Covoiturage

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Introduction

Le covoiturage est l'utilisation conjointe et préméditée (à la différence de l'auto-stop) d'un véhicule par un conducteur non professionnel et un ou des passagers, dans le but d’effectuer un trajet commun.

Cette pratique permet aux passagers, par exemple, d'économiser des dépenses de carburant ou d'éviter de perdre du temps s'ils n'avaient pu disposer d'un moyen de transport, ou de partager le volant. La collectivité y gagne par la diminution des embouteillages, de la pollution et des accidents de la route. Le covoiturage est de ce fait fortement encouragé par les autorités surtout lors des pics de pollution et est d'autant plus pratiqué lorsque le prix du carburant augmente.

Le principe

À la différence du taxi où le passager choisit la destination, en covoiturage, c'est le conducteur qui fixe le trajet.

Un conducteur propose aux passagers de les transporter dans sa voiture pour un trajet (ou une portion de trajet) qu'il doit lui-même effectuer, et donc à la date et à l'heure qu'il a décidées. Généralement, le lieu de départ, déterminé à l'avance, est le même pour tout le monde. À l'arrivée, le conducteur dépose les passagers là où lui-même s'arrête, ou bien à l'endroit que chacun souhaite, en évitant de faire un grand détour. Il peut alors laisser ses passagers par exemple à proximité d'un transport en commun ou bien là où un membre de la famille ou un ami pourront les prendre en charge.

Le conducteur peut demander à ce qu'un des passagers le remplace au volant afin qu'il puisse se reposer un peu.

Le partage des frais est laissé à l'appréciation du conducteur. La formule la plus classique consiste à diviser le coût du carburant et des péages par le nombre de personnes. Les frais généraux tels que ceux d'entretien ou d'assurance peuvent être inclus dans le calcul du coût du trajet.

Le conducteur est tenu de ne pas faire de bénéfice, en particulier pour ne pas enfreindre la loi. Mais certains demandent une participation forfaitaire quel que soit le nombre de passagers, ce qui est assez rare.

Histoire

L'augmentation du nombre de passagers par véhicule peut assurer le transport de milliers de personnes supplémentaires tout en décongestionnant le réseau routier. La plupart des véhicules circulent avec trois ou quatre places libres. Une des solutions possibles est d'encourager les migrants journaliers à pratiquer le covoiturage.

Depuis les années 1980, le covoiturage a été soutenu par des associations telles que Taxistop en Belgique, Allostop en France et Allo-Stop au Canada. Il s'est développé en Allemagne. Il s'étend un peu partout dans le monde occidental. L'Internet a beaucoup contribué à l'émergence de cette pratique de transport en facilitant les contacts entre conducteurs et passagers.

Plusieurs pays s'inscrivent déjà dans la vague du covoiturage en mettant en place des aires de stationnements servant de points de chute, des voies réservées en cas d'embouteillage, etc. Au Canada par exemple, toutes les autoroutes importantes autour des agglomérations comme Montréal, Toronto et Vancouver ont des voies réservées aux véhicules à occupation multiple (VOM), ce qui accélère grandement l'accès au centre-ville. Au Pays-Bas, il existe des lifters plaats qui consistent en un trottoir d'environ un kilomètre à l'entrée des autoroutes. Ces trottoirs sécurisent les adeptes et servent autant aux covoitureurs qu'aux auto-stoppeurs.

Au-delà du transport entre personnes se connaissant (forcément assez limité), le covoiturage ne peut fonctionner que si un système manuel (association, centre d'appels, petites annonces, annonce radio, etc.) ou automatisé (site internet, babillards, échange de courriels ou de SMS, etc.), ou les deux, aide à résoudre tous ces problèmes.

