Ballon monté

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Introduction

Au cours de la guerre de 1870, Paris s'est retrouvée encerclée.

Des ballons à gaz, avec nacelle, ont été utilisés pour transporter notamment le courrier civil ou militaire, et des passagers, ainsi que des pigeons voyageurs. Ils étaient gonflés avec du gaz d'éclairage hautement inflammable. Les départs se faisaient de jour comme de nuit, essuyant les tirs de barrage des troupes prussiennes.

Le ballon Le Neptune, photographie Nadar

Historique

Départ de l'« Armand Barbès », emmenant Gambetta, et du George Sand

Nadar constitue de son propre chef la « Compagnie des Aérostiers Militaires » avec des bénévoles dont Camille Legrand (dit « Dartois ») et Claude-Jules Duruof dont le but est la construction de ballons militaires pour les mettre à la disposition du gouvernement. Ils établissent un campement sur la place Saint-Pierre, au pied de la butte Montmartre, où naît la poste aérienne du siège.

Cette première fabrication en série d'aéronefs, marque le début de l'industrie aéronautique. Les trains ne circulant plus, deux ateliers de construction de ballons sont installés dans les gares de chemin de fer réquisitionnées : les frères Godard à la gare d'Austerlitz et Camille Dartois et Gabriel Yon, associés de Nadar, à la gare du Nord. Ils fabriquent des ballons captifs permettant de surveiller l’ennemi, d’établir des relevés des positions et des ballons libres permettant d’acheminer du courrier et des passagers hors de la ville assiégée. Nadar baptise ses ballons : « le George-Sand », « l’Armand-Barbès », « le Louis-Blanc », etc...

Deux décrets du 27 septembre 1870 de l'Administration des Postes du Gouvernement de la Défense Nationale autorisent l'expédition du courrier par voie d'aérostats, applicables dès le lendemain. Ces deux décrets officialisent et marquent la naissance de la Poste aérienne.

Rapidement, faute d'aéronautes disponibles dans Paris, on recruta des marins et des gymnastes volontaires. Ceux-ci n'ayant aucune expérience, on les forma d'une manière expéditive, leur apprenant au sol les rudiments de l'aérostation. Cela ne fut pas sans conséquence quant à la qualité de la navigation et des atterrissages, avec en conséquence plusieurs blessés et des disparitions. L'installation d'un anticyclone sur le Nord-Est de l'Europe à partir de la fin novembre, poussant les ballons vers l'Ouest portés par des vents forts du Nord-Est et apportant sur Paris un temps très froid avec des records de températures négatives à l'époque, est la principale cause des pertes dans l'océan Atlantique.

Pour éviter la détection des ballons par les observateurs prussiens, ce qui pouvait aboutir à leur capture, on décida de partir du nuit à partir du 18 novembre. Cela rendait les vols encore plus dangereux, car il était impossible de connaître la direction initiale prise par le ballon.

Les frères Tissandier tentèrent de faire le voyage retour par le même moyen avec le ballon Jean Bart, et organisèrent plusieurs points de départ des villes non occupées par les troupes prussiennes avec l'aide d'aérostiers ayant fait eux aussi une sortie. Les tentatives, avant que les troupes prussiennes n'étendent leur zone d'occupation, furent des échecs.

Types de missions

La plupart des vols ont eu des missions multiples.

Janssen décolle à bord du Volta

Transport de courriers.

Presque tous ont eu une mission de courrier, le plus souvent double, puisque le ballon transportait des grosses quantités de courrier, mais aussi des pigeons voyageurs destinés aux informations en sens inverse. Si quelques ballons n'ont pas été affrétés officiellement pour le transport de courriers, il semble que quasi tous les aéronautes (conducteurs et/ou passagers) ont transporté quelques « plis confiés » à déposer à leur arrivée dans le premier bureau de Poste en fonctionnement rencontré.

