L’École des Mines de Freiberg est, avec l’École des Ponts et Chaussées, la plus vieille école d'ingénieur au monde. C’est aujourd'hui une université spécialisée dans l'économie et l'exploitation des ressources naturelles : sciences de la terre, génie des matériaux, énergétique et sciences de l'Environnement.
Histoire
L’École des Mines de Freiberg (Kurfürstlich-Sächsische Bergakademie zu Freiberg) a été créée en 1765, c’est-à-dire en plein Siècle des Lumières, par le prince Xavier de Saxe sur proposition de Friedrich Wilhelm von Oppel (1720−1767), Carl-Wilhelm et Friedrich Anton von Heynitz. La création d'un tel établissement était devenue indispensable, car après sa défaite à la Guerre de Sept Ans, le Royaume de Saxe devait multiplier ses ressources minières pour pouvoir faire face au paiement de l’indemnité de guerre. Après la restructuration des Etats allemands provoquée par le Traité de Presbourg, l'école a été rebaptisée en 1806 Ecole des Mines Royale de Saxe en Freiberg.
L’École des Mines se trouve par conséquent être la plus ancienne école des Sciences de la Montagne encore en activité, puisque celles qui la précédaient : Potosí (Bolivie, 1557–1786), Kongsberg (Norvège, 1757–1814), Banská Štiavnica (1762–1919) et Prague (1762–1772) n'existent plus depuis longtemps. Avec l’École des Ponts et Chaussées fondée en 1747, elle est aussi la plus vieille école d'ingénieur.
C'est à l'école des mines qu'on découvrit deux nouveaux éléments de la table de Mendeléev : l’Indium (1863 par Ferdinand Reich et Theodor Richter) et le germanium (1886 par Clemens Winkler).
Germanium à l'état natif.
Jusqu'à l'inauguration de l’Université technologique de Dresde en 1871, l’École des Mines de Freiberg était la plus grande école d'ingénieurs du Royaume de Saxe. Assimilée en 1899 à une École d'ingénieur, elle obtint en 1905 l'équivalence entre le doctorat et le diplôme de docteur-ingénieur qu'elle délivrait, puis en 1939 avec le doctorat ès sciences. Devenue « institut polytechnique » (Technische Universität Bergakademie Freiberg), elle s'est agrandie en 1940 d’une faculté du génie minier et métallurgique puis en 1955 d’une faculté d’économie de l'entreprise et de mathématiques appliquées. Sous la RDA on créa en 1955 la « Faculté des Travailleurs Wilhelm Pieck ». Deux professeurs de l’École, Erich Rammler et Georg Bilkenroth, ont obtenu en 1951 le Premier Prix de la RDA pour leurs recherches en génie des procédés (gazéification), ayant abouti au four à pyrolyse du lignite.
L’École depuis la Réunification
Le slogan Glück Auf à l'entrée du campus.
Dans le cadre de la Réunification allemande, l’infrastructure matérielle et réglementaire de l’École des Mines a été revue entièrement. Récemment, l’UTU Bergakademie Freiberg (TUBAF en abrégé) a étendu ses compétences au domaine des semi-conducteurs, ce qui a incité plusieurs entreprises du secteur (Siltronic AG, Deutsche Solar – une filiale de SolarWorld AG) à s'installer à Freiberg. Outre les sciences de la terre et des matériaux, TUBAF continue de promouvoir les sciences de l'Environnement. Freiberg, avec sa spécialisation au recyclage des matériaux, s'impose dans le monde de la recherche comme une grande école moderne, tournée vers l'écologie.
Depuis 2003, la TUBAF décerne le Prix Hans-Carl-von-Carlowitz financé par l'association des partenaires industriels du Centre Interdiciplinaire d’Écologie (IÖZ) : ce prix couronne des « réalisations remarquables dans le domaine de la recherche en Environnement au sein de l’École des Mines. » Il vise à promouvoir les recherches des étudiants et anciens étudiants, mais aussi à faire connaître l'œuvre d’Hans Carl von Carlowitz.
La TU Bergakademie Freiberg est aujourd'hui reconnue au plan international dans le domaine des Sciences de la Terre. Depuis le rattachement de la RDA à la République Fédérale, l’université se positionne dans le domaine des ressources naturelles. Elle dispense une formation essentiellement orientée sur les sciences de la terre, les matériaux, les économies d'énergie et la connaissance des milieux environnementaux.
Depuis octobre 2008, la collection de minéraux de l'Ecole des Mines, l'une des plus importantes au monde, a été transférée au château de Freudenstein. L'exposition permanente terra mineralia a été rendue possible par un prêt permanent de la Suissesse Erika Pohl-Ströher.
Parmi les filières accessibles aux étudiants, on trouve l'archéologie industrielle (enseignement dispensé exclusivement à Freiberg pour ce qui concerne l'Allemagne), et deux cursus de maîtrises en anglais : International Management of Resources and Environment (IMRE) et International Business in Developing & Emerging Markets (IBDEM).
