Dassault Rafale

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Introduction

Dassault Rafale
Rafale-060427-N-2959L-196.jpg Vue de l'avion
ConstructeurFrance Dassault Aviation
RôleAvion omnirôle
Premier vol4 juillet 1986
Mise en service18 mai 2001
Date de retraitToujours en service
Investissement39,6 milliards d'euros
Coût unitairede 70 à 90 millions € (selon les versions)
Nombre construitFrance 75/286
Équipage
1 pilote (monoplace) + 1 pilote navigateur (biplace)
Motorisation
MoteurSnecma M88-2
Nombre2
TypeTurboréacteurs avec postcombustion
Poussée unitaire48,7 kN (72,9 kN avec postcombustion)
Dimensions
Envergure10,8 m
Longueur15,3 m
Hauteur5,34 m
Surface alaire45,7 m²
Masses
À videRafale C : 9 060 kg

Rafale M : 9 670 kg

Rafale B : 9 800 kg
CarburantInterne : 4 800 kg

Externe : 4800 kg
Avec armement23 700 kg
Maximale24 500 kg
Performances
Vitesse maximale2 203 km/h (Mach 1,8)
Plafond16 800 m
Vitesse ascensionnelle18 000 m/min
Rayon d'actionHaute altitude : 1 850 km

Basse altitude : 1 090 km
Armement
Interne1 canon Nexter DEFA 30M 791B (30 mm)
Externe9 500 kg de différents types de missiles ou de bombes
Avionique
Voir la section concernée

Le Dassault Rafale est un avion militaire français multirôle conçu par les Avions Marcel Dassault-Bréguet Aviation (AMD-BA) et produit par Dassault Aviation. Cet ambitieux programme d'uniformisation des Armées françaises vise, à l'horizon 2025-2030, à remplacer les cinq types d'aéronefs en service dans l'Armée de l'air et la Marine nationale françaises. Le Dassault Rafale est capable d'effectuer une frappe nucléaire.

Historique

La valse-hésitation de l'avion de combat lourd français (1963-1975)

Rafale

L'Armée de l'air et, dans une moindre mesure, la Marine nationale françaises ont toujours rêvé d'acquérir un avion de combat lourd biréacteur. Au cours des années 1963-1979, Dassault-Bréguet (aujourd'hui Dassault Aviation), le seul constructeur aéronautique français dans le domaine des avions de combat, réalise plusieurs prototypes répondant aux souhaits versatiles de l'État-major. « Contrairement à une opinion répandue », estime l'historien Claude Carlier, universitaire à la Sorbonne et président d'un think tank, l'Institut d'histoire des conflits contemporains (IHCC), « il n'apparaît pas que l'État-major ait commandé des prototypes pour faire seulement tourner les bureaux d'études. Il a, au contraire, systématiquement envisagé une fabrication en série d'appareils dont il comptait bien s'équiper. Toutefois, il faut remarquer que tous les appareils commandés sur son initiative ont été abandonnés […], généralement pour des motifs financiers, alors que certains étaient réussis technologiquement. »

Les dirigeants français ne sont pas exempts de reproches lorsqu'ils reportent les commandes à cause du contexte électoral, économique ou social, comme on le verra plus bas. « D'un autre côté, les hommes politiques ne savent plus qui croire lors des changements à la tête des armées quand des demandes contradictoires leur sont présentées. En effet, aux divers changements de chefs d'État-major correspond souvent une nouvelle conception des missions. Une nouvelle fois, les programmes à l'étude ou en expérimentation sont soit modifiés, soit purement et simplement annulés ».

D'autres experts, comme Pierre Marion, ancien directeur du service de renseignements extérieur français, pointent du doigt « les connivences qui se créent entre firmes d'une part, ingénieurs d'État et officiers d'autre part [et qui] constituent un réseau occulte détournant les processus de décision ».

L'intercepteur privilégié (1963-1973)

Ainsi, en 1963, pour l'Armée de l'air française, il s'agit de posséder un avion d'interception monoplace biréacteur de pénétration à basse altitude tous temps, capable d'interceptions à vitesse supersonique et apte à s'affranchir des longues pistes bétonnées vulnérables aux attaques des avions du Pacte de Varsovie. Avec une vitesse d'approche inférieure à 140 nœuds (260 km/h), le prototype Mirage F2 à aile fixe en flèche, lancé au cas où les prototypes Mirage Balzac V et Mirage IIIV à décollage et atterrissage verticaux (ADAV) développés en 1960 ne donneraient pas satisfaction, répond à ces spécifications. Ce chasseur de moyen tonnage (9,5 t à vide, 18 t à pleine charge) effectue son premier vol le 12 juin 1966 avant d'être abandonné en 1973 au profit du plus léger Mirage F1 développé sur fonds propres par Dassault-Bréguet et qui devait être équipé du nouveau réacteur Snecma M53.

Le baroud d'honneur des Mirage F2 et G (1964-1972)

Les demandes changent à nouveau en 1964. Pour l'Armée de l'air, la Marine nationale françaises, voire la Royal Air Force, il s'agit d'acquérir un appareil à géométrie variable, technologie alors à la mode (voir par exemple le F-111 américain). Dérivé du Mirage F2, le Mirage G4 biréacteur (SNECMA Atar 9 K 50 ou Pratt & Whitney/Snecma TF-306) est multirôle puisqu'il est destiné à des missions de reconnaissance, d'attaque et de guerre électronique lointaine (RAGEL) soit, sous-entendu, de bombardement stratégique nucléaire ou d'escorte des Mirage IV. Il effectue son premier vol le 18 mars 1967 avant d'être abandonné l'année suivante.

En 1970, l'État-major modifie une nouvelle fois ses demandes au profit d'un avion d'interception biréacteur moins performant, le Mirage G8, qui effectue son 1 vol le 8 mai 1971 (biplace) puis le 13 juillet 1972 (monoplace). En mai 1972, s'apercevant que la flèche variable n'est intéressante que pour les missions de pénétration à basse altitude, il abandonne le programme et rédige la fiche programme de l'Avion de Combat du Futur (ACF).

En 1970, la Cour des comptes estime à 2,3 milliards de francs sur dix ans le coût de l'annulation successive des différents programmes.

Les vicissitudes du programme français ACF (1972-1975)

L'ACF de supériorité aérienne multirôle est destiné à assurer à l'horizon 1990 la succession du Mirage III, du Mirage F1, du Mirage IV et du Jaguar, dont la version navalisée n'a pas convaincu pour remplacer les F-8(FN)Crusader.

L'ACF offre le choix entre deux projets à aile delta, entrées d'air semi-circulaire, commandes de vol électriques et utilisation de matériaux composites (carbone) : le monoréacteur Mirage 2000 et le biréacteur lourd Super Mirage 4000, équivalent au F-15 Eagle et qui possède des plans canard et a cette fois-ci clairement la préférence de l'État-major.

En juin 1975, la construction des prototypes, pourtant quasiment achevée, est stoppée devant l'ampleur financière du programme ACF. En juillet, l'État-major demande le retour à la supériorité aérienne, donc à un avion d'interception doté d'un radar simplifié. En décembre, le président de la République française Valéry Giscard d'Estaing décide de financer le Mirage 2000 et laisse à l'avionneur le soin de développer sur fonds propres en vue d'exportations le Super Mirage 4000 avec l'aide des équipementiers, l'État « prêtant » parcimonieusement les réacteurs. Le premier effectue son vol d'essai le 10 mars 1978, le second le 9 mars 1979, tous deux motorisés par le Snecma M53.

Une coopération européenne ? (1977-1985)

En décembre 1977, l'Armée de l'air demande à la Direction des constructions aéronautiques du ministère de la Défense français de conduire une réflexion sur un Avion de Combat Tactique (ACT) éventuellement construit en coopération. Huit années (1977-1985) sont nécessaires à la France, à la RFA et au Royaume-Uni pour s'entendre sur des besoins communs, sur un calendrier et sur la configuration technique de l'avion de combat européen.

Des besoins différents mais encore compatibles (1977-1979)

Dès 1977, les industriels AMD-BA et Dornier, qui avaient collaboré sur l'avion de patrouille maritime Bréguet Atlantic comme sur l'avion d'entraînement Alpha Jet, s'entendent sur une future coopération, toutefois sans appui de leurs gouvernements respectifs. Finalement, des discussions tripartites à plus haut niveau s'engagent sur les besoins : un chasseur-bombardier pour la France, un intercepteur destiné à succéder aux F-4 pour la RFA et le Royaume-Uni. Rapidement, ce dernier, qui a décidé le développement d'une version d'interception à long rayon d'action (Air Defense Version) du Tornado pour remplacer ses Jaguar, semble se rapprocher des vues françaises.

