Dystrophie myotonique de Steinert

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Introduction

Dystrophie myotonique de Steinert
Autre nomMaladie de Steinert
Référence MIM160900
TransmissionDominante
Chromosome19 q13.2-q13.3
GèneDMPK
Empreinte parentaleNon
MutationExpansion de triplet
Mutation de novoRare
Nombre d'allèles pathologiquesSans objet
AnticipationOui maternelle
Porteur sainSans objet
IncidenceInconnue
Prévalence1/20000
PénétranceInconnue
Nombre de casInconnu
Maladie génétiquement liéeAucune
Diagnostic prénatalPossibe
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Liste des maladies génétiques à gène identifié

La dystrophie myotonique de Steinert ou maladie de Steinert est une maladie génétique autosomique dominante, à pénétrance incomplète et marquée par l'anticipation, qui affecte plusieurs organes : le squelette, les muscles lisses, l'œil, le cœur, le système endocrinien et le système nerveux central.

Les signes de cette maladie sont variés allant d'une forme légère à grave. Trois formes sont habituellement décrites selon l'âge d'apparition des premiers symptômes mais dont les limites ne sont pas toujours nettes : légère, classique et congénitale.

  • La forme légère est caractérisée par une cataracte et une myotonie modérée. L'espérance de vie est normale.
  • La forme classique est caractérisée par une faiblesse musculaire généralisée et une myotonie généralisée, une cataracte et des troubles de la conduction cardiaque. L'adulte peut perdre son autonomie et l'espérance de vie est réduite si le patient n'est pas suivi pour le coeur.
  • La forme congénitale avec une hypotonie musculaire, souvent associée à une insuffisance respiratoire avec décès précoce. Le retard mental est fréquent dans cette forme.

La mutation est une expansion instable d'un triplet CTG du gène DMPK. Ce triplet est répété plus de 37 fois chez les personnes atteintes. Le nombre de répétitions du triplet CTG est généralement associé à la sévérité de la maladie ainsi qu'à l'âge d'apparition des symptômes.

Autres noms

  • Myotonie dystrophique de type 1
  • Dystrophie myotonique de type 1

Étiologie

Anatomo-pathologie

Transmission dominante

Mutation du gène DMPK (pour Dystrophy Myotonic Protein Kinase) situé sur le locus q13-2 chromosome 19 codant la myotonine, une Protéine Kinase cAMP dépendante, dont le rôle précis est inconnu. La mutation en cause est une expansion du triplet CTG dont le nombre dépasse 37 chez les personnes atteintes. Lorsque le nombre de répétition est supérieur à 50, la maladie se manifeste toujours. Dans la forme congénitale, l'expansion du triplet atteint plusieurs milliers.

Prévalence & incidence

La prévalence de cette maladie est de 1 sur 100 000 au Japon et 1 sur 10 000 en Islande. La prévalence mondiale de cette maladie est de 1 sur 20 000. La prévalence mondiale la plus élevée atteint 189 sur 100 000 de population dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean au Québec (Canada).

Description de la maladie

Patient de 40 ans

PhénotypeSignes cliniquesLongueur du tripletÂge du début des signesEspérance de vie
PrémutationAucun35-50Sans objetSans objet
MoyenneCataracte

Myotonie
50-15020 à 70 ans60 ans à normale si suivi cardiaque
ClassiqueFaiblesse musculaire

Myotonie

Cataracte

Trouble de la conduction cardiaque

Calvitie
100-100010 à 30 ans48 ans à normale si suivi cardiaque
CongénitaleMyotonie

Détresse respiratoire

Retard mental
Supérieur à 20000 à 10 ans45 ans à normale si suivi cardiaque et pulmonaire

Diagnostic

  • La présomption du diagnostic repose sur l'association de signes cliniques variés (p. ex., cataracte, calvitie, troubles musculaires et cardiaques). La myotonie est le relachement lent de la contraction musculaire volontaire (main qui reste serrée après une poignée de main, par exemple).
  • La certitude du diagnostic est obtenue par une technique de biologie moléculaire, avec un prélèvement sanguin. Le consentement de la personne prélevée est indispensable. La technique de TP-PCR est utilisée et suffit à éliminer les sujets sains (nombre de CTG inférieur à 37), hétérozygotes pour le nombre de répétitions du triplet CTG sur le gène DMPK (les deux allèles comportent moins de 37 répétitions). Chez les homozygotes sains et les hétérozygotes avec expansion (ils ont un allèle à moins de 37 répétitions, et un allèle à plus de 37, et généralement plus de 50 CTG), on réalise une vérification par Southern blot. Les hétérozygotes avec expansion sont atteints de la Dystrophie myotonique de Steinert.
  • La présence d'un cas de Dystrophie de Steinert au sein d'une famille doit déclencher une enquête familiale. Là encore, l'enquête génétique n'est possible qu'avec l'accord explicite des personnes prélevées.

Différentiel

  • Myotonie dystrophique type 2 secondaire à une expansion de CCTG du gène ZNF9
  • Myopathie à corps d'inclusion
  • Myopathie avec surcharge en desmine

Complications

Une mort subite est possible, soit par troubles du rythme ventriculaire soit par trouble de la conduction cardiaque, et ce, d'autant qu'il existe des anomalies sur l'électrocardiogramme.