Avion militaire

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Introduction

Panel d'avions militaires utilisés durant la guerre d'Irak de 2003 : Panavia Tornado de la RAF, F/A-18 de l'US Navy, F-15, F-16, F-117 et un ravitailleur KC-135 de l'USAF.

Un avion militaire est un avion utilisé par une armée, soit en tant que moyen offensif ou défensif (avion de combat), soit en tant que moyen de support de ses opérations (avion de transport et autres). L'utilisation d'avions militaires s'est développée lors de la Première Guerre mondiale, avant de devenir une composante essentielle de la stratégie militaire à partir de la Seconde Guerre mondiale et d'entraîner la constitution d'un corps d'armée spécialisé dans tous les pays (l'armée de l'air) et une composante spécialisée de la marine militaire (l'aéronavale).

Historique

Les débuts de l'aviation militaire turque en 1912 durant la Première Guerre balkanique

Un Fokker Triplan Dr1, avion de chasse allemand de la Première Guerre mondiale

L'avion apparaît quelques années seulement avant la Première Guerre mondiale et est rapidement utilisé par les militaires. Ses premières missions sont les mêmes que celles des ballons utilisés précédemment, à savoir la reconnaissance et le réglage des tirs d'artillerie, puis le bombardement léger. C'est afin d'empêcher et de contrer les missions adverses qu'apparaissent les premiers avions de chasse.

La guerre italo-turque est le théâtre de la première utilisation militaire de l'aviation : le 23 octobre 1911, un aviateur italien (le capitaine Carlo Piazza) survole les lignes turques pour une mission de reconnaissance et, le 1 novembre, la première bombe lancée de l'air par un avion tombe sur les troupes turques en Libye. Le 10 septembre 1912, un monoplan Nieuport est le premier avion abattu au combat, descendu par une batterie de mitrailleuses. Il faut attendre le 5 octobre 1914 pour enregistrer le premier combat aérien entre un avion français et un avion allemand, près de Reims.

Dans l'entre-deux-guerres, l'aviation militaire se perfectionne (les monoplans remplacent la plupart des biplans, les moteurs deviennent de plus en plus puissants et les profils d'avions de plus en plus aérodynamiques). Les armées développent beaucoup cette arme, sentant une nouvelle guerre venir. Mais, avant le déclenchement de cette guerre, des nations sont très en avance technologiquement (France, Allemagne, Royaume-Uni) pendant que d'autres prennent du retard (États-Unis, Italie, etc.) alors que les prototypes fleurissent et que leurs performances sont de plus en plus élevées.

L'aviation militaire est utilisée de façon intensive dès le début de la Seconde Guerre mondiale : c'est une composante indispensable de la Blitzkrieg allemande, et la bataille d'Angleterre est la première bataille aérienne de l'Histoire. Cette guerre marque hélas également le début des bombardements massifs d'objectifs civils effectués avec des formations de plusieurs centaines d'avions : d'abord par l'Allemagne (raids sur Rotterdam et Coventry dès 1940) et le Japon, puis par les États-Unis et le Royaume-Uni à partir de 1943 (raids sur Hambourg, Tōkyō, etc.). En Asie, la Seconde Guerre mondiale se termine après les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki.

Tous les conflits survenus depuis (Guerre de Corée, Guerre du Viet-Nam, etc.) ont vu l'aviation militaire jouer un rôle d'autant plus essentiel que les performances des avions ont augmenté considérablement. La nécessité de s'assurer la supériorité sur l'aviation adverse a même été un moteur puissant des différentes innovations apportées depuis le début de la Seconde Guerre mondiale.

Classifications

Poids : les avions d'entrainement ont une masse de moins de 10 tonnes; les avions de combat légers, de 10 à 12 tonnes, Gripen, MiG 21; la classe moyenne d'environ 15 à 20 tonnes, Mirage 2000, F-16, MiG 29; et enfin les appareils lourds de plus de 30 tonnes comme les F-15, Su-30 et le bombardiers stratégique.