De nombreux sites Internet permettent la proposition et la demande de covoiturages, qu'ils soient réguliers ou ponctuels, de proximité ou de longue distance. Dans ce dernier cas, certains sites offrent des moteurs de recherche en ligne pour le covoiturage, ce qui permet de calculer les trajets et les meilleures possibilités pour le conducteur et le passager. Ces services de babillard pour le covoiturage sont souvent gratuits et faciles à utiliser.

En France, le covoiturage se développe depuis peu mais représentait encore moins de 1 % en 2008 malgré l'augmentation du coût des transports et de la pollution automobile. Certaines difficultés juridiques freinent son développement. En 2009, la pratique du covoiturage connait un réel engouement en France. Les contraintes de pouvoir d'achat conjuguées à une réelle prise de conscience des limites écologiques de la voiture individuelle, concourent à une augmentation impressionnante de trafic sur les sites de covoiturage français.

Perspectives de développement

Plusieurs actions pourraient accélérer le développement du covoiturage :

  • augmenter les opportunités de jumelage des trajets en favorisant l'échange d'annonces covoiturage entre sites ;
  • faciliter l'accès du public au service ;
  • créer des aires ou des points de covoiturage (la simple pose d'un panneau suffit souvent à créer une aire) ;
  • cartographier les aires de covoiturage ;
  • créer à l'entrée des villes des voies de circulation réservées aux voitures avec plusieurs passagers et des parcs automobiles aux abords des centre-villes denses ;
  • Fonctionnalités dédiées de téléphones PDA équipés de GPS, pour un covoiturage dynamique.

Les longues distances à parcourir, l'augmentation du prix du carburant incitent les gens à covoiturer.

Il existe plusieurs groupes de réflexion sur le covoiturage. La Fédération du Covoiturage (FEDUCO) est créée en décembre 2008 par différents acteurs privés et associatifs ; son but est la promotion du covoiturage sous toutes ses formes.

En France le covoiturage se développe rapidement et en particulier en zone rurale. Aux États-Unis, sa pratique est stable et particulièrement marqué dans les zones urbanisées.

Pratiques habituelles

Le conducteur annonce le montant que chacun devra payer avant de partir.

L'horaire de départ et celui d'arrivée sont convenus à l'avance. La question des bagages, du conducteur ou des passagers, doit être traitée à l'avance de manière à ce que tous les passagers puissent embarquer. Si la voiture est pleine, il est d'usage de se relayer pour l'assise à l'avant. Il est poli de demander l'autorisation de fumer avant d'allumer une cigarette.

Le rôle d'internet

France

En France, 78 sites de covoiturage existent, et sont gratuits pour la plupart. Toutefois, ils souffrent tous d'une faible fréquentation, probablement à cause du grand nombre de sites grand publics existants. De plus, la plupart des sites de petites annonces gratuites proposent aussi une rubrique de covoiturage. D'ailleurs, certains sites de petites annonces locales disposent plus d'offres de covoiturage qu'un site spécialisé, pour un trajet identique.

La multiplicité et la diversité des acteurs et des sites sont un frein au développement et à l'essor du covoiturage en France. Le regroupement d'acteurs (Collectivité, entreprise, association, etc.) et la mise en commun des bases de données des sites pourraient répondre à ce problème.

Canada : l'exemple du Réseau de covoiturage

Le logiciel et la base de données du Réseau de covoiturage sont partagés par plusieurs sites web qui utilisent un habillage propre à leur portail respectif. Ce fonctionnement permet aux villes et aux institutions canadiennes de se joindre au réseau, et de bénéficier du logiciel à partir de leur propre site de manière transparente pour les utilisateurs. Lorsqu'un utilisateur est membre de l'un des sites Web affilié au réseau, il l'est également pour tous les autres sites partenaires.

Le logiciel calcule les trajets et le rayonnement s'élargit en fonction de la distance parcourue. Parmi les outils disponibles, on compte un calculateur de trajet versus les coûts de l'essence, un calculateur de dioxyde de carbone, service de communication par messagerie texte, par messagerie privée et par courrier électronique. En 2009, l'utilisation des services du Réseau de covoiturage est gratuit.