AMD-BA obtient un premier marché d'étude le 30 octobre 1978 pour l'étude d'un appareil de défense aérienne et d'attaque destiné à l'Armée de l'air puis un second pour un appareil destiné à la Marine nationale française, l'Avion de Combat Marine (ACM) le 22 décembre 1978. À partir de cette date, l'ONERA étudie en soufflerie la manœuvrabilité et l'aérodynamique du « projet Rapace ».

Les études françaises comme bipartites (European Combat Fighter) se poursuivent pour aboutir à la suite d'un colloque d'octobre 1979 à Bruxelles, au choix par les aviations militaires d'Europe de l'Ouest et les industriels (AMD-BA, MBB, British Aerospace) d'un biréacteur multirôle à aile delta, équipé de plans canard et de commandes électriques, d'une vitesse de Mach 2, d'un plafond de 15 000 mètres et devant être disponible en 1992.

Trois démonstrateurs pour chaque pays (1980-1982)

Cependant, des divergences se font déjà jour sur la masse de l'appareil, sa motorisation et, dans une moindre mesure, son avionique :

  • pour la France, un appareil de 8,5 tonnes propulsé par 2 Snecma M88 ;
  • pour la RFA, un appareil de 9 tonnes propulsé par 2 General Electric F404 ;
  • pour le Royaume-Uni, un appareil de 12,5 tonnes compensant son éloignement du champ de bataille continental et propulsé par deux Turbo-Union RB-199.

Ainsi, trois maquettes 1/1 statiques sont présentées aux salons aéronautiques :

  • l'Avion de Combat Tactique-92 (ACT 92) de AMD-BA, l'un à aile haute et double dérive, l'autre à aile basse en double flèche et plans canard (au design proche du Mirage 4000) au 13 salon IFA de Hanovre de 1980 ;
  • le Taktisches Kampf Flugzeug-90 (TFK-90) de MBB, avion d'interception à aile delta, double dérive, plans canard et entrées d'air ventrales au 13 salon IFA de Hanovre de 1980 ;
  • l'Agile Combat Aircraft (ACA), dérivé des études P.106 et P.110 (au design proche du F-15), à aile delta, double dérive, plans canard et entrées d'air ventrales au salon de Farnborough de 1982.

La mésentente cordiale (1982-1985)

En septembre 1982, lors du salon de Farnborough, le ministère de la Défense britannique annonce qu'il « aiderait » à financer le programme ACA et invite les autres partenaires européens à se joindre à lui en vue de la construction d'un démonstrateur Experimental Aircraft Program (EAP). Le 12 décembre 1982, le ministre de la défense français Charles Hernu annonce à l'Assemblée nationale française que « la France construira seule si nécessaire l'ACX [ex-ACT-92, ndlr] », dont les études sont lancées, et fait la même proposition aux industriels européens. En fait, chacun cherche à rallier la RFA à son propre programme à la faveur des liens tissés avec MBB.

1983 voit les lancements officiels de l'Avion de Combat eXpérimental (ACX) français (le 13 avril) et de l'EAP britannique (en mai), qui intègre les études du TFK-90 allemand. Le cahier des charges des deux prototypes répond aux spécifications de 1979 avec une utilisation intensive de matériaux composites tels les fibres de carbone (Carbon Fibre Composite), le titane (Super Plastic Forming-Diffusion Bonded), plus, pour l'ACX, de fibres d'aramide (Kevlar) et l'alliage aluminium-lithium. L'ACX possède, en outre, l'expérience de AMD-BA en matière de commandes de vol électriques « pleine autorité » qu'il est le premier à développer en Europe de 1975 (Mirage 2000) à 1986, date du vol d'essai de l'ACX.

Néanmoins, la coopération — « de façade », pronostiquent certains — est toujours de mise avec la signature de deux protocoles d'accord, le 1 en décembre 1983, le 2 en octobre 1984 où l'on discerne que l'unanimité est battue en brèche par les exigences inconciliables de ce « club des cinq » (France, RFA, Royaume-Uni, Italie et Espagne), qui reconstitue le groupement Panavia. Pour surmonter les dissensions, et alors que AMD-BA plaide pour un maître d'œuvre unique [lui en l'occurrence, ndlr], la partie britannique veut bien, à ce que l'on en sait, lui abandonner la conception de la cellule à condition que Turbo-Union obtienne celle du moteur, le RB-199 du Tornado ou, éventuellement, d'un dérivé. Hélas, dès septembre 1983, Snecma a développé un nouveau réacteur, le M88 et il est exclu pour la France, à la fois de confiner la société aux moteurs civils (tels le CFM56) ou d'envisager deux motorisations pour l'EFA. En août 1985, le ministre de la Défense français Charles Hernu annonce au sommet de Turin le retrait de la France du programme EFA, aidé en cela par les déclarations d'un énième chef d'État-major de l'Armée de l'air française en faveur d'un avion de moins de 9 tonnes et celles de AMD-BA, qui n'en finit pas d'égréner le « leitmotiv » voulant que la coopération sans maître d'œuvre unique, signifie l'étouffement de l'industrie aéronautique française.

Études

Le démonstrateur Rafale A (1986-1994)

Le démonstrateur Rafale A

Le démonstrateur de l'ACX, dénommé Rafale A, et construit en moins d'un an et demi, est présenté le 13 décembre 1985 à Saint-Cloud en présence de Marcel Dassault.

Le Rafale A effectue son premier vol le 4 juillet 1986 piloté par Guy Mitaux-Maurouard au centre d'essais de la DGA sur la BA 125 à Istres avec 2 réacteurs General Electric F404. Devant être multirôle et embarqué sur porte-avions, il doit être capable d'évoluer à haute altitude comme en suivi de terrain. Par rapport à l'ACX, le démonstrateur est équipé d'une aile en double delta semi-basse, d'une dérive plus haute, d'entrées d'air semi-ventrales sans les « souris » des Mirage III, 2000 et 4000, de plans canard placés en arrière du cockpit pour une meilleure visibilité du pilote. Cette combinaison de plans canard actifs (qui font office de gouverne de profondeur) et de l'aile permet à la fois un rapport portance/trainée et une incidence (l'angle sous lequel le vent vient frapper le profil) élevées.

Quand la Marine nationale française préfèrait le F/A-18 (1987)

En février 1987, le président de la République François Mitterrand annonce le lancement d'un avion opérationnel dérivé du Rafale A, puis en juin, au salon du Bourget, précise qu'il équipera l'Armée de l'air et la Marine nationale françaises. Cette dernière ne veut apparemment pas du Rafale M qui arrivera trop tard pour remplacer ses F-8 Crusader datant de 1964 et étudie la transformation, qui se serait révélée peu fiable, de quelques Super Étendard d'attaque datant de dix ans (mais dont les études remontent à 1953) en avions d'interception. En dépit de 7 appontages simulés du Rafale A sur le Clemenceau le 30 avril 1987, de 85 autres sur le Foch du 4 au 8 juillet 1988, de 124 appontages simulés sur la BA 125 à Istres et 160 sur la BAN Nîmes-Garons, sa préférence va cependant à la location ou l'achat « sur étagère » d'une trentaine de F/A 18 Hornet d'occasion qui ont fait leurs preuves sur les porte-avions américains. En 1988, à la suite d'un rapport de l'Assemblée nationale française, les critiques de la presse sur « le gouffre à milliards » ou le « Mirage du Rafale » puis la sortie du Premier ministre Michel Rocard sur le « sinistre industriel », les industriels sont enjoints de participer à hauteur de 25 % aux frais de développement, soit 40 milliards de francs, qu'ils devraient récupérer à moyen terme à l'export. Une décision de retrait de la Marine nationale du programme, qu'elle finance à hauteur de 20 %, aurait vraisemblablement été catastrophique pour les industriels du GIE Avion de Combat Européen (ACE) et la R&D française, comme le précise un nouveau rapport de l'assemblée nationale : la Marine a essayé « à tout prix [de] disposer d'un avion spécifique et surtout différent de celui de l'armée de l'air. Ces errements passés avaient été poussés jusqu'à l'absurde à la fin des années 1980, avec la proposition d'achat des F-18 pour le porte-avions au risque d'affaiblir l'outil de souveraineté, la cohérence du dispositif aérien et l'industrie aéronautique française ». Après que Marcel Dassault se soit fâché, il est décidé une prolongation de 17 Crusader pour 800 millions de francs et la transformation de 71 Super-Etendard en version modernisée (SEM) pour un montant inconnu.