Configuration aérodynamique : qui est caractérisée surtout par la flèche des ailes, on trouve les subsoniques à flèche très réduite, ils volent à Mach d'environ 0,5, ce sont la plupart des avions d'entrainement, les fameux A-10 et Su 25 d'attaque; et l'espion U-2. Une exception historique, le F-104, qui avait une flèche réduite mais était purement supersonique, mais il avait aussi un allongement d'un missile.

Les supersonique à flèche importante, autour de 70°, qui faisaient l'aviation durant les années 50 à 60, à l'époque on cherchait surtout la vitesse pure pour pouvoir intercepter vite les bombardiers volant haut. C'était le Mirage III, le MiG 21, le F-104.

Enfin les autres à flèche de 45° qui trace la tendance actuelle et qui allient les performances manœuvrières aux vitesses de combat tournoyant,et les pointes de vitesses d'interception.

Mission : jusqu'aux années 1960 on distinguait les appareils selon les missions qu'ils accomplissaient, interception, emportant des missiles air-air et des radars travaillant en mode aussi air-air, c'étaient les Mirage III, Mig 21; bombardement; reconnaissance...

Ensuite sont apparus des avions dits polyvalents pouvant, après installation des matériels au sol, changer de mission, ou bien d'une même cellule on dérive plusieurs versions; les raisons de coûts commencent à influencer les conceptions.

Actuellement les nouveaux avions entrés sont dits multirôles, ils embarquent les matériels et armements nécessaires à l'accomplissement de plusieurs missions, ce sont les radars fonctionnant en modes Air et Sol, les multiples points d'accroche d'armements, une avionique multi-fonction intégrée.Les exemples récents sont le Rafale, le JSF, le F-35, l'Eurofighter et le Su 30.

Quoique les américains continuent à croire en la supériorité aérienne pure, c'est pour ça qu'ils ont développé le F-22; en tout cas ils ont les moyens pour se permettre deux nouveaux avions.

Catégories

Bombardier Avro Lancaster britannique de la Seconde Guerre mondiale

On catégorise généralement les avions militaires en fonction de leurs missions :

Certains avions sont capables de remplir plusieurs missions : on parle alors d'avion multirôle, dont l'exemple classique est le chasseur-bombardier.

Technologies

Le premier avion de chasse opérationnel à réaction soviétique, le MiG-15 conçu à la fin des années 1940, ici sous cocarde polonaise

La Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide ont entraîné un effort de recherche et d'innovation considérable afin d'obtenir une supériorité sur le camp adverse. Cet effort s'est naturellement manifesté dans la mise au point de technologies de plus en plus avancées.

D'abord propulsés par le moteur à combustion interne entraînant une hélice, puis un modèle conçu avec un moteur-fusée (le Messerschmitt Me 163), les avions militaires ont utilisé le moteur à réaction dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ceci a rapidement permis de voler à des vitesses tout juste supersoniques dès les années 1950, et encore plus élevées à partir des années 1960.

Des progrès considérables ont également été accomplis dans le domaine électronique (radar, commandes de vol électriques, systèmes de navigation, etc.) et de l'armement (missile, bombe guidée laser, etc.) : aujourd'hui, un chasseur peut en abattre un autre à 80-90 km de distance avec un missile air-air et tirer une munition air-sol à des centaines de km de sa cible.

Coûts d'un avion militaire

Les améliorations des performances (nouveaux moteurs, nouveaux matériaux, nouvelles techniques de construction) et des équipements (radar, avionique) font que le prix des avions augmente fortement d'une génération à l'autre et, par conséquent, même le nombre d'appareils modernes que les nations les plus riches peuvent s'offrir diminue inexorablement.