Voies réservées aux véhicules à occupation multiple (VOM)

Canada et USA

Panneau de signalisation d'une voie réservée aux véhicules à occupation multiple. Dans ce cas on autorise les voitures avec 2 personnes ou plus.

Aux USA la promotion a commencé il y a plus de 60 ans. Propagande du gouvernement des États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale. De archive.org : « Lorsque vous voyagez seul, vous voyagez avec Hitler ! ». Par Weimer Pursell, 1943, imprimé par le bureau d'imprimerie gouvernementale, Prix NARA.

Voies réservées aux véhicules à occupation multiple (VOM)

Il y a 4 000 km de VOM et 130 programmes pour véhicules à occupation multiple (VOM) dans plus de 30 villes nord-américaines. Aux USA, les VOM sont appelés HOV (pour « high-occupancy vehicle »).

Les voies réservées aux « véhicules multi-occupants » sont réservées aux véhicules transportant plus d'une personne.

Véhicules pouvant emprunter une VOM au Canada 

  • les voitures ;
  • les camions utilitaires de moins de 6,5 mètres ;
  • les motos ;
  • les taxis ;
  • les autobus - autorisés même sans passagers ;
  • les véhicules de secours.

Véhicules qui ne sont pas autorisés à emprunter les voies réservées 

  • les véhicules dont le conducteur est le seul occupant ;
  • les camions utilitaires de plus de 6,5 m de longueur.

Réduire le nombre de véhicules par personne a de nombreux atouts 

  • dégradation moindre de la qualité de l'air ;
  • moins d'embouteillages, d'autant plus que les autorités favorisent les véhicules transportant plusieurs passagers ;
  • moins de stress pour les voyageurs car moins de conducteurs ;
  • éventuel partage des multiples frais entre les occupants ;
  • un cercle vertueux : l'efficacité du modèle le rend plus populaire, donc plus efficace.

Un système de signalisation élaboré a été mis en place .

La capitale américaine est la première ville du pays pour le covoiturage : 7 % des habitants le pratiquent en 2008.

Slugging

Des automobilistes prennent à des arrêts formalisés des passagers qu'ils ne connaissent pas pour des trajets prédéfinis. Ce sont des sortes de lignes de voitures. C'est souvent gratuit pour le passager et la principale motivation pour le conducteur est de pouvoir utiliser les voies de covoiturage VOM.

Actualité 

Aux États-Unis, Robin Chase , fondatrice de Goloco, site de covoiturage américain, a été citée parmi les 100 personnes les plus influentes de la Planète par le Times cette année.

Europe

Il y a peu de voies réservées aux VOM en Europe. La Norvège est un des pays européens qui en possèdent. Le projet « Europeen ICARO », pour Increasing CAR Occupancy a permis d'en créer à Leeds, Bristol et Madrid. Il n'y en a pas en France.

France

Lors du Grenelle de l'environnement il a été prévu de permettre la mise en place de voies réservées sur les autoroutes et voies rapides pour les transports collectifs et les véhicules transportant au moins trois personnes.

Les aires de stationnement de covoiturage

Ce panneau de covoiturage est à l'initiative du conseil général du Morbihan.

Matérialisation de places de stationnement réservées aux covoitureurs.

Les aires sont des lieux sécurisés et identifiés où les covoitureurs peuvent se poster pour attendre leur conducteur, ou pour pratiquer l'auto stop. Ces stationnements (parkings) permettent de se retrouver également et d'y laisser une voiture, de sorte à ne prendre qu'une voiture pour plusieurs personnes.

Une jonction avec les lignes de transport en commun peut se révéler utile. Il est possible de rendre l'aire ou le stationnement (parking) identifiable en y installant une borne ou tout autre signalétique visible de loin.