En 1990, au moment de la guerre du Golfe, même François Mitterrand aurait regretté ce choix : « Je reconnais que j'ai commis une grave erreur […]. J'aurais dû opter pour le F-18. Aujourd'hui, je préconiserais l'achat d'appareils américains, même si cela devait déplaire à monsieur Dassault ». Quinze ans se sont écoulés et la marine est aujourd'hui très heureuse de constater que ses Rafale M F3 dominent les F/A-18E Super Hornet entrés en service en 1999 lors des exercices avec l'US Navy.

Le Rafale A néanmoins retenu (1989)

Le démonstrateur Rafale A, après avoir passé Mach 2 sur General Electric F404 au cours de son 93 vol (le 4 mars 1987), simulé des appontages sur le Clémenceau (le 30 avril 1987) à vitesse minimale, effectué un 460 vol avec un réacteur F404 à droite et un Snecma M88 à gauche (27 février 1990) est retiré des essais après 867 vols (le 24 janvier 1994).

Développement

Lancement du programme (1988)

Le lancement du programme a lieu le 26 janvier 1988 par un comité interministériel tandis que le contrat de développement est signé le 21 avril 1988. À cette date, AMD-BA (avec quatre prototypes), la Snecma (le réacteur M88-2), Thomson-CSF (le radar RBE2, un nouveau système de contre-mesures SPECTRA) et Dassault Systèmes passent en phase de réalisation des matériels de pré-série.

Les prototypes (1991-1993)

Le démonstrateur Rafale A donne naissance à 4 prototypes :

  • le Rafale C 01 (le C 02 est annulé à l'automne 1991), monoplace destiné à l'Armée de l'air française, commandé le 21 avril 1988 et dont le premier vol se déroule le 19 mai 1991 ;
  • les Rafale M 01 et M 02, monoplaces destinés à la Marine nationale française, commandés le 6 décembre 1988 et dont les premiers vols se déroulent respectivement le 12 décembre 1991 et le 8 novembre 1993 ;
  • le Rafale B 01 (le Rafale N destiné à la Marine nationale française est annulé le 22 septembre 2004), biplace destiné à l'Armée de l'air française, dont le premier vol se déroule le 30 avril 1993.

Le prototype Rafale C 01 Air

La compacité et les améliorations aérodynamiques par rapport au démonstrateur Rafale A sont visibles sur ce prototype destiné à l'Armée de l'air française, le Rafale C 01

Le Rafale C 01, qui arbore une livrée noire suggérant la furtivité, est quelque peu différent du démonstrateur Rafale A. La compacité du réacteur M88 par rapport au F404 permet tout d'abord d'alléger le prototype d'une tonne (8,5 contre 9,5 tonnes) en réduisant sa longueur d'un mètre, son envergure de 1,15 mètre et sa surface alaire de 2 m². Au niveau de l'aérodynamisme, la voilure est elle-même simplifiée, revenant à l'aile delta simple de l'ACX, prolongée par un apex (le point le plus éloigné d'un triangle) vers les entrées d'air. L'empennage est raccourci et sa jonction avec le fuselage est revue, déplaçant l'entrée d'air auxiliaire du pied de l'empennage (typique du Tornado et du Typhoon) vers la canopée. En vue de l'intégration du système de guerre électronique SPECTRA, il est muni, à la façon des Mirage 2000, d'un ballonnet tandis que les plans canard sont modifiés et servent d'aérofreins. La pointe avant est plus large, afin d'y loger le radar RBE2, mais surtout inclinée vers le bas pour faciliter la visibilité lors des appontages. Enfin, l'espace entre les réacteurs est élargi.

Les prototypes Rafale M 01 et M 02 Marine

Le train avant des Rafale M 01 et M 02 est renforcé. La barre de catapultage est clairement visible, ici en position décollage

Les Rafale M 01 et M 02 présentent une livrée grise et sont identiques à 90 % au Rafale C 01. Ainsi, ils en conservent l'aile fixe, contrairement aux traditions de l'aviation navale française qui met alors en service des aéronefs aux extrémités d'aile repliables.

Les trains d'atterrissage principaux Messier-Dowty sont renforcés pour absorber une énergie verticale d'appontage correspondant à une vitesse de 6,5 mètres par seconde (soit 23,4 km/h). Pour l'envol à partir d'un porte-avions, le choix d'une barre de catapultage à la place des élingues accrochées au fuselage oblige à renforcer également le caisson du train avant (en titane et acier haute résistance), plus sollicité. Son amortisseur est doté d'un dispositif dit « jump strut » qui permet d'emmagasiner de l'énergie lors du catapultage et de la restituer en bout de pont d'envol. La technologie du train d'atterrissage avant (à laquelle s'ajoutent des astuces comme la rotation à 360° des roues à l'arrêt ou de +/- 75° lors de la rentrée) et son encombrement obligent à réduire les points d'emport d'armement de 14 à 13 par rapport au C 01.

Les Rafale M 01 et M 02 sont, en outre, dotés d'une crosse d'appontage plus lourde que celle utilisée pour les atterrissages d'urgence du Rafale C 01, d'une échelle télescopique repliable dans le fuselage, de deux batteries au lieu d'une et, en bout de dérive, du système inertiel infra-rouge (hybridé GPS) d'alignement à la mer TELEMIR de Sagem Défense Sécurité.

Le prototype Rafale B 01 Air

Le Rafale B 01, qui propose une livrée camouflage, est identique à 90 % au Rafale C 01. Il est cependant plus lourd de 700 kg et sa capacité en carburant est réduite de 500 litres. L'entrée d'air du circuit de refroidissement est modifiée pour loger le deuxième poste de pilotage, identique au premier et interchangeable, indispensable aux complexes missions de pénétration.

Mise en service

Coût du programme

Le coût du programme Rafale, qui était de 33,274 milliards d'euros pour 294 avions (études, production, soutien, etc.) en 2005, est revu à la hausse en 2008 à 39,6 milliards d'euros. Le coût moyen prévisionnel d'un Rafale (toutes versions confondues) est d'environ 138,5 millions d'euros en fin de programme, compte non tenu du coût des développements en cours. Compte tenu de la baisse du programme proposée par le livre blanc sur la défense, à 286 exemplaires, le nouveau coût prévisionnel s'établit à 140 millions d'euros par appareil.

Pour la Cour des comptes, son coût de soutien est, en décembre 2004 de 35 000 euros à l'heure de vol et devrait, selon le ministère de la Défense, diminuer à 10 000 euros à l'heure de vol pour le Rafale Air et 7 000 pour le Rafale M en 2012.

Commandes françaises

En 1992, les besoins seront révisés une première fois à la baisse. Au lieu de 336 appareils (225 monoplaces C et 25 biplaces B pour l'Armée de l'air ; 86 pour la Marine nationale) seuls 294 Rafale sont prévus pour les armées françaises : 234 pour l'Armée de l'air (dont 95 monoplaces C et 139 biplaces B) et 60 monoplaces M pour la Marine nationale.

Suite aux arbitrages rendus après la publication du Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale, le 17 juin 2008, le nombre de 294 Rafale pourrait être réduit à la baisse ou étalé dans le temps. En effet, au 20 novembre 2008, la cible est désormais de 286 appareils : 228 pour l'Armée de l'air et 58 pour la Marine nationale.

Avant 200220022003200420052006200720082009Après 2009Total
Rafale AirCommandes36004600065186228
Livraisons211311126714177
Rafale MarineCommandes250013000291858
Livraisons91000277?32

Utilisateurs

Juillet 2009 :

 France

120 commandés (82 Air + 38 Marine), 69 livrés

Treize nouveaux appareils restent à livrer en 2009 (12 pour l'Armée de l'air et 1 pour la Marine), portant le nombre total de livraisons à 82 à la fin 2009.

Unités opérationnelles

Rafale B/C/M

En 1988, le 1 vol d'un appareil de série est prévu pour fin 1995 avec une livraison à partir de 1996. En 1990, la formation du 1 escadron de l'Armée de l'air est repoussée de 1996 à 1999. En 1992, elle est reportée à 2000. De 1994 à 2000, la mise en service glisse chaque année d'un an supplémentaire, si bien que le 11 avril 1996, Dassault Aviation suspend sans préavis l'industrialisation du Rafale, faute de financement de l'État. La flottille 12F de l'Aviation navale, basée sur la BAN Landivisiau, est la première unité équipée de Rafale (le 18 mai 2001) mais demeure 3 ans en phase d'expérimentation, si bien que l'unité n'est opérationnelle que le 25 juin 2004. Le Rafale M au standard F2 est déclaré opérationnel le 21 mai 2008, tandis que les 9 premiers Rafale M au standard F1 sont mis sous cocon (de facto retirés du service) sur la BAN Landivisiau en attendant leur mise à niveau au standard F3.

