Centrale nucléaire de Cattenom

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Introduction

Centrale nucléaire de Cattenom
Centrale nucléaire de Cattenom}
Administration
PaysFrance France
RégionLorraine
DépartementMoselle
CommuneCattenom
Coordonnées49° 24′ 57″ Nord

6° 13′ 05″ Est / 49.41583, 6.21806
OpérateurÉlectricité de France
Année de construction1979
Date de mise en service1986 à 1992
StatutEn fonction
Réacteurs
FournisseursAreva NP, Alstom
TypeREP
Réacteurs actifs4 x 1 300 MW
Production d'électricité
Puissance nominale5 448 MW
Électricité générée annuelle34,084 TWh (en 2006)
Électricité moyenne35,547 TWh
Production totale583 TWh (au 22 juillet 2007)
Divers
Source froideMoselle
Site internetSite de la centrale de Cattenom

La centrale nucléaire de Cattenom est une centrale nucléaire exploitée par Électricité de France (EDF), située en Lorraine sur la commune de Cattenom, sur les bords de la Moselle entre Thionville (à 10 km en amont) et Trèves (à 80 km en aval), non loin des villes de Luxembourg (35 km) et de Metz (40 km).

Présentation

Le « CNPE » (centre nucléaire de production électrique) de Cattenom dispose de quatre réacteurs nucléaires à eau pressurisée (REP) d'une puissance de 1 300 mégawatts électriques chacun. Cattenom est la septième centrale au monde en puissance installée, et la deuxième centrale de France pour sa production d'électricité (derrière celle de Gravelines) , avec 34 TWh produit en 2009 (8 % de la production nationale d'EDF). Son record de production date de 2005, quand elle produisit 38,2 TWh.
La centrale emploie environ 1 150 personnes. Pendant les périodes de visite décennale des réacteurs, elle fait appel à près de 1 000 personnes supplémentaires.

Certifications

La centrale a obtenu en 2005 une certification environnementale ISO 14001, en 2007 une certification qualité ISO 9001, et début 2008 une certification hygiène et sécurité OHSAS 18001. Son laboratoire de surveillance de l'environnement est accrédité ISO/CEN 17025 par le COFRAC.

Refroidissement

La centrale possède quatre aéroréfrigérants et prélève de l'eau dans la Moselle pour assurer son refroidissement. Lors de la construction de la centrale, EDF a également créé à proximité une retenue d'eau par la construction d'un barrage : le lac artificiel du Mirgenbach. De plus, un lac d'approvisionnement a été créé en 1985 pour soutenir le cours de la Moselle en cas de sécheresse, par construction d'un barrage dans la vallée de Pierre-Percée, en bordure du massif des Vosges.

Risque sismique

Le risque sismique est extrêmement faible à Cattenom, qui n'est pas placée dans une zone à aléa sismique significatif.

Surveillance de l'environnement

(Source : réponse faite au député luxembourgeois Henri Kox à une question écrite)

EDF a l'obligation, de par un arrêté interministériel de 2004, de surveiller l'environnement. La centrale opère les installations de mesures suivantes :

  • 4 stations de prélèvements de poussières atmosphériques ;
  • 4 balises permettant de mesurer le débit de dose à 1 km ;
  • 4 balises permettant de mesurer le débit de dose à 5 km ;
  • 10 détecteurs mesurant le débit de dose à la clôture du site ;
  • 11 détecteurs dans l'environnement mesurant le débit de dose à 10 km ;
  • 5 mesures dans les eaux souterraines (3 dans le site et 2 à l'extérieur).

De plus, des échantillons sont prélevés dans l'environnement (sol, rivière, production de lait).

Les données mensuelles sont accessibles sur Internet

Le laboratoire de la centrale réalisant ou faisant réaliser ces mesures a reçu en 2008 un agrément délivré par le COFRAC, ce qui implique des programmes d'assurance qualité. Les résultats des mesures réglementaires sont consignés dans des registres qui sont communiqués mensuellement à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui en assure un contrôle.