Plusieurs des missions ont aussi transporté des personnes chargées d'organiser des opérations de transport de courrier de la province vers Paris (microfilms, Boules de Moulins, scaphandres, chiens, etc.)

Missions militaires.

Beaucoup de missions ont transporté des militaires de haut rang ou des estafettes, parfois de la dynamite.

Missions politiques et diplomatiques.

Plusieurs hommes politiques de haut rang ont pu échapper au siège pour rejoindre la délégation en province.

L'information de la capitulation a aussi été transmise par cette voie.

Missions scientifiques.

Le transport de l'astronome Janssen n'a eu qu'un but scientifique.

Résultats aéronautiques

On peut être étonné par la réussite des missions, compte tenu des conditions (ville assiégée, pilotes inexpérimentés, vols de nuit, transport de dynamite, etc.).

En effet, aucun des ballons lancés n'a connu de défaillance ni provoqué directement la mort des aéronautes.

Les deux disparitions en mer ont été provoquées par l'absence de moyen efficace de navigation, le pilote n'ayant pas estimé correctement la distance parcourue pour entamer sa descente.

Les accidents d'atterrissage ont été provoqués surtout par l'inexpérience des pilotes et par la présence des uhlans proches du point de chute.

Des records ont été battus (de vitesse et de distance). Certains vols ont atteint une grande altitude (peut-être 5 à 7 000 m).

Des tentatives d'améliorations techniques (direction par hélice et gouvernail) ont été faites, sans résultat.

Cette série de vols a, pour la première fois, démontré que la voie aérienne pouvait avoir une utilité stratégique, pratique et exploitable à grande échelle.

Résultats

Pendant le siège, 66 ballons montés transportèrent 164 passagers, 381 pigeons, 5 chiens et plus de 2 millions de lettres, soit environ onze tonnes de courrier.

Selon les vents dominants, et la nécessité de départs ne pouvant attendre des vents favorables, certains ballons arrivèrent en Norvège, en Allemagne ou tombèrent dans l'Atlantique (deux disparitions), mais la plupart atterrirent en province. Cinq des ballons seront capturés par l'ennemi.

Notons que les ballons étaient la seule manière de communiquer avec la province, toutes les autres méthodes ayant échoué (piétons, bateaux, sous-marins, scaphandres, électricité, etc.).

Le seul autre moyen qui ait fonctionné était le retour des pigeons voyageurs, qui transportaient des quantités importantes d'informations, grâce aux microfilms qu'ils emportaient. Malheureusement, beaucoup d'entre eux n'arrivèrent jamais.

Aucun des chiens supposés ramener les dépêches grâce à leur sens de l'orientation n'arriva à destination.

Anecdote

Jules Duruof, pilote du Neptune, fut poursuivi mais acquitté par la suite par un tribunal militaire pour avoir accepté de collaborer ensuite avec la Commune ([1]).

Liste des ballons montés

Les ballons sortis pendant le Siège de Paris, selon Théodore et Gaston Mangin

La tableau ci-dessous reporte les ascensions humaines selon les travaux de J. le Pileur et G. l'Héritier. Il y a quelques discordances entre les listes, particulièrement avec celle établie par Gaston Tissandier. Une révision, suite à l'ouverture des archives de l'administration des Postes, et à celles de l'armée, a notamment modifié les dates, donc l'ordre des envois. La transcription des noms des sites d'atterrissages, et des noms de familles des passagers et des pilotes, a été indiquée de manière phonétique ou approximative par certains auteurs (Gaston Tissandier notamment), les archives de la compagnies des aérostiers, et celle de l'armée, a permis de rétablir l'orthographe en usage à l'époque.

Trois compagnies affrètent des ballons : la Compagnies des Aérostiers Militaires, la Compagnies des Aéronautes et l'Administration des Postes de Paris.