La première unité de Armée de l'air, l'escadron de chasse 1/7 Provence de la Base aérienne 113 Saint-Dizier-Robinson destiné à la chasse-bombardement, est opérationnelle depuis le 26 juin 2006. Une seconde unité, l'Escadron de chasse 1/91 Gascogne destiné à la frappe nucléaire, a été créé le 31 mars 2009 sur la même base aérienne, et a été déclarée opérationnelle le 1er juillet 2010.

Le troisième escadron sera basé à Mont-de-Marsan avec une dominante reconnaissance. La date de sa création dépendrait du rythme de livraisons des avions et ne serait pas prévue avant 2012.

Rafale M flottille 12F

Rafale B escadron 1/7 Provence

Rafale C escadron 1/7 Provence

Rafale B escadron 1/91 Gascogne

Rafale B escadron 5/330 Côte d'argent

Disponibilité

La disponibilité du Rafale est en augmentation après une première phase de prise en main par les armées. Elle s'établit en moyenne pour l'année 2008 à 65 %. Ces chiffres prennent en compte l'immobilisation d'une partie des avions au standard F2 pour leur transformation au standard F3. De février à mai 2008, la disponibilité des Rafale lors des opérations de combat menées depuis Kandahar en Afghanistan dans le cadre des missions ISAF de l'OTAN a été de 100 % comme elle l'a été lors d'opérations précédentes menées sur le porte avions Charles de Gaulle. Enfin, le Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale recommande que « les avions de combat de l'armée de l'Air et de l'aéronautique navale seront regroupés, sous le commandement opérationnel du chef d'état-major des armées, en un parc unique, qui ne comprendra à terme que des Rafale et des Mirage 2000 D modernisés, dont la gestion sera assurée par l'armée de l'Air. Cette dernière veillera, en liaison avec la Marine nationale, à dégager toutes les synergies possibles en matière d'organisation, de soutien et de préparation de ces forces ».

Spécifications

Cellule

Le Rafale de série est un avion semi-furtif, utilisant 50% de matériaux composites (déjà présents sur l'ACX). Il possède une aile delta à flèche modérée et grand allongement (48° au lieu de 58° pour le Mirage 2000, d'où une grande finesse d'aile). Montée en position moyenne sur le fuselage, elle est dotée de petits apex (Leading Edge Root eXtension) à 72°, des élevons et un bord d'attaque pointu. De grands plans canard sont situés à proximité et au-dessus de l'aile et procurent le meilleur compromis, quels que soient le profil de charge ou la masse d'armements. Le Rafale dispose d'un système de commandes de vol électriques en fibre optique (CDVO ou fly-by-light) à plusieurs niveaux de redondance (trois chaînes numériques pouvant être secourues par une chaîne analogique, le tout alimenté par différentes sources électriques) permettant une parfaite manœuvrabilité, notamment en missions de supériorité aérienne et de pénétration. La cellule est conçue pour 7 000 heures de vol et dispose d'un système de diagnostic de 95 % des pannes, l'IHUMS (Integrated Health and Usage Monitoring System). Le banc d'essai aérotransportable et embarqué « Mermoz » permet de tester une cinquantaine de cartes électroniques (dont 18 Line Replaceable Units disponibles dans le commerce) et leur remplacement rapide.

Cockpit

Confort de pilotage

  • le siège éjectable Martin-Baker Mk F16F zéro/zéro à haute vélocité, doté d'un parachute GQ Type 5000, est très incliné. De 32° sur le prototype Rafale A, l'inclinaison est de 29° sur le Rafale de série afin de donner au pilote (même le plus petit) un accès aux instruments et une vision optimale et de réduire la distance verticale entre son cœur et son cerveau et faciliter ainsi la tenue des fortes accélération (9 g). Avec un angle d'attaque maximal d'environ 30°, le pilote bénéficie donc d'une inclinaison de 59° et ne ressent que 8 g (voire 7 g grâce à sa combinaison anti-G) ; Il est fabriqué en France SEM-MB qui est une coentreprise à 50 % entre Safran et Martin-Baker.
  • la poignée des gaz à 24 interrupteurs et commutateurs (à gauche) et le manche à 13 (à droite) disposent chacun d'un reposoir pour les avant-bras et sont de type 3M (Mains sur Manette et Manche ou Hands On Throttle And Stick, HOTAS), permettant au pilote de ne jamais relâcher les commandes pour dialoguer avec le Système de navigation et d'attaque (SNA) ;
  • le générateur d'oxygène embarqué OBOGS (On-Board Oxygen Generation System) d'Air liquide est un tamis moléculaire qui sert à augmenter la teneur en oxygène de l'air prélevé au niveau d'un compresseur du moteur afin qu'il soit fourni directement aux pilotes. Avec l'OBOGS, la production d'oxygène est quasiment infinie et facilite la logistique (pas de production au sol, ni de chargement et d'installation des bouteilles à bord, etc).

Interface homme-machine

  • la visualisation tête haute (VTH) holographique de type « Head-Up Display » d'un champ de vision de 30 x 22° est l'outil de pilotage à court terme du décollage à l'atterrissage en passant par toutes les phases intermédiaires (y compris combat). Il affiche des informations sur la vitesse, l'altitude, l'assiette, le cap, l'horizon artificiel, l'angle d'attaque, le temps de vol effectué, les alarmes provenant d'un capteur infrarouge, le temps de vol à parcourir des MICA, la décélération, etc). À noter que le navigateur d'un Rafale B dispose d'une copie de la VTH du pilote ;
  • la visualisation tête moyenne (VTM) présente la situation tactique sur un écran à cristaux liquides couleur de 25,4 x 25,4 cm (10 pouces) placé juste en dessous et à proximité de la VTH, d'une résolution de 1.000 x 1.000 et d'un champ de 20 x 20°. Il affiche une synthèse des différents capteurs (en particulier l'enveloppe de tir du SCALP-EG et des MICA, superposée à une cartographie synthétique). La VTM comprend également deux écrans à cristaux liquides couleur, tactiles et interchangeables de 15 x 15 cm, placés à gauche (plutôt dédié à la navigation) et à droite (plutôt dédié à l'armement) de l'écran principal ;
  • le viseur de casque (Head-mounted display) Sextant Avionique (aujourd'hui Thales Avionics)-Intertechnique TopSight E est léger (1,45 kg) et procure à l'œil droit du pilote un angle de vue de 20°, ainsi que des visualisations graphiques générées par la cible et l'instrumentation de l'appareil. Il pourra à terme remplacer complètement la VTH à l'instar du Lockheed F-35 Lightning II  ;

Armement et profils de mission

Le Rafale est muni de 14 points d'emport externes (13 pour la version marine) lui donnant une capacité d'emport maximale de 9 500 kg. Il est capable d'emporter une large gamme d'armements, déjà testés ou en service , conformes à l'accord de normalisation OTAN (STANAG) 1760. Parmi eux, citons :

Armement air-air

Ce Rafale Air présente, de gauche à droite, un missile MICA en bout d'aile, un missile de croisière SCALP-EG, 3 bombes guidées AASM, un réservoir externe et un pod de désignation laser Damocles

  • un canon Nexter DEFA 30 M791 monotube de 30 mm et 120 kg, placé sous l'apex de l'aile droite, comprenant 125 obus de type OPIT (obus perforant incendiaire traçant) pour une cadence de tir de 2 500 obus/minute. Bien que gardant la dénomination DEFA, ce canon est très différent de ceux qui équipent les avions français depuis les années 1950. En effet à l'époque de son développement, le cahier des charges du canon spécifiait plusieurs innovations: La capacité de tirer sous de très forts facteurs de charges, à vitesse supersonique (Mach 1 et +), et peut-être même de façon autonome. Mais les restrictions budgétaires n'ont pas permis le développement de calculateurs adaptés. Ce canon est masqué par un cache qui est détruit par le premier projectile tiré ;
  • les missiles MBDA MICA (Missile d'Interception de Combat et d'Autodéfense) tire et oublie (Fire And Forget) à moyenne portée ou d'autodéfense à courte portée, guidage électromagnétique ou infrarouge de troisième génération d'une portée maximum de 80 km. Peut être utilisé avec quatre modes de tir : Liaison avion-missile (LAM) longue portée, longue portée sans LAM, courte portée avec autodirecteur accroché sur la cible avant départ ou après départ avec un fort dépointage sur coordonnées L16 (ennemi dans les 6 heures) ;
  • le missile MBDA METEOR à longue portée, guidage inertiel et radar de troisième génération et doté d'un statoréacteur, d'une portée de l'ordre de 120 km et possédant un très grand NEZ (« No-Escape Zone », soit la distance à laquelle la cible n'a théoriquement aucune chance de s'en sortir). Il devrait entrer en service en 2012.

