
- XVI siècle: création des surintendants des Bâtiments du Roi par François I
- 1897: création des Architectes des Monuments Historiques que résidant sur place, s'occupant du suivi des travaux sur les cathédrales, secondant les architectes en chef des Monuments Historiques.
- 1908: Architectes Ordinaires des Bâtiments Civils qui s'occupent de tous les Monuments Historiques
- 1946 : création du corps des Architectes des bâtiments de France. Ils ont la charge de faire respecter en autre la qualité des abords autour des Monuments Historiques.
- 1978 : Rattachement de l'architecture au ministère de l'équipement, qui était avant aux ministères des Beaux-Arts. Les Architectes des bâtiments de France deviennent les chefs des Services Départementaux de l'Architecture (SDA). Ils avaient pour but de contrôler l'architecture non seulement autour des MH, comme la loi l'exige, mais aussi sur l'ensemble du département.
- 1984 : décret relatif au statut des Architectes des bâtiments de France qui deviennent alors pleinement fonctionnaires tout en pouvant garder une activité libérale.
- 1993 : rapprochement du corps des Architectes des bâtiments de France et des urbanistes de l'État au sein du corps des Architectes et urbanistes de l'État. Refonte globale de leurs statuts les intégrant pleinement au sein de l'administration et leur supprimant leur possibilité de cumul.
- 1995 : rattachement du corps des Architectes des bâtiments de France au ministère de la Culture, création donc d'un corps interministériel (puisqu'une partie des AUE exercent pour le compte du ministère chargé de l'équipement).
- 2004 : décret du 2 juin fixant le nouveau statut du corps des AUE.