Les ERLM sont utilisés pour détecter différents types de rayonnements ou particules, dans différents domaines de la physique nucléaire, tels qu'en radiologie médicale, en métrologie nucléaire ou en CND (Contrôle Non Destructif industriel). Pour la détection des particules bêta de faible énergie et les Alpha, trop facilement atténués, l'ERLM généralement proposé par les fabricants est dépourvu de sa couche protectrice. En neutronographie, et plus généralement en détection neutronique, la couche active est enrichie de gadolinium afin d'augmenter son efficacité (on peut également se contenter de plaquer un écran à forte teneur en hydrogène devant un ERLM classique). Enfin, les ERLM sont sensibles à une grande gamme d'énergies de particules bêta et de rayonnements X ou gamma, comprise entre quelques KeV et plusieurs dizaines de MeV (au-delà d'énergies X et gamma de 200 KeV, c'est-à-dire pour des énergies à grand pouvoir de pénétration, il devient souhaitable d'utiliser un écran métallique à Z élevé plaqué devant l'ERLM pour améliorer son efficacité de détection : écrans Pb, Ta, qui favorisent la production d'électrons à faible pouvoir de pénétration ..). Ils sont efficaces et linéaires dans une très large dynamique d'exposition s'étendant des très bas niveaux de dose, tel que le rayonnement naturel, jusqu'à plusieurs Gray (la radio-résistance de la couche sensible est typiquement limitée à une dose absorbée de l'ordre d'une dizaine de Gray). Cette large dynamique de réponse linéaire à une exposition fait en sorte qu'une erreur sur les constantes d'exposition sera bien plus facilement tolérée par un ERLM que par un film argentique dont la courbe sensitométrique de type sigmoïde a une dynamique de 2 décades seulement.
Les ERLM et les scanners associés trouvent d'autres applications importantes, notamment en biologie moléculaire ou dans le domaine de la diffraction de rayons X.
La résolution des ERLM s'approche de celle obtenue avec les films argentiques dans la plupart des applications. À faible dose (< 1 mGy), nécessitant des films très rapides associés à des écrans renforçateurs, les images obtenues avec les ERLM sont généralement mieux résolues. A dose moyenne, la grande sensibilité et la dynamique linéaire importante des ERLM compense largement sa résolution limitée. A plus forte dose (> 1 Gy), certains films à simple émulsion permettent d'observer des détails plus fins et mieux contrastés (du fait de la non linéarité du film).
Le processus de création d'une image confère d'autres avantages aux ERLM, vis à vis des films argentiques :
- Les ERLM peuvent être exposés à la lumière dès lors qu'aucune image latente n'est mémorisée dans sa couche sensible. Ceci rend le stockage des écrans et les manipulations aisées (exemple : chargement des cassettes). Lorsqu'une image est mémorisée, il n'est pas utile d'utiliser une chambre noire pour décharger la cassette : une intensité lumineuse inférieure à 10 lux, soit approximativement l'éclairement d'une nuit de pleine lune, est alors tolérée lors des manipulations qui ne doivent toutefois pas être trop longues (la plupart des fabricants proposent aujourd'hui, notamment pour la radiologie médicale, des appareils à déchargement et lecture automatique, ce qui évite toutes manipulations à la lumière des écrans exposés) ;
- Aucun produit chimique n'est nécessaire durant le processus de création de l'image, ce qui supprime les coûts d'évacuation et de retraitement des déchets chimiques et préserve l'environnement ;
- Le format numérique des images permet une exploitation très élaborée et ciblée quasi immédiate, notamment au moyen de logiciels toujours plus performants de traitement rapide d'images et d'aide au diagnostic (CAD). Les images et résultats peuvent être partagés sur les réseaux informatiques (internet, DICOM) en vue de traitements, diagnostics, et d'archivages (PACS), intra ou extra-laboratoires/hôpitaux.