Armement air-sol

  • la bombe guidée laser Raytheon GBU-12 Paveway II et, à partir de 2009, GBU-24 Paveway III (couplée avec l'utilisation du pod de désignation laser Damocles) ;
  • la bombe guidée Sagem Défense Sécurité AASM en version GPS-INS ou GPS-INS + image terminale infra-rouge ;
  • le missile de croisière MBDA Apache, à longue portée, destiné à la neutralisation à distance de sécurité des pistes d'aérodromes très défendues ;
  • le missile de croisière MBDA SCALP-EG, dérivé de l'Apache, à longue portée, guidage inertiel et infra-rouge autonome, doté d'un turboréacteur Microturbo TRI60-30 et d'une charge « broach » de 400 kg ;
  • le missile de croisière préstratégique MBDA ASMP-A à moyenne portée, guidage inertiel, doté d'un statoréacteur et armé d'une nouvelle tête nucléaire, la TNA.

Armement air-mer

  • le missile antinavire MBDA Exocet AM39 B2 à moyenne portée, guidage inertiel et radar ;

Carburant

  • de 1 à 5 réservoirs externes de 1 250 litres chacun ;
  • de 1 à 3 réservoirs externes de 2 000 litres chacun ;
  • deux réservoirs conformes (CFT en anglais, pour « Conformal Fuel Tank ») dorsaux de 1 150 litres chacun (spécialement profilés pour minimiser leur traînée induite) afin d'allonger son rayon d'action pour les missions de pénétration notamment. L'adoption de CFT permet ainsi de dégager des points d'emports et ainsi augmenter l'armement embarqué. L'adoption de CFT ne génère aucune gène dans le combat aérien.
  • la nacelle de ravitaillement Douglas d'un débit de 750 litres/minute à partir des réservoirs internes du Rafale permet de le gréer rapidement en « buddy-to-buddy » (ou « nounou »), apte à ravitailler un congénère Air ou Marine, tous dotés de série d'une perche de ravitaillement en vol (amovible).

Divers

  • la nacelle de reconnaissance Thales tous temps Reco NG de 1 300 kg pour la très basse (BA) à la haute/moyenne altitude (HA/MA) fonctionnant respectivement en infrarouge et en visible (TV) permettant la visualisation par les pilotes d'objectifs hors de portée visuelle (« Beyond Visual Range ») jusqu'à 60 nautiques.

Profils de missions et standards

Le Rafale comprend cinq configurations type selon les profils de missions :

  • la supériorité aérienne avec deux à six missiles MICA à guidage électromagnétique ou infrarouge ou quatre MICA à guidage électromagnétique et deux Matra R550 Magic plus un réservoir supplémentaire (standard F1) ;
  • le bombardement et l'appui aérien rapproché (close air support) avec deux missiles MICA ou deux Magic II, jusqu'à six bombes guidées AASM plus trois réservoirs supplémentaires (standard F2) ;
  • la pénétration à longue distance avec deux missiles MICA, deux missiles de croisière SCALP-EG plus trois réservoirs supplémentaires (standard F2) ;
  • le bombardement à la mer avec 4 missiles MICA, deux missiles Exocet AM39 B2 plus deux réservoirs supplémentaires (standard F3) ;
  • la frappe nucléaire avec deux à quatre missiles MICA à guidage électromagnétique ou infrarouge, un missile ASMP-A plus deux réservoirs supplémentaires (standard F3).

Motorisation

Le réacteur M88

Un Rafale avec la sortie de ses réacteurs M88

Snecma débute les essais du réacteur M88-2 en janvier 1984, soit 8 mois à peine après la livraison à l'Armée de l'air du 1 Mirage 2000, équipé du réacteur M53. Le M88-2, moteur modulaire entièrement nouveau à double corps et double flux, d'une longueur de 3,53 mètres, d'un diamètre de 69,3 cm et d'une masse de 897 kg, est développé spécialement pour le Rafale. Compact, il délivre 50 kN de poussée à sec et 75 kN avec postcombustion et offre un rapport poussée/masse élevé et de fortes accélérations. Le M88-2 doit s'adapter au vol à basse altitude à faible consommation spécifique (et possède donc un fort taux de compression de 24,5 et des composants au rendement élevé) comme au vol à haute altitude à forte poussée spécifique (et possède donc un faible taux de dilution de 0,3).

À cet effet, les innovations suivantes sont employées :

  • des disques de compresseur aubagés monoblocs (DAM) ;
  • une chambre de combustion annulaire non polluante ;
  • des aubes et distributeurs de turbines haute pression monocristallins ;
  • un système de refroidissement.

Le moteur est régulé automatiquement à pleine autorité redondante (FADEC) par deux calculateurs, ce qui permet un pilotage sans restriction (démarrage des deux moteurs en deux minutes, et passage à la postcombustion en trois secondes) et une maintenance facilitée Le M88-2 bénéficie enfin d'une surface équivalente radar (SER) et signature infrarouge (SIR) réduites.

La qualification du M88-2 est obtenue le 30 septembre 1992 après 500 heures de vol.

Capteurs

L'un des atouts majeurs du Rafale réside dans sa capacité à fusionner les informations de ses différents capteurs en fournissant au pilote une situation tactique unique, facilement interprétable. La FSST (Fonction Synthèse de la Situation Tactique) permet en effet d'analyser toutes les pistes détectées par le système et de déterminer lesquelles correspondent au même « target ». Les pistes sont ainsi bien plus « robustes », car s'il est possible de faire décrocher un capteur (mise en secteur travers pour le radar par exemple) il est franchement improbable de faire décrocher tous les capteurs à la fois.

Le radar RBE2

Le radar de bord Thales-Dassault Electronique (aujourd'hui fusionné dans THALES Airborne Systems) RBE2 (Radar à balayage électronique 2 plans) de 270 kg permet de suivre plusieurs cibles simultanément grâce à son antenne électronique passive (Passive Electronicaly Scanned Array ou PESA) qui n'est plus limitée par la vitesse du balayage mécanique :

  • en déphasant les signaux émis, le faisceau d'onde mobile permet de suivre jusqu'à 40 pistes très éloignées les unes des autres (dont 8 avec poursuite renforcée à 100 km de distance) avec identification Friend or Foe (IFF) automatique et de basculer presque simultanément du mode air-sol au mode air-air ;
  • en évitant le terrain, il est capable 10 km en amont et sur 120 °, de mettre en œuvre les fonctions de navigation, cartographie 2D et 3D, recherche et attaque de cibles terrestres ou maritimes, fixes ou mobiles.
  • La DGA a passé commande en 2006/2007 à Thales afin de développer un radar de cinquième génération possédant une antenne dite active (Active Electronicaly Scanned Array ou AESA) . Elle espère pouvoir intégrer cette dernière (RBE2-AA) à l'horizon 2012 dans une configuration post-F3 du Rafale.

L'Optronique secteur frontal

Un Rafale B avec l'OSF visible au salon du Bourget (23 juin 2007)

L'Optronique secteur frontal (OSF) est un système visuel passif composé :

  • d'une voie infrarouge Sagem Défense Sécurité bi-bande (3-5µm et 8-12µm) tous temps capable de poursuivre les cibles à plus de 100 km. Elle sera supprimée à cause de son obsolescence lors du passage au standard F3.
  • d'une voie télévision Thales capable d'identifier une cible, d'en détecter l'armement, etc à plus de 50 km. Le capteur TV est couplé à un télémètre laser de faible portée et peu discret.

Ce système présente le grand avantage de permettre une identification visuelle à 50 kilomètres, donc le tir d'un missile MICA à 50 kilomètres en respectant les règles d'engagement strictes qui s'appliquent dans les guerres modernes, alors que la plupart des autres avions imposent à leur pilote de s'approcher pour identifier à vue, ce qui impose de ne tirer les missiles qu'à quelques kilomètres au risque d'être eux-mêmes pris pour cible.