En France le département du Morbihan est un précurseur des aires de covoiturage. Il a signé de nombreuses « conventions de signalisation d'une zone de covoiturage » avec des grandes surfaces ayant des portions de parking peu exploitées. La Bretagne est la région de France où le mot « covoiturage » est le plus recherché sur Google.

Les différents types de covoiturage

Covoiturage régulier

La voiture est souvent perçue comme un prolongement de l'espace personnel, le conducteur, seul dans son véhicule est dans un espace clos ; il est libre de faire ce que bon lui semble : écouter la radio, chanter, téléphoner avec oreillettes… Covoiturer régulièrement c'est partager un dialogue, des expériences, des histoires.

Aux États-Unis s'est développé un concept intermédiaire entre le covoiturage et la ligne de transport public: le Vanpool (en). Il s'agit de minibus affrétés par un employeurs, une collectivité publique ou une société privée et mis à la disposition d'un groupe de personnes qui effectuent régulièrement le même trajet.

Domicile travail

Ce covoiturage se fait souvent avec des gens de la même entreprise, université ou des voisins. Cette pratique représente les deux tiers des trajets de covoiturage, elle a surtout lieu dans les grandes entreprise de plus de 300 personnes et les administrations.

En Europe, covoiturer entraîne toujours une perte de temps pour le conducteur, car il n'existe pas de voies réservées au covoiturage (VOM).

  • attente du passager au départ du trajet ;
  • détour pour aller chercher ou déposer le passager ;
  • coordonner les emplois du temps ;
  • avertir le passager en cas d’empêchement.

Le passager court le risque d’être : oublié, ou de ne pas être transporté suite à un empêchement du conducteur. Il doit donc toujours prévoir une solution de secours : transports en commun, un autre covoiturage, taxis, autopartage, vélopartage, auto-stop, marche à pied, patin à roulettes, etc.

Domicile école-travail

Amener ses enfants à l'école en voiture, c'est covoiturer pendant une partie du trajet.

On covoiture les enfants de plusieurs familles à l'aide d'un seul conducteur, le conducteur peut être différent le matin, le soir et tous les jours de la semaine :

  • moins de contraintes horaires ;
  • gagner du temps ;
  • coordonner les emplois du temps ;
  • avertir un autre parent en cas d’empêchement.

À l'école on peut covoiturer avec d'autres parents vers son lieu de travail, parfois le parking de l'école permet d'y garer une voiture la journée.

Domicile stationnement (parking) travail

Chacun part avec sa voiture jusqu'au lieu de rendez-vous : un parking, puis on covoiture jusqu'au lieu de travail. Les parkings aux entrées et sorties d'autoroute sont très utilisés, mais leur capacité de stationnement est souvent très réduite :

  • attente du passager au départ du trajet ;
  • coordonner les emplois du temps.

Covoiturage ponctuel sur une longue distance

Il s'agit d'effectuer un trajet sur plusieurs centaines de kilomètres. Ce type de covoiturage de « loisir » est surtout utilisé pour les vacances ou les weekends. La mise en relation se fait souvent par des sites internet, cela permet de diminuer des coûts de déplacements importants, mais oblige généralement à covoiturer avec un ou des inconnus.

Covoiturage d'événement

Les participants à un évènement (mariage, rencontre sportive, réunion associative ou institutionnelle…) s'organisent pour covoiturer vers le lieu de l'évènement. Ce covoiturage ponctuel a une particularité : tous les participants se rendent au même endroit à la même date. Certains organisateurs développent leur propre interface pour organiser le covoiturage de leur événement, d'autres utilisent des sites plateformes.

Zones rurales ou à faible densité

Dans les zones à faible et très faible densité de population, le covoiturage permet de compenser la carence ou l’absence de transports en commun pour les personnes ne possédant pas de véhicule. C’est le cas en France dans les zones rurales. Le Taxi Brousse joue aussi ce rôle car son coût est modéré pour l’usager.