Listes des expéditions
DateNomVolumeConstructeurPilotePassagersDépartArrivéeDistanceFretNotes
123 septembre 1870Le Neptune1 200 mGodardJules DuruofsansPlace St PierreCracouville104 km125 kg de courrier, très peu de lettres de particuliers
225 septembre 1870La Ville de Florence1 400 mGodard, affrèté par la PosteGabriel ManginM.LutzBoulevard d'Italie (champ de « La Glacière »)Vernouillet30 km120 kg de courrier, 30 kg de tracts lâchés sur les Prussiens, 3 pigeonsPremier ballon affrété par l'administration des Postes, premiers pigeons voyageurs, utilisés à l'atterrissage pour confirmer la réussite de la mission, 1 seul reviendra à Paris.
326 septembre 1870Les États-Unis (= Le Napoléon + l'Hirondelle)800 m+500 mLouis GodardJ.G. CourtinUsine à gaz de La VilletteMantes58 km83 kg de courrier, 1 paquet de journaux, des tracts écrits par V. Hugo lachés au-dessus des lignes ennemies, 6 pigeonsBallon constitué de deux enveloppes d'anciens ballons reliées par une passerelle.
430 septembre 1870Le Céleste750 mGiffardGaston TissandierParc de VaugirardDreux81 km80 kg de courrier, 3 pigeons, des tracts lâchés sur les Prussiens
530 septembre 1870Non dénommé n 1125 msansballon non montésansBoulevard d'ItalieVille d'Avray15 kmenviron 2000 cartes-poste (4 kg)Premier essai de « ballon perdu ». Abattu par les Prussiens, atterrissage dans les lignes ennemies, une partie des cartes sera acheminée après le Siège.
sans3 octobre 1870Le National?Tissandier FrèresAlbert BertauxsansÉchec au décollageÉchecnon connuAncien ballon dénommé « l'Impérial », l'enveloppe, trop vieille, n'a pu se gonfler suffisamment.
67 octobre 1870L'Armand Barbès1 200 mCie des AérostiersAlexandre Jacques TrichetEugène Spuller, Léon GambettaPlace St PierreÉpineuse (Oise)98 km"gros volume" de courrier, 16 pigeonsLes deux ballons : l'Armand Barbès et le George Sand partent à la même heure (11h10), selon les listes, ils sont donc en 7e ou 6e position. Ces deux ballons sont les premiers sortis des chaînes de fabrication improvisées dans Paris. Ils sont donc neufs.
77 octobre 1870Le George Sand1 200 mJoseph Revillod (coéquipier de Nadar)Charles May, M.Raynold, Étienne CuzonPlace St PierreCrémery120 kmpas de courrier, 18 pigeonsMM. May et Reynolds sont américains, affréteurs du ballon précédent, mais ils laissent leur place à Gambetta, E. Cuzon est le nouveau Sous-Préfet de Redon.
87 octobre 1870Non dénommé n 2, ou Piper n 11 200 m-« Racine »Piper, et son secrétaire : FriedmanUsine de La ViletteStains12 kmCartes-poste (70 kg environ) en 2 sacs, 2 pigeonsÉchec, atterrissage avant les lignes ennemies, suite à une erreur de manœuvre, les sacs de courrier sont récupérés et ramenés dans Paris. « Le vol le plus court ! ».
912 octobre 1870Le Washington2 045 mGodardAlbert BertauxLouis Von Roosebecke, le Comte Albert Lefebvre de BéhaineGare d'OrléansCarnières204 km300 kg de courrier en 5 sacs, 25 pigeonsL. v. Roosebecke est vice-président de l'association colombophile de Paris, le Comte de Béhaine est consul-général de France à Vienne, chargé de mission diplomatique.