Fondations
Grâce au Fonds Dr.-Erich-Krüger, la TU Bergakademie Freiberg a reçu en décembre 2006 avec un don de 3 M€ la plus importante donation conférée à une école supérieure d'Etat en Allemagne. Avec les contributions immobilières de l'entrepreneur Peter Krüger (originaire de Freiberg et ancien étudiant), l’université dispose de moyens suffisants pour moderniser les équipements de recherche et subventionner les boursiers.
Krüger, qui venait d'être élu président d'honneur, est décédé le 13 juillet 2007, à Munich.
Au début de 2007, un nouveau fonds a été ouvert au profit de TUBAF par la société SolarWorld AG spécialisée dans la cellule photovoltaïque. Il sera mis à disposition de la faculté de Chimie et de physique.
À l'automne 1996, un « Centre Interdiciplinaire d’Écologie » (IÖZ) a ouvert ses portes.
Pour l'année universitaire 2009-10, on compte 5000 étudiants inscrits à la TU Bergakademie, dont 30 % d'étudiantes et 8 % d'étudiants étrangers. Il y a au total 27 filières différentes (2009), qui ont été reformatées conformément au cursus Licence/Master/Doctorat imposé par le Processus de Bologne. La TUBAF se distingue par son ouverture vers les applications industrielles et se multiples coopérations avec les partenaires privés, ce que reflète à la fois le nombre de ses étudiants, et des contrats de recherche représentant au total 35 millions d'euros pour la seule année 2008.
La TU Bergakademie Freiberg est l'un des organismes co-fondateurs de l’Institut Supérieur International de Zittau (IHI) créé en 1993, et elle est à l'initiative du regroupement des établissements d'enseignement supérieur de Saxe, le SAXEED.
Bâtiments et campus
L'exploitation « Reiche Zeche ».
La bibliothèque universitaire de l’École.
L’École des Mines de Freiberg est un campus universitaire, dont la plus grande partie se trouve au nord de la ville de Freiberg. Mais il y a toujours quelques bâtiments dans le centre-ville, comme par exemple les locaux historiques dans Akademiestrasse (voir photo), la médiathèque dans Prüferstrasse, l'association estudiantine Alte Mensa dans Petersstrasse, l'immeuble Werner dans la Brennhausgasse (abritant l'Institut de Mineralogie, ainsi que les collections minéralogiques et les cartes historiques), les bâtiments du n°45 de la Lessingstrasse (abritant les classes d'économie et l'institut de langue), sans compter les autres locaux installés autour du terril de la mine pédagogique dite « Reiche Zeche ».
Depuis octobre 2008, la collection de minéraux de l'Ecole des Mines, l'une des plus importantes au monde, a été transférée au château de Freudenstein. L'exposition permanente terra mineralia a été rendue possible par un prêt permanent de la Suissesse Erika Pohl-Ströher.
L’École des Mines mine gère le patrimoine minier de la « Reiche Zeche » et de l’« Alte Elisabeth », deux anciens placers ouverts aux visiteurs et où l'on enseigne également l'archéologie industrielle.
L'Observatoire Sismologique de Berggießhübel est géré par l'Institut de Géophysique de l’École des Mines de Freiberg.
Coopérations internationales
L’École des Mines de Freiberg entretien aujourd'hui 42 accords de coopération avec d'autres grandes écoles et universités. Parmi les célèbres universités et écoles des Mines associées, citons :
RWTH d’Aix-la-Chapelle
Technische Universität Clausthal
Colorado School of Mines (USA)
École des Mines de Cracovie »Stanislaw Staszic« (Pologne)
(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « »
Festschrift zum hundertjährigen Jubiläum der königl. Sächs. Bergakademie zu Freiberg am 30. Juli 1866. Dresden. Digitalisat (pdf, 9.72 MB)
Bergakademie Freiberg – Festschrift zu ihrer Zweihundertjahrfeier 13. Nov. 1965., 2 Bde., Leipzig.
Fathi Habashi: The first schools of mines and their role in developing the mineral and metal industries – Part 1 – 4. Bull. Can. Inst. Min. & Met., 90 (1015): 103–114; 91 (1016): 96–102; 91 (1017): 96–106; 92 (1032): 76–78; Montreal 1997, 1998, 1999.
Walter Hoffmann (Hg.): Bergakademie Freiberg – Freiberg und sein Bergbau. Die sächsische Bergakademie Freiberg. Reihe Mitteldeutsche Hochschulen Bd. 7, Weidlich-Verlag, Frankfurt am Main 1959.
Eberhard Wächtler, Friedrich Radzei: Tradition und Zukunft. Bergakademie Freiberg 1765–1965. Freiberg 1965.
Otfried Wagenbreth (1994): Die Technische Universität Bergakademie Freiberg und ihre Geschichte. Dargestellt in Tabellen und Bildern. Deutscher Verlag für Grundstoffindustrie, Leipzig/Stuttgart 1994, ISBN 3-342-00562-9