À titre d'exemple parmi les avions conçus aux États-Unis :

DésignationMise

en

service
Exemplaires

construits
Coût unitaire
P-51 Mustang194215 57550 985 $
F-86 Sabre19498 740220 000 à 343 000 $ suivant les versions
F-4 Phantom II19605 1952,4 millions de $
F-15 Eagle19761 30028 à 30 millions de $ suivant les versions
F-22 Raptor2005187 prévus90 à 100 millions de $

Il convient de préciser, toutefois, que le nombre d'exemplaires de P-51 Mustang comporte des avions construits pendant la Seconde Guerre mondiale, que le nombre d'exemplaires de F-86 Sabre comporte des avions construits pendant la guerre de Corée et que le nombre d'exemplaires de F-4 Phantom comporte des avions construits pendant la guerre du Viet-Nam. Un certain nombre de ces appareils ont donc été construits en remplacement d'appareils détruits par les combats ou en prévision de combats imminents, ce qui relativise sans le remettre en cause l'effet de l'évolution des coûts sur le nombre d'appareils construits.

À ces coûts directs d'achat de l'avion lui-même, il faut ajouter les coûts de maintenance (entretien régulier) et les coûts de formation des pilotes et mécaniciens, eux aussi en hausse constante en raison de l'augmentation de la complexité des avions. Voici quelques chiffres de 2006 concernant l'aviation navale française :

Le faible nombre d'appareils utilisés augmente les coûts. Si l'on prend le cas du E-2 Hawkeye, l'US Navy chiffre en 2006 l'heure d'exploitation à 18 000 US$ pour 150 exemplaires acheté depuis 1960, tandis que la Marine nationale n'a que trois exemplaires de cet avion qui lui coûte pratiquement trois fois plus cher à l'heure.

Parc d’avions de combat en 2002

Un chasseur-bombardier F-4 Phantom II américain, conçu dans les années 1960

On estime qu'en 2002 environ 28 000 avions de combat étaient opérationnels dans le monde, avec la répartition géographique suivante :

  • États-Unis : 22 %
  • Alliés de l’OTAN : 14 %
  • Russie : 9 %
  • République populaire de Chine : 10 %
  • Reste de l’Asie : 18 %
  • Moyen-Orient et Afrique du Nord : 13 %
  • Reste du monde : 14 %

Avions militaires et environnement

L'aviation militaire (terrestre et aéronavale) déroge au protocole de Kyoto et est très émettrice de gaz à effet de serre. L'utilisation de drones est parfois présentée comme permettant une surveillance à moindre impact environnemental, en complément de l'imagerie satellite dont l'écobilan ne semble pas non plus avoir été fait.
Les carburants de ces avions peuvent contenir des additifs toxiques et polluants. Les produits (antigels, produits de nettoyage..) peuvent aussi au sol contribuer à polluer les aérodromes militaires et leurs environs. Un avion en difficulté se débarrasse généralement de son carburant avant un atterrissage en urgence, souvent au-dessus d'une forêt ou d'une zone agricole ou de la mer, pour éviter de polluer les villes.

Les munitions des avions et hélicoptères sont aussi sources de pollution lors de leur usage, des exercices ou en fin de vie si elles ne sont pas démantelées dans les meilleures conditions (ce qui est le plus souvent le cas depuis l'invention de l'aviation militaire).

Se pose aussi la question des déchets militaires et du démantèlement en fin de vie (les avions comprennent de nombreux métaux polluants, et contiennent généralement de l'amiante et des matériaux amiantés .. À titre d'exemple, l’armée de l’air française prévoit le retrait d'environ 70 aéronefs par an en moyenne sur la période 2009 – 2014 (800 t/an d'aluminium et autres métaux et composites, soit 6 000 t de matériel volant à démanteler pour 2009 – 2015 ; plus de 800 cellules d’aéronefs dont 300 d'hélicoptères). Ce matériel s'ajoute aux environ 400 aéronefs déjà en attente d’élimination (+/- 2750 t), notamment regroupés sur la base aérienne de Châteaudun .