La cathédrale Notre-Dame est un édifice religieux, siège de l’évêché de Grenoble, construit à partir du X siècle.
La nef.
Histoire
Cathédrale vers 1897.
Les bas-côtés sud, vus de la nef centrale.
Le bas-côté extérieur Sud, ancienne aile du cloître.
L’emplacement actuel de la cathédrale se trouvait à l’époque romaine près du rempart qui entourait la ville, près de la porte viennoise ou Herculea, dédiée à l’empereur Maximien. Des lieux de culte existaient déjà en ce lieu. En 1989-1990, les travaux d’une ligne de tramway ont révélé la présence d’un baptistère à quatre absides symétriques, remontant aux III siècle et IV siècle, toujours visible dans une crypte archéologique du Musée de l'Ancien Évêché. La cathédrale fait donc partie d’un vaste ensemble de bâtiments très fortement remaniés au cours des siècles, qui comprenait l’évêché, une église dédiée à saint Hugues, la cathédrale elle-même, les maisons du chapitre, un cloître. La cathédrale n’apparaît donc, extérieurement, de la place Notre-Dame, que par son clocher-porchemassif, de plan carré, qui a la particularité d’être construit en brique sur un soubassement en pierre.
L’église Saint-Hugues se trouve à gauche de la cathédrale. Elle est dédiée à Saint Hugues, évêque de Grenoble, qui y rencontra saint Bruno, créateur de l'ordre des Chartreux, scène illustrée par le vitrail central du chœur. D’époque pré-romane, elle était primitivement dédiée à saint Vincent et fut édifiée contre le rempart romain. Elle fut reconstruite vers le XIII siècle ou XIV siècle. La nef unique est composée de trois travées voûtées d'arêtes. Au fond de la nef, se trouvent des fonts baptismaux en marbre blanc que fit réaliser M de Bruillard (1826-1853), en remplacement de ceux où furent baptisés les Grenoblois célèbres Antoine Barnave et Stendhal, entre autres.
Entre-temps, on avait construit à côté la cathédrale actuelle, aux X siècle et XI siècle, constituant une église double dont les exemples ne sont pas rares depuis le V siècle. Si l’église Saint-Hugues a une nef unique, la cathédrale possède des bas-côtés, celui du nord (à gauche) étant plus large que son pendant au sud, lequel est doublé d'un autre bas-côté, dans des styles architecturaux qui témoignent des remaniements successifs : le bas-côté extérieur sud a été construit au XV siècle aux dépens d’une aile du cloître qui jouxtait la cathédrale, et qui avait servi de nécropole, notamment pour les Dauphins Guigues IV (mort en 1144) et Guigues V (mort en 1162). Les piles carrées de la nef remontent au XII siècle. Reliées par des arcades en brique, surélevées au XIX siècle, elles sont surmontées de grandes baies du XVII siècle. La chaire en bois sculpté, du XVIII s., classée, présente un panneau central avec une scène de la Visitation et, à la base, les symboles des Évangélistes. Les chapelles donnant sur le bas-côté nord, ainsi que le bas-côté extérieur sud, sont surmontés d'une large galerie, avec balustrades XVIII s. Une voûte croisée d’arêtes en brique recouvre l’ensemble de la nef. L’abside fut reconstruite au XIII siècle. Deux chapelles dissymétriques flanquent l'abside de chaque côté. Le chœur est orné de panneaux de bois sculpté et doré, représentant des scènes de la vie du Christ (XVIII siècle). L'autel présente un double tabernacle sous un baldaquin : le tabernacle supérieur (XVI siècle) provient du monastère de la Grande Chartreuse, après avoir été donné par la Chartreuse de Pavie. Enfin, on voit dans la partie droite du chœur un remarquable ciborium du XV siècle.
Le ciborium (XVe siècle)
Le ciborium
Le ciborium fut commandé en 1455 par l'évêque Siboud Alleman. De style gothique flamboyant, en pierre de Voreppe, haut de 14 mètres, cet ouvrage se présente comme une sorte de façade très ouvragée, terminée par un clocher à arcs-boutants, orné de crochets. L'armoire à ciboire elle-même est au premier étage de cette construction, encadré par des niches vides dont les statues furent détruites en 1562 par les calvinistes du baron des Adrets. La partie droite habille une porte en simulant une façade avec baie en arc brisé, surmontée d'un gâble et d'arcatures décoratives.
