Le principe cosmologique sur lequel est basé la cosmologie décrivant un univers homogène et isotrope implique que le champ C ne peut prendre une valeur dépendant de la position dans l'espace. Il est ainsi naturel de supposer qu'il dépend uniquement du temps, appelé dans le contexte de la cosmologie temps cosmique.
C = f(t).
Une simplification supplémentaire se produit si l'on suppose en sus que f est une fonction linéaire du temps. Ainsi,
C = A**t,
A étant une constante à déterminer. L'on montre alors que cette hypothèse admet une solution cohérente si l'on suppose que la constante A vaut
A=c28πGHP+ρ,
P étant la pression de la ou des formes de matière emplissant l'univers, et ρ sa densité d'énergie, H le taux d'expansion, G la constante de Newton et c la vitesse de la lumière.
La valeur de la densité d'énergie est supposée constante dans le temps, tout comme la pression, dont la valeur est arbitraire : si elle est nulle, on est dans une configuration ou la (quasi) totalité de la matière est non relativiste, et le champ C ne créé que ce type de matière. Si la pression est plus élevée, cela signifie que l'univers est un mélange de matière non relativiste et de radiation, et que le champ C crée constamment ces deux formes de matière dans un rapport fixé.
Dans la théorie de l'état stationnaire, l'équation de Friedmann reliant la densité d'énergie au taux d'expansion reste valable. De plus, l'état stationnaire stipule que la courbure spatiale est nulle, sans quoi l'on introduit une échelle caractéristique, le rayon de courbure de l'espace, qui varierait avec le temps car son évolution est dictée par l'expansion de l'univers. Ainsi, la densité d'énergie est-elle relié au taux d'expansion par
3c2H2=c48πGρ,
ce qui permet de réécrire, en notant w le rapport de la pression à la densité d'énergie
A = 3H(1 + w).
L'interprétation physique de la quantité A est alors très simple : c'est le taux avec lequel la matière serait diluée en l'absence du champ C. En effet, l'équation de conservation stipule qu'en principe la densité d'énergie décroît avec le temps selon la loi
∂t∂ρ=−3H(P+ρ),
que l'on peut réécrire
ρ1∂t∂ρ=−3H(1+w)=−A.
L'action du champ C est donc bien de créer de la matière avec un taux exactement calibré pour assurer la constance de la densité d'énergie.