Commencée en 2002, l'opération de pompage des crépidules par deux navires sabliers dans la baie de Saint-Brieuc et la baie de Cancale a été interrompue en 2007. Seulement 111 000 tonnes ont été récoltées sur les 175 000 prévues, mais surtout, les zones nettoyées ont été réinfestées rapidement, alors que d'autre part, les solutions de valorisation n'ont pas été développées hormis la transformation en engrais
Ingrid Bahamondes-Rojas (docteur en biologie) a apporté un début de solution à l'utilisation des crépidules. Elle travaille depuis 2004 sur les possibilités de valorisation du coquillage. Deux pistes sont aujourd'hui exploitables : L'alimentaire et le domaine de la santé car le produit est riche en protéines et en oligo-éléments. C'est au volet alimentaire que s'est attaqué le projet mené par les sociétés Slipper Limpet Processing, FAI et Britexa avec l'ouverture d'une usine de traitement des crépidules à Cancale (35) en janvier 2009. Approvisionnée en mollusques par trois armements cancalais, l'usine prévoit de traiter de 10 à 20 tonnes de produit par jour. Avec une double filière d'exploitation : la chair du produit servira à concevoir de nouveaux plats dans les industries agroalimentaires tandis que la coquille, broyée, pourra être exploitée en remplacement du maërl ou dans l'alimentation animale comme apport calcique. Gustative et bon marché (2,50 euros/kilogramme environ), la chair de la crépidule a déjà séduit des chefs étoilés bretons, invités par les porteurs de projets à faire découvrir des variations gourmandes du coquillage. La crépidule est déclinable en soupe, parmentier, cassolette, coquille, kébab ou coquillage.