La cathédrale Saint-Vincent-de-Saragosse de Saint-Malo est une ancienne cathédrale catholique romaine dédiée à saint Vincent de Saragosse, situé à Saint-Malo en Bretagne. Son architecturemélange les styles roman et gothique, et elle est classée monument historique de France.
Elle a été le siège de l'ancien évêché de Saint-Malo depuis l'année 1146. Ce dernier fut supprimé par le concordat de 1801, et son territoire réparti entre les diocèses de Rennes, de Saint-Brieuc et de Vannes.
Évolution de l'édifice
L'évêché de Saint-Malo fut créé en 1146, lorsque Jean de Châtillon, évêque d'Aleth de 1146 à 1163), transféra son évêché de l'autre côté de la Rance, à Saint-Malo, ville en croissance continue à l'époque, qui constituait en outre un site beaucoup plus sûr. Il fallut attendre 1146 et l'agrément du pape Eugène III, pour que le transfert puisse s'effectuer. Le monastère de Saint-Malo, fondé en 1108, devint la résidence de l'évêque et son église monastique devint cathédrale, remplaçant ainsi la cathédrale Saint-Pierre d'Aleth. Des transformations furent réalisées dont l'édification du chœur, ce qui en fit un monument totalement de style roman .
Intérieur de la cathédrale avec la rosace, vitraux de Jean Le Moal
De cet édifice de style roman du XII siècle subsistent la nef, la croisée du transept et une travée des croisillons nord et sud, ainsi qu'une partie du cloître. Le chœur a été reconstruit au XIII siècle, la tour commencée au XII fut surélevée au XV, de même que le collatéral sud et trois chapelles du choeur. À la fin du XVI siècle et au début du XVII siècle (entre 1583 et 1607), on reconstruisit le collatéral nord, tandis que le transept nord fut agrandi. L' aile du rosaire au sud fut commencée dans les années 1620. En 1695, les canons de la flotte anglo-hollandaise détruisirent la rosace du chevet, laquelle fut remplacée par trois baies en plein-cintre.
Au XVIII siècle, on édifia la chapelle sud, et la tour du clocher fut surélevée. La façade fut reconstruite peu après, en style néoclassique (1772-1773).
Au XIX siècle, Napoléon III se laissa convaincre par le curé de l'époque de faire coiffer la tour d'une grande flèche ajourée, laquelle fut entourée de quatre clochetons ajourés, construite par Frangeul Père et Fils. (Cette flèche remplaçait un petit dôme d'ardoise).
Au XX siècle enfin, la cathédrale fut endommagée lors des combats de l'été 1944. La flèche fur pillonée par un destroyer Allemand, croyant qu'elle pourrait servir de repère aux Américains, et elle s'écroula sur la chapelle dite « du Sacré-Cœur ». Les dégâts nécessitèrent une restauration importante qui débuta dès 1944, dirigée par l'architecte Raymond Cornon, et se termina en 1972. La flèche de la cathédrale fut reconstruite en un style plus proche de celui de l'ensemble de l'édifice par l'architecte Prunet et abrite quatre cloches, ce clocher a été vivement contesté par les Malouins à l'époque, et aujourd'hui encore beaucoup de Malouins regrette l'ancienne flèche.
Intérieur de la cathédrale
Intérieur de la cathédrale : les grandes orgues
Suite à la grande restauration de 1944-1972 et aux derniers embellissements, on peut dire que la cathédrale Saint-Vincent-de-Saragosse à Saint-Malo a retrouvé toute sa splendeur.
Une nouvelle grande rosace conçue par Raymond Cornon, a remplacé les trois baies du chevet et restitue le visage de la cathédrale tel qu'il était avant les destructions anglaises de 1695. Jean Le Moal orna de vitraux les fenêtres des bras du transept et du chœur réalisés par Bernard Allain. Les nouveaux vitraux de la nef ont quant à eux été réalisés par Max Ingrand.
Les grandes orgues réalisées par les facteurs Koenig, père et fils, construites en 1977 et inaugurées en 1980. Il est composé de 4 claviers et 1 pédalier et 35 jeux, cet orgue remplace celui de Louis Debierre construit en 1893 de style romantique qui fut détruit en 1944.
Le mobilier du sanctuaire comporte notamment un maître-autel, un siège de présidence et un baptistère en bronze. Ce sont des oeuvres d'Arcabas père et fils.
La cathédrale abrite également les restes de l'évêque fondateur Jean de Châtillon, de Jacques Cartier et du corsaire René Duguay-Trouin.