1012 octobre 1870Le Louis Blanc1 200 mCie des AérostiersEugène FarcotAuguste TracletPlace St PierreBeclers (Belgique)290 km128 kg de courrier en 4 sacs, 8 pigeonsA. Traclet est trésorier de l'Assoc. Colombophile de Paris, deux pigeons seulement arriveront à Tours, mais ils ne revinrent jamais à Paris.
1114 octobre 1870Le Godefroy Cavaignac2 045 mGodardEdmée Godard, père (68 ans)Comte Émile de Kératry et son chef de cabinet M. Jay, et M. du Quesneau.Gare d'OrléansBrillon-en-Barrois (Meuse)257 km170 kg de courrier en 4 sacs, 6 pigeonsLa liste des passagers varie d'un auteur à l'autre.
1214 octobre 1870le Jean-Bart n 12 045 mGodardAlbert TissandierArthur Ranc, Victor FerrandGare d'OrléansNogent-sur-Seine114 km400 kg de courrier, 5 pigeons
1316 octobre 1870Le Jules Favre n 12 045 mGodardLouis GodardMaître Malapert-Ribot, Charles BureauGare d'OrléansFoix-Chapelle (Belgique)298 km195 kg de courrier, 6 pigeons
1416 octobre 1870le Jean Bart n 22 000 mGodardHenri LabadieM. Daru, M.BarthélémyGare d'OrléansDinant (Belgique)328 km270 kg de courrier, 4 pigeonsReprend du courrier du « non-dénommé n°2 » (ballon n°8).
1518 octobre 1870Le Victor-Hugo1 200 mCie des AérostiersJean-Pierre NadalsansJardin des TuileriesBar-le-duc117 km450 kg de courrier, 6 pigeonsVictor Hugo était attendu au départ du ballon portant son nom (avec son accord), mais l'invitation arrivera deux jours après.
1619 octobre 1870La république universelle ou La Fayette2 000 mLouis JossecHenri-Antoine Dubost, Gaston PrunièresGare d'OrléansMézières256 km450 kg de courrier, 6 pigeons, 75 kg d'imprimés jetés sur les PrussiensM. Dubost est secrétaire-général de la Préfecture de Police de Paris (à 26 ans), futur président du Sénat et G. Prunière son secrétaire.
1722 octobre 1870Le Garibaldi2 000 mCie des AérostiersIglesiaPaul de JouvencelTuileriesQuincy près de Meaux40 km75 kg de tracts lâchés sur les Prussiens, 300 kg de courrier, 6 pigeonsLe hasard fit atterrir P. de Jouvencel, député d'opposition en mission, à un ou deux kilomètres de sa maison près de Meaux.
1825 octobre 1870Le Montgolfier2 000 mGodardHervé SénéLe bouedec, Cel LapierreGare d'OrléansHeiligenberg503 km220 kg de courrier, 2 pigeonsPresque capturé, les passagers et l'aéronaute rejoignent à pied le front puis Tours.[2]
1927 octobre 1870Le Vauban1 200 mGodardGuillaumeFrédéric Rethinger, Édouard CassiersGare d'OrléansVignoles370 km290 kg de courrier en 5 sacs, 23 pigeonsE. Cassiers est le Président de l'Assoc. Colombophile de Paris « L'espérance », E. Rethinger est Allemand et est chargé de mission diplomatique auprès de l'Angleterre et l'Autriche.
2027 octobre 1870La Bretagne (ou Le Normandie)2 000 mGodardRené CuzonWœrth, Manceau, HudinLa VilletteFresnes-en-Woëvre200 kmpas de courrier, billets et des valeurs financières (7 millions de Francs Or), 7 pigeonsCapturé, passagers blessés. Premier transport de fonds aérien ! (pour l'achat d'armes). Le courrier et les fonds arriveront à destination, pas les passagers qui seront libérés après la guerre après un internement en Allemagne.
