Aux États-Unis et dans la zone euro, ainsi que, dans une moindre mesure, au Japon et en Grande Bretagne, il existe en permanence deux marchés de référence des taux d'intérêt de 0 à 30, voire 50 ans, d'une très grande liquidité :
- celui des principaux emprunts d'État à taux fixe;
- celui des swaps contre IBOR.
Pour les taux d'intérêt des autres devises, cela est un peu moins vrai car toutes les échéances d'emprunts d'État n'existent pas nécessairement ou ne sont pas forcément liquides.
Seul le marché des swaps permet, stricto sensu, de tracer une véritable courbe des taux. En effet, à la différence de valeurs mobilières, ils n'ont pas d'existence physique, et donc :
- ils sont entièrement fongibles et réductibles à leurs coefficients d'actualisation ;
- et de plus, leur encours est quasi-illimité : il ne peut véritablement y avoir de corner sur les swaps, et leurs prix de marchés peuvent donc être beaucoup plus cohérents mathématiquement et beaucoup moins dépendants de l'offre et de la demande instantanée que les prix des obligations, même ceux des plus liquides d'entre elles, les emprunts d'État.
Par ailleurs, les swaps fournissent une courbe au pair, c'est-à-dire où le taux actuariel est égal au taux nominal, donc sans les distortions dues à un taux nominal hors marché (voir : taux zéro-coupon).
Néanmoins, le marché directeur des taux à moyen et long terme reste celui des emprunts d'État :
- via les futures sur Bunds d'Eurex dans la zone euro ;
- via les futures sur T-Note du Chicago Board of Trade aux États-Unis.
À défaut d'être parfaitement cohérentes mathématiquement, les courbes d'emprunts d'État fournissent à l'économie des taux sans risque et donc un point d'ancrage global pour toutes les mesures de rentabilité. Historiquement, ce sont les premières à avoir été tracées, aux États-Unis dans les années 1970 et plus précisément, suivant la tradition, chez Salomon Brothers, alors que les swaps et autres dérivés de taux d'intérêt n'existaient pas encore, hormis des forwards.