EDF est juridiquement responsable de respecter les limites de rejets fixés par l'arrêté ministériel, ainsi que de déclarer immédiatement tout dépassement éventuel. En vertu de l'accord bilatéral de 1983 avec la France, relatif aux échanges d'informations en cas d'incident ou d'accident pouvant avoir des conséquences radiologiques, les informations d'un dépassement des limites sont également transmises au Luxembourg, en l'occurrence à la division de la radioprotection.

De plus, l'environnement autour de la centrale de Cattenom est surveillé de manière indépendante par :

  • l'Association Lorraine pour la qualité de l'Air, créée en Janvier 1992 à l’initiative du Conseil Régional de Lorraine, et qui dispose de :
  • 8 capteurs de rayonnements gamma ambiant (à Thionville, Malling, Breistroff-la-Grande, Stenay, Fixem, Bar-le-duc, Nancy et Plainfaing),
  • 4 capteurs de rayonnements alpha et bêta artificiels,
  • 1 radiamètre portable à scintillateur plastique,
  • 1 spectromètre gamma NaI,
  • et 1 analyseur radon en continu.

Les résultats de mesure sont accessibles sur Internet, sur le site de ATMO Lorraine.

  • l'État, au travers de l'établissement public IRSN et son réseau anciennement dénommé « Teleray ». IRSN opère une station de prélèvements de poussières atmosphériques, deux balises aériennes à 1 km et à Roussy-le-Village, ainsi qu'une sonde dans l'eau sur la Moselle à Apach. Les résultats en temps réel sont accessibles sur Internet.

  • l' ASN s'assure, par des inspections inopinées, que les exploitants respectent bien les dispositions réglementaires. Au cours de ces inspections, des inspecteurs font prélever des échantillons dans les effluents ou l'environnement et les font analyser par un laboratoire spécialisé et indépendant. En 2007, l'ASN a réalisé une inspection avec prélèvement à Cattenom, où aucune irrégularité n'a été constatée.

  • le Grand-Duché de Luxembourg, qui dispose de 23 stations de mesure, dont une en territoire français, à mi-distance entre la centrale et la frontière luxembourgeoise, à Roussy-le-Village, en vertu d'un accord international de 1994. La division de la radioprotection dépendant du Ministre de la Santé et de la Sécurité sociale a commencé dès 1983 à installer un réseau de mesure et d'alerte automatiques sur le sol luxembourgeois. II s'y ajoute un programme d'échantillonnage dans divers milieux biologiques, comme les eaux et les boues de la Moselle, et dans la chaîne alimentaire. Tous ces échantillons sont mesurés par le laboratoire de radiophysique de la division de la radioprotection. Les résultats mensuels de ces mesures sont accessibles sur Internet.

  • le Land de Sarre en Allemagne, qui dispose de 3 stations de mesure de la radioactivité le long de la frontière avec la France, à Perl, Biringen (Rehlingen-Siersburg) et Berus (Überherrn). Les mesures en temps réel sont accessibles sur le site du Land de Rhénanie (voir ci-dessous).

  • le Land de Rhénanie-Palatinat, qui dispose d'un réseau de stations de mesure, dont 4 placées entre Trèves et la France. Les mesures sont accessibles en temps réel sur Internet.

Les mesures réalisées en France sont regroupées dans le Réseau National de mesure de la Radioactivité et accessible sur internet

Un parcours extérieur à la centrale, composé de panneaux réalisés avec le concours de l'ONF et de la réserve géologique naturelle d'Hettange permet à tous les promeneurs de se renseigner sur cette surveillance.