2129 octobre 1870Le Colonel Charras2 000 mCie des AérostiersFerdinand GillessansGare du NordMontigny (Haute-Marne)308 km460 kg de courrier, 6 pigeons, 5 paquets de journauxFret au maximum possible, la charge étant de 500 kg environ.
222 novembre 1870Le Fulton2 000 mGodardLe GloannecErnest CézanneGare d'OrléansAngers345 km350 kg de courrier, 6 pigeons
234 novembre 1870Le Ferdinand Flocon2 000 mCie des AérostiersVidalAbel Lemercier de JauvelleGare de NordChâteaubriant392 km150 kg de courrier, 6 pigeonsTentative pour rétablir le télégraphe Paris-Province, A. Lemercier étant spécialiste des lignes télégraphiques.
244 novembre 1870La Galilée2 000 mGodardJean HussonÉtienne AntoninGare de NordChartres88 km420 kg de courrier, 6 pigeonsCapturé, mais un sac de courrier échappe aux Prussiens.
256 novembre 1870La Ville de Châteaudun2 000 mCie des AérostiersPhilippe BoscsansGare de NordReclainville106 km455 kg de courrier, 6 pigeons
266 novembre 1870Non-dénommé n 3 (ou Piper 2)2 000 m-PiperFriedman, JuteauUsine de La ViletteCombs-la-Ville28 km?Échec mais courriers et passagers échappent aux Prussiens.
278 novembre 1870La Gironde2 045 mGodardGallayHerbaut, Gambès, BarryGare d'OrléansGranville117 km60 kg de courrier2 bouteilles de Château-Giscours bues en cours de route et jetées avec un message sur les Prussiens. Surnommé « le ballon à nacelle Première Classe ».
2812 novembre 1870Le Daguerre2 000 mGodardJubertLouis Pierron, Ernest Nobécourt et son chienGare d'OrléansFerrières-en-Brie42 km270 kg de courrier, 30 pigeons, matériel pour la fabrication de pellicules photographiques (Ernest Nobécourt est chimiste)Capturé, 1 sac de courriers sera lâché avant la capture et acheminé.
2912 novembre 1870Le Niepce2 000 mGodardPaganoRené Dagron, Fernique, Poisot, GnochiGare d'OrléansVitry196 kmmatériel photographique pour microfilmsR. Dagron est spécialiste des microfilms.
3018 novembre 1870Le général Uhrich2 000 mÉmile Lemoine (père)Thomas + 2Gare de NordLuzarches36 km80 kg de courrier, 34 pigeonsPremier vol de nuit.
3124 novembre 1870L'Archimède2 000 mGodardJules BuffetGaston de Saint-Valéry, Albert de JaudasGare d'OrléansCastelré (Hollande)400 km290 kg de courrier, 21 pigeons9 pigeons seulement arriveront à Tours.
3224 novembre 1870L'Égalité3 000 mWilfried De Fonviellede Villoutray, Brunel, Rouzé, Dulud (ou Dubreuil)VaugirardLouvins (Belgique)225 km12 pigeonsL'administration refuse de confier du courrier.
3324 novembre 1870La Ville d'Orléans2 030 mCie des AérostiersPaul RolierLéonard BéziersGare de NordLifjeld (Norvège)1 246 km100 kg de courrier, 6 pigeonsRecord de distance.
3430 novembre 1870Le Jacquart2 000 mGodardAlexandre PrincesansGare d'OrléansDisparu en Mer d'Irlande?250 kg de courrierPremière disparition, localisée vers les Iles Scilly. Du courrier a été récupéré près du Cap Lizard.
3530 novembre 1870Le Jules Favre n 22 000 mCie des AérostiersAlfred MartinPaul du CourroyGare d'OrléansBelle-Île-en-Mer548 km100 kg de courrierPassagers blessés.
361 décembre 1870La bataille de Paris2 000 m-PoirrierJules Antoine Lissajoux, Jules MauratGare du NordGrand-Champ460 kmpas de courrier, matériel pour construire un télégraphe optiqueles deux passagers sont professeurs de physique du Lycée Saint-Louis spécialistes d'optique.