Le capteur SPECTRA

Le capteur de guerre électronique Thales-MBDA SPECTRA (Système de Protection et d'Evitement des Conduites de Tir pour RAfale) de 250 kg est le système d'autoprotection du Rafale. Complètement intégré dans la cellule et passif, il assure une veille dans tous les spectres sur 360° :

  • en détectant une source avec une précision de moins de 1° ;
  • en l'identifiant par comparaison des signaux à une banque de données ;
  • en hiérarchisant et en localisant les menaces en mode interférométrique ;
  • en les présentant au pilote et en les fusionnant avec les pistes détectées par d'autres capteurs (radar, OSF) ;
  • en proposant au pilote des contre-mesures.

La liaison 16

Si elle n'est pas à proprement parler un capteur, la liaison de donnée tactique OTAN L16 utilise un terminal MIDS-LVT (Multi-function Information Distribution System-Low Volume Terminal) de 29 kg qui permet au Rafale d'échanger, sans l'utilisation de la voix, des données tactiques complexes entre unités militaires aériennes, terrestres et maritimes dans le cadre d'une Network Centric Warfare (« guerre en réseau infocentrée »), le tout à 100 kbits/s. Le Rafale est doté d'une fusion de données complètement intégrée au système d'arme. Elle fusionne les informations L16 (pistes des équipiers, messages PPLI (Precise Participant Location and Identification), pistes de surveillance provenant d'un centre de commandement et de contrôle) aux pistes des capteurs internes (RBE2, OSF IR ou TV, SPECTRA).

Le Rafale est donc interopérable avec toutes les plateformes Liaison 16 et peut s'insérer dans n'importe quel théâtre d'opération interallié OTAN.

Divers

Export

En septembre 2010, aucune commande n'a encore été enregistrée à l'export (même si le Rafale a été noté très positivement dans de nombreuses évaluations), bien que le Brésil ait donné son accord de principe pour l'achat de trente-six Rafale. Il doit cependant faire face à la concurrence forte des Eurofighter Typhoon, JAS 39 Gripen, F-16, F-15, et F-35, ainsi qu'au poids politique des États-Unis.

Pour l'instant, le Rafale a échoué auprès de :

  • la Corée du Sud, qui a finalement retenu le F-15 en avril 2002 ;
  • Singapour qui, en août 2005, a également retenu le F-15 ;
  • les Pays-Bas et l'Australie, qui ont finalement rejoint le programme F-35 ;
  • l'Arabie saoudite qui a finalement retenu l'Eurofighter Typhoon en août 2006 ;
  • En 2006, la British Royal Navy a considéré le Rafale comme une alternative au F-35 pour ses porte-avions[1][2].
  • le Maroc, qui a finalement retenu le F-16 en octobre 2007 ;
  • le Sultanat d'Oman qui, en avril 2010, a commandé l'Eurofighter Typhoon en remplacement de ses Jaguar.
  • le Koweït (14-28 appareils) qui préfère des F/A-18E/F Super Hornet .

Néanmoins, il suscite l'intérêt d'autres pays :

  • L'Inde a démenti des rumeurs de son exclusion de l'appel d'offre MRCA, qui débute en juillet 2009. Selon des reports, en août 2010, le Rafale et le Typhoon sont entrés dans l’étape finale [3].

  • La Libye : l'accord de coopération de défense de 2005 a évolué et la DGA reconnait des négociations en octobre 2006. Le protocole d'accord du 10 décembre 2007 en vue de l'achat de 14 Rafale qui courait jusqu'au 1 juillet 2008 est toujours en cours au 10 novembre 2008.

  • Les Émirats arabes unis sont officiellement en négociations depuis le 19 juin 2009 pour remplacer leurs Mirage 2000 par 20, voire 63 Rafale à l'horizon 2013, et ce après avoir préféré acquérir des F-16 lors d'un premier contrat en mai 1998 . Les discussions porteraient sur l'intégration d'un radar amélioré (à antenne active), l'installation de moteurs plus puissants, l'ajout de la capacité de tir du missile Meteor en cours de développement, et enfin la reprise par la France des Mirage 2000-9 actuellement en service aux Emirats.

  • Le Brésil a retenu le 1 octobre 2008 pour la compétition F-X2 le Rafale, le McDonnell Douglas F-18E/F Super Hornet et le Saab JAS 39 Gripen (pour 12 puis 36 appareils). L'élimination de Soukhoi, qui a signé un important contrat d'armement avec le Venezuela, est une surprise, si bien que le ministère de la Défense brésilien s'est cru obligé de démentir des « supposées interventions politiques » dans la compétition F-X2 et d'affirmer que l'appareil choisi le sera « sur des critères uniquement techniques ». Cependant, on ne sait pas trop ce qu'il va advenir de l'accord signé avec la Russie portant sur le développement conjoint de chasseurs de 5 génération. Le choix définitif devrait être annoncé mi-octobre 2009, et inclure une seconde tranches d'appareils permettant au final de remplacer tous les avions de combats de la force aérienne brésilienne.Le 5 janvier 2010, il a été rapporté dans les média que le rapport final d'évaluation par le Groupe de l'air brésilienne placé le Saab JAS 39 Gripen d'avance sur les deux autres prétendants. Le facteur décisif était apparemment le coût global des nouveaux combattants, à la fois en termes de coût unitaire, et les coûts d'exploitation et d'entretien. Finalement, après des accords avec Dassault portant une réduction du prix, le Rafale est choisi par le président Lula da Silva .

  • La Suisse évalue l'avion dans le cadre du programme TTE de remplacement partiel de la flotte de F-5 Tigerdu 13 octobre 2008 au 3 novembre 2008 au cours d'essais au sol et en vol (39 vols pour une durée de 60 heures) sur la base d'Emmen .

  • Le Yémen a exprimé son intérêt par des chasseurs français Rafale ou Mirage 2000-9.

  • La Grèce (40 appareils) s'intéressant aussi au Typhoon, et le Qatar sont également cités comme acquéreurs potentiels, mais il reste au Rafale à confirmer ces possibilités.

  • Les difficultés de ventes du Rafale résident dans l'essence même du programme français qui répond à la motivation de posséder un avion performant capable de remplir les différentes situations de combat, situations pour lesquelles les pays intéressés possèdent ou produisent différents appareils. Alors que la France se dirige vers une standardisation de ses avions de combats avec le Rafale (qui permet ainsi de limiter le nombre d'avions embarqués -ou d'avoir le maximum d'appareils aptes au combat au lieu d'en avoir de différents types répondant à des missions différentes-, les autres pays qui recherchent des avions très performants possèdent d'autres classes d'appareils visant à répondre aux missions que le Rafale puisse remplir.

  • À cette particularité du Rafale français s'ajoute la concurrence proposée par le Typhoon, le Saab JAS 39 Gripen de même génération et appareils américains proposés plus anciens mais peut-être ainsi plus rodés et plus sûrs. A noter surtout que le Rafale n'est pas le moins cher et que, même s'il est présenté comme un des meilleurs appareils de combat du moment (par le constructeur et les autorités françaises), ses performances sont parfois inférieures sur certains points par rapport à d'autres appareils.

  • L'atout de vente du Rafale, malgré ses performances élevés, semble se traduire dans l'aspect pratique dans le fait que c'est un appareil embarqué qui permet de limiter la variété de jets de combat (deux sur le Charles de Gaulle pour l'instant). C'est pourquoi les pays les plus intéressés ont été ou sont des pays possédant ou souhaitant posséder une force aéronavale (Brésil, Inde, Angleterre). Mais cet atout n'est pas unique puisque le F-18 Hornet propose le même avantage (le F-18 étant le seul jet de combat embarqué sur les portes-avions américains depuis le retrait du F-14).

  • Dernier point, les pays intéressés estiment que pour le prix de l'appareil, un transfert de technologie doit pouvoir être négocié : point sensible pour les autorités françaises.

Engagements et exercices

Catapultage d'un Rafale F2 du porte-avions USS Enterprise au large de Cannes (23 juillet 2007)

Deux Rafale, dont un à l'appontage, à bord de l'USS Harry Truman au large de Marseille (21 mai 2008)

Deux Rafale volent en formation avec trois F/A-18 Super Hornet de l'US Navy (23 juillet 2008)

Deux mécaniciens français autour de leur Rafale Air durant une visite à la Luke Air Force Base (Arizona) (29 juillet 2008)

Un Rafale de l'Armée de l'air arrive à la Nellis Air Force Base (Nevada) pour l'exercice Red Flag 08-4 (7 août 2008)

Un Rafale de l'aviation navale effectue un « touch and go » sur le pont d'envol de l'USS Dwight D. Eisenhower (19 juillet 2009)

Un Rafale de l'aviation navale effectue un « touch and go » sur le pont d'envol de l' USS John C. Stennis (CVN-74).