Histoire

La décision d'implantation de la centrale date de 1978 (gouvernement de Raymond Barre). Cette décision a été fortement contestée par le Luxembourg à l'époque. Le chantier des réacteurs de la centrale a débuté en 1979 et s'est terminé en 1991. La centrale a été implantée sur le lieu d'un ancien casernement du 168e régiment d'infanterie, qui avait en charge la défense des ouvrages de la Ligne Maginot qui sont situés dans la forêt de Cattenom (Ouvrage du Galgenberg, Ouvrage du Kobenbusch, Ouvrage du Bois Karre, etc.).

Les œuvres d'art

Les « moutons » : dans le cadre du 1 % à consacrer à l'acquisition d'œuvres d'art, le sculpteur Jean Cardot a réalisé pour le site une sculpture en extérieur représentant un troupeau de moutons, blancs, verts et roses, toujours visible.

Le centre d'information du public et les autres bâtiments du site ont été dessinés par l'architecte Claude Parent, en collaboration avec un architecte local, Roger Schott. On y reconnait aisément le tropisme de Parent pour les lignes obliques.

Le Pendule de Foucault de 1985

En 1985, pendant la construction de la centrale, l'École nationale d'ingénieurs de Metz a fait installer au cœur d'un aéroréfrigérant le plus grand Pendule de Foucault du monde. La tête du pendule se trouve actuellement à l'ENIM.

Incidents de mars 2001

En mars 2001, 131 personnes ont évacué par précaution le bâtiment réacteur n 3, à la suite d'une alarme intempestive. Selon l'AFP, les agents présents dans le bâtiment réacteur auraient subi une exposition aux radiations « de 5 à 10 minutes ». Mais selon l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), il n'y a pas eu de fuite radioactive et aucune personne n'a été contaminée ou irradiée.

Toujours en mars 2001, il y a eu un problème de rupture des gaines de combustible. Des défauts d'étanchéité ont conduit à une augmentation de la radioactivité de l'eau du circuit primaire du réacteur n 3.

Selon Wise-Paris, cet incident serait significatif d’une érosion de la sûreté liée à la recherche de performance économique. Cela a provoqué une augmentation notable des rejets radioactifs pour toutes les catégories de rejets mesurées : gaz, halogènes, aérosols et rejets liquides.

La canicule de 2003

Lors de la canicule 2003, la centrale a bénéficié, du 12 août au 30 septembre 2003, d'une dérogation officielle de la température de ses rejets en Moselle. Elle n'a en fait pas eu besoin de faire usage de cette dérogation.

Hors période de canicule, le 8 octobre 2003 entre 13h00 et 14h00, la centrale nucléaire de Cattenom a causé accidentellement un échauffement de l’eau de la Moselle de 2,2 °C alors que cet échauffement est limité à 1,5 °C par arrêté préfectoral. Cet échauffement a été considéré comme non dangereux par l'ASN et classé 0 sur l'échelle INES.

Rejets de tritium

En octobre 2003, des militants de Greenpeace se sont opposés au projet d'EDF d'augmenter la limite des rejets radioactifs liquides en tritium. Dans le même temps, la CRIIRAD accusait EDF de ne pas justifier l’évolution à la hausse de ces rejets et de ne pas analyser les conséquences pour la population autour de Cattenom. De plus, l'association Wise-Paris affirmait que la demande d’EDF n’est pas conforme aux obligations d’information du public, de minimisation de l’ensemble des impacts sur l’environnement et de justification de ces impacts.

Au final, ces interventions ont été efficaces, puisque le nouvel arrêté de rejet paru en 2004 ne prévoit pas d'augmentation des rejets de tritium et même une diminution dans certains cas.

Tour de France 2006

Le 3 juillet 2006, à l'occasion du passage du Tour de France à proximité de la Centrale, le journaliste Jean-Paul Ollivier de la chaîne télévisée France 2 provoqua une vive émotion en citant un article de Wikipédia (voir historique de janvier 2006), affirmant qu'un des 4 réacteurs était « un des plus dangereux de France » et que 131 personnes y avaient été irradiées en 2001. Il s'est excusé le lendemain à l'antenne pour son erreur.