372 décembre 1870Le Volta2 045 mGodardChapelainJules JanssenGare d'OrléansSavenay466 kmpas de courrierVoyage scientifique, pour aller observer l'éclipse à Oran.
384 décembre 1870Le Franklin2 050 mGodardPierre Marciad'AndrecourtGare d'OrléansNantes403 km100 kg de courrier, 6 pigeonsLe Comte d'Andrécourt est chargé de porter des documents secrets à la délégation de Bordeaux.
395 décembre 1870L'armée de Bretagne2 000 mCie des AérostiersSurrelLavoineGare du NordBouillet355 kmpas de courrierSurrel gravement blessé.
407 décembre 1870Le Denis Papin2 000 mGodardJean Louis DomalainPierre de Montgaillard, Delort, RobertGare d'OrléansLe Mans170 km55 kg de courrier, 6 pigeonsRobert et Delors sont les inventeurs des Boules de Moulins.
4111 décembre 1870Le général Renault2 000 mCie des AérostiersJoignereyWolff, LermanjatGare du NordRouen143 km120 kg de courrier (en 2 sacs), 12 pigeons-
4215 décembre 1870La Ville de Paris2 000 mCie des AérostiersDelamarneMorel, BillebaultGare d'OrléansWertzlur (Prusse)510 km65 kg de courrier, 12 pigeonsCapturé, les plans secrets du Général Trochu destinés à Gambetta pour coordonner les actions sont pris par l'ennemi. Le courrier sera restitué en juillet 1871 aux destinataires.
4317 décembre 1870Le Parmentier2 045 mGodardPaulDesdouet, LepèreGare d'OrléansGourgançon150 km160 kg de courrier, 4 pigeonsDesdouet est photographe.
4417 décembre 1870Le Gutenberg2 000 mGodardJoseph Perruchond'Almeida, Isaac-Georges Levy, LouisyGare d'OrléansMontépreux200 kmpas de courrier, 6 pigeons, matériel pour correspondre avec Paris [3]Capturé par l'armée française, passagers et pilote sont jugés comme espions par un général français ... puis libérés.
4518 décembre 1870Le Davy1 200 mGodardChaumontPierre DeschampsGare d'OrléansFussey331 km70 kg de courrier en 2 sacsL'oriflamme du ballon, donné par les aéronautes, est toujours dans la Mairie de Fussey.
4620 décembre 1870Le général Chanzy2 000 mCie des AérostiersLéopold WerreckeAlfonse de l'Épinay, Juliac, F. JouffryonGare du NordRotembery (Bavière)760 km25 kg de courrier, 4 pigeons, 1 scaphandre sous-marin conçu par Juliac & JouffryonCapturé, le scaphandre était prévu pour une tentative de retour dans Paris par la Seine.
4722 décembre 1870Le Lavoisier2 045 mGodardCharles Sauveur LedretRaoul Le Mouton de BoisdeffreGare d'OrléansBeaufort-en-Vallée290 km175 kg de courrier, 6 pigeons-
4823 décembre 1870La Délivrance2 050 mCie des AérostiersÉdouard GauchetReboulGare du NordLa Roche (Morbihan)450 km140 kg de courrier, 4 pigeons-
4924 décembre 1870Le Rouget de l'Isle2 050 mGodardFrançois JahnGarnier, GlachantGare d'OrléansAlençon240 kmpas de courrier, 4 pigeons
5027 décembre 1870Le Tourville2 050 mGodardAbel MouttetMiége, S. DelaleuGare d'OrléansEymoutiers433 km160 kg de courrier, 4 pigeons-
513 janvier 1871Le Merlin de Douai2 000 mAéronautesL.GriseauxE.TarbéGare du NordMassay211 kmpas de courrierQuelques plis confiés.
5229 décembre 1870Le Bayard2 045 m?Paul Réginence (ou Reginensi)DucouxGare d'OrléansLa Thibaudière Saint-Julien-des-Landes377 km110 kg de courrier, 4 pigeons