Les chapelles
Des chapelles latérales s'ouvrent sur les bas-côtés. À l'extrémité du bas-côténord, on trouve une chapelle d'abside, consacrée à la Vierge. Puis, en descendant vers l'entrée, les chapelles latérales, peu profondes. La première est dédiée à Notre-Dame de la Salette. Sur la gauche, on voit un « pilier saxon » massif, vestige d'un édifice antérieur. La chapelle suivante est celle de Jeanne d'Arc. Une plaque rappelle le passage du père Lacordaire en 1844. La chapelle suivante est le passage qui mène à l'église Saint-Hugues.
Du côté sud, en remontant le bas-côté vers l'abside, on longe d'abord un mur rythmé par des pilastres et des chapiteaux sculptés en molasse très érodée, d'époque Renaissance. Puis une chapelle consacrée au cardinal Le Camus, évêque majeur de Grenoble au XVII siècle. Un vitrail le représente. Puis une chapelle Saint-Sébastien présente un encadrement de marbre et une belle voûte. La chapelle consacrée à l'Adoration des mages offre aussi un encadrement de marbre. La chapelle de la Nativité, ou de Sainte Anne, donnait accès au cloître aujourd'hui disparu. Enfin, la chapelle au fond de l'abside, à droite du chœur, est dite chapelle des Alleman, car elle fut édifiée par cette famille importante dont plusieurs membres, Siboud Alleman (1450-1476), Laurent Alleman I (1476-1482 et 1484-1518), Laurent Alleman II (1518-1561), furent évêques. Elle présente une belle voûte à liernes et tiercerons.
Le clocher-porche
Édifié au XIII siècle, sur le soubassement en pierre calcaire, probablement après un incendie qui obligea aussi à reconstruire les voûtes, on opta alors pour la brique. Le clocher, de plan carré, haut de 17 m sur 12 m de large, présente trois étages dans lesquels s’ouvrent des baies en plein cintre, de nombre croissant et de taille décroissante : deux baies au premier étage, trois au second, quatre au troisième. Une porte en plein cintre donnait accès à un vestibule, qui s'ouvre ensuite dans l’axe de la nef. Aujourd’hui on entre dans la cathédrale par une deuxième porte ogivale, à droite de la première, qui donne accès au bas-côté droit. En 1885, on plaqua une fausse façade en ciment moulé, matériau alors très en vogue à Grenoble. Œuvre de l’architecte diocésain Berruyer, cette façade en pseudo-style roman réclamée par les évêques successifs, désireux de « faire ressortir la cathédrale au milieu des immeubles qui l'avoisinent », était supposée assurer une liaison entre les bâtiments de part et d’autre, tout en lui donnant une « visibilité » qu’elle n’avait pas auparavant. Toutefois, on a préféré supprimer cette façade en 1990, pour revenir à l'état du bâtiment en 1810.
L’Évêché
La cathédrale, dans les bâtiments qui l'enserrent
Le bâtiment de l'ancien évêché fut construit en 1680 par le cardinal Le Camus, évêque de Grenoble, succédant à un édifice du XIII siècle. Désaffecté, il devint un musée des Instituts de Géologie et de Géographie alpines. Ravagé par un incendie, l’ensemble du bâtiment a été restauré pour abriter le Musée de l'Ancien Évêché, ouvert en 1998, présentant les découvertes archéologiques du site et en particulier le baptistère, ainsi que de nombreux témoignages sur l’histoire de Grenoble et de sa région depuis la préhistoire. La visite du musée permet de découvrir le bâtiment, ses parties subsistant du XIII siècle, la chapelle de l'évêque et son ornementation Restauration, etc. L'évêché actuel se trouve 12 place de Lavalette (juste en face du Musée de Grenoble), il s'agit de la « Maison diocésaine » du diocèse de Grenoble-Vienne.