  • Du 9 au 19 juin 2002, en pleine crise entre l'Inde et le Pakistan, les Rafale embarqués à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle effectuent en mer d'Oman leurs premiers entraînements réels au combat asymétrique armés de missiles air-air, en collaboration avec des F-14 et F/A-18 de l'US Navy ;

  • Du 4 février au 15 avril 2003, des exercices sont effectués entre les porte-avions Charles-de-Gaulle et USS Harry Truman au large de la Crète ;

  • Du 1 mars 2004 au 21 mai, huit Rafale M se mesurent en mer Rouge aux Mirage 2000C/D stationnés à Djibouti puis, 20 au 23 mars 2004 aux Mirage 2000-9 des Émirats arabes unis (exercice Northwind'04). Du 28 au 30 mars 2004, les Rafale travaillent de concert avec le groupe embarqué du porte-avions américain USS George Washington. Du 8 au 14 avril 2004 a lieu l'exercice Varuna avec la Marine indienne pendant lequel les Rafale affrontent les Sea Harrier FRS.51. Le 22 avril 2004, le Charles-de-Gaulle et son escorte participent à l'Opération Héraclès 2/Air Indien en intégrant la Task Force 473. Les exercices reprennent à partir du 2 mai avec l'exercice franco-saoudien Red Shark qui voit les Rafale affronter les Tornado F3 et les F-15 de la Royal Saudi Air Force ;

  • Du 25 septembre 2006 au 2 octobre 2006, deux Rafale F2 de l'Armée de l'air participent à l'exercice OTAN Tiger Meet 06 à Albacete (Espagne) avec des entraînements de type DACT (Dissimilar Aircraft Combat Training) et COMAO (Composite Air Operation) ;

  • Depuis le 12 mars 2007, trois Rafale de l'armée de l'Air basés à Douchanbé au Tadjikistan et trois autres de la Marine nationale déployés à bord du Charles-de-Gaulle débutent des opérations de soutien aux forces en Afghanistan. Ces appareils sont modifiés en urgence pour pouvoir larguer ces bombes à guidage laser, ce qui n'était pas prévu dans la version F2. Toutefois, ils ne sont pas autonomes et doivent compter sur les Mirage 2000 ou les Super-Étendard pour « illuminer » la cible. Le 28 mars 2007, un Rafale M F2 de la Marine nationale largue une bombe guidée laser GBU-12 Paveway II de 277 kg à la demande des troupes néerlandaises, tandis que le 1 avril 2007, c'est au tour d'un Rafale B F2 de l'escadron de chasse 1/7 Provence de tirer une bombe guidée laser GBU-12 contre une grotte présumée abriter des Talibans dans la région de Helmand. Dès le 8 février 2008, trois Rafale (des B F2 pendant le premier détachement puis des C F2 équipés de l'AASM pendant le second), sont déployés sur la base de Kandahar en Afghanistan où ils rejoignent les trois Mirage 2000 D présents depuis le 26 septembre 2007 et remplacent les trois Mirage F1CR présents depuis le 29 octobre 2007 ;

  • Le 23 juillet 2007, deux Rafale M au standard F2 ainsi qu'un E2C Hawkeye, de la Marine nationale, appontent sur le porte-avions américain USS Enterprise au large de Cannes. Les appareils sont ensuite catapultés avec succès, mettant en avant l'interopérabilité entre les Rafale français et le système aéronaval américain. Grâce à un nouveau système de calage par GPS de ses centrales de navigation inertielles, le Rafale F2 est le premier chasseur français à pouvoir pleinement opérer depuis un porte-aéronef américain ;

  • Selon des informations non confirmées par le ministère de la Défense français, des Rafale F2 participent du 23 février au 5 mars 2008 à l'exercice tripartite (Arabie saoudite, Qatar, Émirats arabes unis) Gulf Shield 01 ;

  • Du 12 au 16 mai 2008, cinq Rafale de l'Armée de l'Air participent à l'exercice commun Aegean Gust en Grèce faisant des combats simulés avec des F-16 Bloc 52 de l'armée de l'air grecque.

  • Le 21 mai 2008, deux Rafale F2 et un E-2 Hawkeye appontent et décollent chacun deux fois du porte-avions USS Harry Truman au large de Marseille. Un troisième Rafale F2 effectue treize touch-and-go.

  • Du 22 au 29 juin 2008, 4 Rafale M participent à l'exercice OTAN Tiger Meet sur la base aéronavale de Landivisiau aux côtés d'appareils belges, allemands, espagnols, turcs, suisses, autrichiens, tchèques, italiens et britanniques. Le thème opérationnel d'Ocean Tiger 2008 porte principalement sur l'attaque à la mer de bâtiments de la Marine nationale française.

  • Suite à l'indisponibilité du Charles-de-Gaulle jusqu'au début 2009, les pilotes de l'aviation navale s'entraînent du 18 au 23 juillet 2008 à bord de l'USS Theodore Roosevelt dans l'océan Atlantique, abandonnant ainsi l'option d'utiliser le São Paulo (ex-Foch). Cet exercice, dénommé « Opération Brimstone » (Joint Task Force Exercise 08-4) a lieu sous l'égide de l'US Navy au large de Norfolk (Virginie). Le 26 juin, 6 Rafale quittent la flottille 12F de la BAN de Landivisiau, escortés d'un C-135FR. Deux E-2 Hawkeye de la flottille 4F de la BAN de Lann-Bihoué les rejoignent sur la base aéronavale d'Oceana (Virginie), à proximité de Norfolk, où accoste le SNA Améthyste, le 16. Les Rafale s'entraînent quotidiennement avec des F/A-18 Hornet aux Basic Flight Manoeuvers (combats aériens), aux vols tactiques à plusieurs avions sous opposition, au contrôle de chasse et au close air supportpuis participent, à bord du Roosevelt, à un scénario d'opérations de gestion de crise et d'engagement armé dans un contexte de maintien de la paix et de conflit asymétrique ;

  • Avant de participer du 9 au 23 août 2008 à l'exercice Red Flag sur la Nellis Air Force Base (Nevada), 4 Rafale de l'escadron 1/7 s'entraînent du 28 juillet au 8 août 2008 sur la Luke Air Force Base (Arizona). Le détachement français comprend près d'une centaine d'aviateurs. Quatre Rafale biplaces participent à cet entraînement, assisté de deux avions de transport tactique C-130 Hercules des escadrons de transport 2/61 « Franche-Comté » et 3/61 « Poitou ». Le rythme des activités aériennes est soutenu. Les Rafale font deux sorties quotidiennes, une de jour et une de nuit. « Dans un contexte réaliste qui se caractérise par les menaces sol-air et air-air susceptibles d'être rencontrées sur un théâtre d'opération, le Rafale est capable d'effectuer des missions d'attaque au sol tout en protégeant le raid grâce à son armement air-air. Nous validerons ainsi les capacités de polyvalence du Rafale et l'entraînement associé des équipages », précise le lieutenant-colonel Fabrice Grandclaudon, commandant de l'escadron 1/7 ;

  • Du 6 au 16 octobre 2008, 6 Rafale de l'Escadron de chasse 1/7 Provence participent à l'exercice de la Force de réaction rapide de l'OTAN Noble Ardent 08 sur différentes bases aériennes françaises, aux côtés de 100 autres appareils (chasseurs, hélicoptères, ravitailleurs et avions de guet aérien) de l'OTAN, de la Luftwaffe, de l'US Air Force, de la Force aérienne grecque, de l'Aeronautica militare, des Forces aériennes de la République polonaise, de la Força Aérea portugaise et de l'Armée de l'air turque. Le scénario de l'exercice met en scène l'ethnie Klorid, présente à Tytan et Kamon, à l'origine du conflit entre ces deux pays. Tytan est victime d'une politique agressive menée par Kamon qui souhaiterait construire une démocratie multiculturelle stable à domination ethnique Klorid. Le dispositif de la Force de réaction rapide de l'OTAN se déploie à Tytan pour dissuader et résister à l'attaque de Kamon. L'exercice a pour but de confirmer et de valider l'interopérabilité, l'aptitude au combat et les moyens des forces aériennes de la NRF 12, sous commandement français à partir du 1 janvier 2009 ;

  • Depuis le 13 janvier 2009, 3 Rafale de l'escadron de chasse 1/7 Provence de la base aérienne 113 Saint-Dizier-Robinson sont stationnés sur la base aérienne de Kandahar en Afghanistan, où ils relèvent 3 Mirage 2000 D.