5330 décembre 1870L'armée de la Loire2 000 mCie des AérostiersE. Lemoine (fils)sansGare d'OrléansMontbizot231 km230 kg de courrier
544 janvier 1871Le NewtonAimé OursAmable BrousseauGare du NordDigny110 km310 kg de courrier, 4 pigeons
559 janvier 1871Le Duquesne2 000 mGodardCharles RichardAymand, Chemin, LallemagneGare d'OrléansBerzieux167 km150 kg de courrier, 4 pigeonsTentative de direction avec une hélice.
569 janvier 1871Le Gambetta2 000 mCie des AérostiersCharles DuvivierLefébure de FourcyGare du NordClamecy200 km240 kg de courrier, 3 pigeons-
5711 janvier 1871Le Kepler2 000 mGodardAchille Félix RouxCamille DupuyGare d'OrléansLaval283 km160 kg de courrier, 3 pigeons-
5813 janvier 1871Le Monge2 000 mGodardRaoulGuignéGare d'OrléansHarfeuille293 kmpas de courrier
5913 janvier 1871Le général Faidherbe2 000 mCie des AérostiersVan SeymortierHurel, Maréchal, Nicolas, Petit-ClairGare du NordSaint-Avit (Gironde)577 km60 kg de courrier, 2 pigeons, 5 chiensTransport de chiens pour les utiliser comme passeur de messages (dans leur collier) : aucun des chiens n'est revenu dans Paris.
6015 janvier 1871Le Vaucanson2 045 mGodardAndré ClariotValade, DelenteGare d'OrléansArmentières (Belgique)240 km75 kg de courriers, 3 pigeons-
6116 janvier 1871Le Steenackers2 000 mVibertGustave Charles Alexis GobronGare du NordHuynd (Hollande)552 kmpas de courrier, 2 caisses de dynamiteRecord de vitesse et d'altitude.
6218 janvier 1871La Poste de Paris2 000 mCie des AérostiersTurbiauxCleray, CavailhonGare du NordVenray (Pays-Bas)400 km70 kg de courrier, 3 pigeons-
6320 janvier 1871Le général Bourbaki2 000 mCie des AérostiersThéodore ManginBoisenfreyGare du NordBazancourt162 km180 kg de courrier, 3 pigeonsTombé en zone ennemie, mais non capturé.
6422 janvier 1871Le général Daumesnil2 045 mGodardRobinsansGare de l'EstCharleroi (Belgique)277 km280 kg de courrier, 3 pigeons-
6524 janvier 1871Le Torricelli2 045 mGodardBelysansGare de l'EstCatillon-Fumechon193 km230 kg de courrier, 3 pigeons-
6627 janvier 1871Le Richard Wallace2 000 mCie des AérostiersInconnuÉmile LacazeGare de l'EstDisparu dans l'Atlantique, au large d'Arcachon?220 kg de courrier, 3 pigeonsDu courrier est retrouvé sur la plage à Saint-Gilles-Croix-de-Vie et aux Sables-d'Olonnes, puis à l'Ile de Ré.
6728 janvier 1871Le général Cambronne2 045 mGodardAuguste TristansansGare de l'EstMayenne253 km20 kg de courrierDernier ballon, portant haut le mot de Cambronne !

Accidents

Deux ballons furent perdus corps et biens pour avoir atteint la mer.

  • Le Jacquart, piloté par Alexandre Prince (seul passager), ayant décollé de la Gare d'Orléans le 28 novembre 1870. Il portait des duplicata des ordres perdus par le Ville d'Orléans. Il a disparu au-delà du cap Lizard, dans la Mer d'Irlande.
  • Le Richard Wallace, piloté par Émile Lacaze (seul passager), disparu au large de La Rochelle ou d'Arcachon selon les auteurs, le 25 janvier 1871. Il portait la capitulation à la Délégation.

[4]

Devenir des ballons

Les ballons --ceux qui n'ont pas été détruits ou perdus--ont été récupérés par l'armée et restaurés en 1875.