  • Du 17 au 19 juillet 2009, des Rafale M au standard F2 ainsi qu'un E2C Hawkeye, de la Marine nationale, appontent sur le porte-avions américain USS Dwight D. Eisenhower dans l'océan Atlantique.

  • L'ancien pilote de la RAF et de la patrouille acrobatique Red Arrows, Peter Collins, après avoir volé sur le Rafale, s'exprime : « le Rafale est simplement le meilleur et le plus complet avion de combat sur lequel j'ai volé. Si je devais aller au combat, quelle que soit la mission, contre quiconque, je choisirais sans hésitation le Rafale ». Collins compare aussi le Rafale aux F-22 et F-35 .

  • Fin 2009, des exercices de l'Air Tactical Leadership Course aux Emirates Arabes Unis confrontent quatre Rafale à quatre Typhoon de la RAF montrant la supériorité du chasseur français, qui gagne le premier combat par 4-0 et le second par 3-1 (une défaite sur tapis vert pour franchissement du plafond de sécurité). Le Rafale a aussi été confronté au F-22 Raptor dans un combat air-air à vue, n'étant dans le collimateur de ce dernier qu'une fois. Les pilotes français regrettant que l'USAF refuse l'emploi simulé des missiles MICA. Cependant, selon des déclarations et photos de l'Armée de Air, l'OSF-TV du Rafale a bien ciblé un F-22 lors de ces combats. Il a, en plus, montré sa supériorité en détectant des missiles sol-air et a tiré en 66 secondes six AASM sur plusieurs objectifs à 48 kilomètres ainsi que trois missiles air-air Mica détruisant virtuellement 2 avions défenseurs. Selon les pilotes français, le grand avantage du Rafale réside dans sa capacité de fusionner les informations reçues des différents senseurs pour présenter au pilote une vision intégrée de la situation tactique contrairement à d'autres avions tels que le Typhoon qui présentent autant de plots pour un même appareil que de senseurs l'ayant détecté, ce qui demande un travail d'analyse au pilote alors que le SPECTRA du Rafale réalise automatiquement une fusion. [4] https://www.flightglobal.com/blogs/the- ... oto-rafale-defeats-f-22.html et le mensuel DSI (Défense & Sécurité Internationale) N°59.

  • Le 4 juin 2010, un Rafale M change de moteur à bord du porte-avions USS Harry S. Truman (CVN-75) au cours d'un exercice, devenant ainsi le premier chasseur étranger à effectuer cette opération sur un porte-avions américain.

  • Juin 2010, des Rafale et Mirage 2000 français participent aux cotés des Su-30MKI indiens et des F-16 Block 52 de Singapour au exercice Garuda qui se déroule en France .

  • Le 1 juillet 2010, les Rafales de l'escadron Gascogne, stationnés sur la base aérienne de Saint-Dizier, ont pris pour la première fois l'alerte nucléaire dans un exercice. Ils ont été équipés du nouveau missile ASMP-A .

Accidents

  • Le 6 décembre 2007 vers 18h20, le Rafale B n°316 immatriculé 7-HL ayant décollé de la BA 113 de Saint-Dizier (France) s'écrase dans une zone boisée de la commune de Neuvic (France), lors d'un vol d'entraînement d'une patrouille d'avions de l'escadron de chasse 1/7 Provence. L'appareil évoluait en n°2 à 4 000 m d'altitude puis a disparu des écrans radar à 1 500 m d'altitude en sortant d'un virage serré à environ 800 km/h. Il n'y avait qu'un seul pilote à bord qui ne s'est pas éjecté. Le Rafale volait non armé, de nuit et par temps de pluie. Les premières conclusions de l'enquête imputent l'accident à une « désorientation spatiale » du pilote qui aurait mal apprécié la position et l'orientation réelle de son avion.
  • Le 22 mai 2008 à 10h34 par temps de pluie, le Rafale M n°16 de la flottille 12F de l'aviation navale sort de la piste ouest de la BAN Lann-Bihoué lors de son atterrissage, franchissant une route et un talus sans que son train ne cède. Le pilote s'éjecte sans être blessé. L'avion est rapidement réparé et reprend son service quelques semaines plus tard.
  • Le 24 septembre 2009 à 18h09, les Rafale M n 22 et n 25 de la flottille 12F de l'aviation navale qui s'apprêtaient à regagner le porte-avions Charles-de-Gaulle après un vol d'essai, s'abîment en mer dans le golfe du Lion, à environ 30 kilomètres à l'est de Perpignan, à la suite d'une collision en vol entre les deux appareils due, selon le Bureau enquêtes accident de la Défense (BEAD), à un « facteur humain ». Un des pilotes, le capitaine de corvette Yann Beaufils, a pu s'éjecter et a été secouru . Le second pilote, le capitaine de frégate (R) François Duflot, est décédé.

Futur

La DGA décide au premier semestre 2006 d'injecter 400 millions d'euros dans la remise à niveau de l'avion qui se fera, une nouvelle fois, par un étalement des commandes. Cette mise à jour, tout d'abord appelée F4 puis F3+, est désormais dénommée F3 road map. La feuille de route du Rafale, conditionnée par l'arrivée du missile Meteor en 2012, comprend :

  • l'adjonction en 2010 au radar Thales RBE2 d'une antenne active (AESA) dotée d'un millier de modules émetteurs-récepteurs à arséniure de gallium au lieu d'un seul tube à ondes progressives (TOP) et permettant un accroissement de 50 % de la portée ;
  • une nouvelle version de l'OSF, l'OSF-IT, qui voit la suppression de la double voie infrarouge obsolète, se contentera d'une voie TV améliorée ;
  • l'intégration d'un détecteur infrarouge de départ missile (DDM-NG) Sagem ou Thales/MBDA à SPECTRA ;
  • un nouveau réacteur baptisé provisoirement M88-2 ECO, faisant la synthèse entre les projets abandonnés M88-3 et –4 de 90 kN et 115 kN et proposant une meilleure poussée (90 kN) sur augmentation débit d'air, imposant une entrée d'air légèrement agrandie de même qu'une consommation réduite et une durée de vie augmentée de 50 % ;
  • le développement d'une nacelle de brouillage électromagnétique de puissance, à la façon du EA-18G Growler américain ;
  • l'adjonction de la nacelle de désignation laser Thales Damoclès, conférant une capacité de bombardements à 70 km de jour comme de nuit. Son capteur infrarouge opérant dans une bande moyenne lui permet de garder toute son efficacité dans des conditions atmosphériques chaudes et/ou humides et de tirer les bombes guidées laser GBU-24 Paveway III de 1 000 kg ;
  • l'intégration d'une antenne satellitaire (SATCOM) ;
  • éventuellement, l'adaptation de la roquette de 68 mm développée pour le Eurocopter Tigre, voire une roquette guidée laser, elle aussi commune au deux appareils (Rafale/Tigre).

L'utilisation du Rafale comme lanceur de petits satellites est envisagé par Dassault.

Autour de l'avion

Livres

  • François Robineau, Rafale : les ailes du futur, Le Cherche midi, Paris, 1994

Ouvrage de référence.

  • André Bréand, Rafale : La suprématie aérienne, ETAI, Boulogne-Billancourt, 2005

Bandes-dessinées

  • Olivier Vidal, Fox One, Dargaud puis Wilco Éditions, dessins de Renaud Garreta :
  1. Tome 1: Armaggedon (1997)
  2. Tome 2: T.L.D, Traversée Longue Durée (1999)
  3. Tome 3: N.D.E, Near Death Experiment (2001)
  • Fréderic Zumbiehl, Team Rafale, Zéphyr BD, dessins de Eric Loutte, couleurs de Sylvaine Scomazzon :
  1. Tome 1 : Présentation Alpha (2007)
  2. Tome 2 : Trésor de guerre (2008)
  3. Tome 3 : Opération Nexus One (2009)
  4. Tome 4 : Traque en Afghanistan (2010)

Vidéos

Articles de référence

  • « Le Rafale, un champion incontesté de la polyvalence », dans Air & Cosmos hors-série (ISSN 1240-3113) (juin 2004) ;
  • Claude Carlier, « Les hésitations des États-majors face au renouvellement des matériels aériens », dans Stratégique n 53 (janvier 1992)  ;
  • Gérard Hartmann, « Historique de la SNECMA » (2005-2006) .