Église Saint-Étienne de Dijon

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Introduction

Église Saint-Étienne de Dijon
Vue générale de l'édifice
Latitude

Longitude
47° 19′ 15″ Nord

5° 02′ 39″ Est / 47.320896, 5.044091
PaysFrance France
RégionBourgogne
DépartementCôte-d'Or
VilleDijon
CulteDésaffectée (anciennement catholique romain)
TypeÉglise
Début de la constructionXV siècle
Fin des travauxXV siècle
Autres campagnes

de travaux
XVII siècle : restauration ; XVIII siècle : façade.
Style(s) dominant(s)Gothique

L'église Saint-Étienne est une ancienne église catholique de Dijon qui abrite aujourd'hui le musée Rude et des locaux de la Chambre de commerce et d'industrie. L'église date du XV siècle et restaurée au 17eme, sa façade actuelle de style jésuite est du XVIII siècle.

L'église fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1862.

Aperçu historique

La communauté des chanoines réguliers de Saint-Étienne de Dijon représente un sujet d'étude riche en possibilités ; depuis la vaste Histoire... de l'abbé séculier Claude Fyot (1662-1721), l'abbaye n'a guère fait l'objet de plus amples recherches – hormis la synthèse jamais publiée du chanoine Sébille, écrite au début du XX siècle. De fait, l'histoire de cette communauté semble occuper, dans la mémoire locale, une place semblable à la situation de l'église dans la ville d'aujourd'hui : trop discrète et trop peu remarquée.

Cette histoire n'est pourtant pas anodine : du haut Moyen-Âge jusqu'au XII siècle, Saint-Étienne fut le siège d'une communauté de clercs séculiers – et ponctuellement le lieu de résidence des évêques de Langres entre la fin du Ve et la fin du VI siècle. Réformée au début du XII siècle pour accueillir des chanoines réguliers placés sous le patronage nouvellement redécouvert de saint Augustin, Saint-Etienne conserva ce régime jusqu'au XVII siècle, malgré un changement notable : la mise en commende de l'abbaye après l'abbatiat d'Antoine Chambellan (1497-1509). Sécularisée en 1613, l'église fut brièvement le siège du chapitre cathédral après de la création du diocèse de Dijon (1731) ; le bâtiment fut désaffecté pendant la Révolution, et ce jusqu'à l'installation dans une partie de sa nef de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Dijon, à la fin du XIX siècle.

Saint-Étienne a donc depuis longtemps perdu tout caractère religieux, ce qui a certainement contribué à l'effacement de sa « mémoire ». De plus, la sobre façade de l'époque moderne contraste grandement avec l'église proche de Saint-Michel, ou encore avec Notre-Dame et Saint-Bénigne ; la transformation de Saint-Etienne, de lieu de culte en lieu profane, ainsi que sa relative discrétion dans le paysage urbain dijonnais, font que le rôle éminent joué par l'abbaye tout au long du Moyen-Âge a été en partie oublié. Pourtant, comme sa prestigieuse rivale Saint-Bénigne, Saint-Etienne était une abbaye urbaine importante, dotée de nombreuses possessions dans la région ; en outre, l'abbé de Saint-Etienne avait sous son contrôle une partie du réseau paroissial dijonnais et des environs, et détenait depuis le début du XII siècle le monopole des marchés de la ville. Au niveau local, l'abbaye était donc l'un des établissements religieux les plus importants de la région, non seulement du fait de ses « pouvoirs » et de son statut, assez peu représenté en Bourgogne, de communauté de chanoines réguliers, mais encore du fait de son indépendance presque complète par rapport à l'évêché de Langres.

Bibliographie

  • Thierry Auclair, Saint-Etienne et ses paroisses, mémoire de maîtrise dactylographié, Dijon : Université de Bourgogne, 1995.
  • Laurent Durnecker, « Les reliques de Saint-Etienne de Dijon du XIe au XVe siècle : constitution, enrichissement et mise en valeur d'un patrimoine sacré », éd. Jean-Luc Deuffic (éditeur), Reliques et sainteté dans l'espace médiéval, PECIA, vol. 8-11, 2005 (p. 439-456).
  • Abbé Claude Fyot de la Marche, Histoire de l'église abbatiale et collégiale de Saint-Etienne de Dijon, avec les preuves et le pouillé des bénéfices dépendans de cette abbaie, in-f°, Dijon : Jean Ressayre Imprimeur et Libraire, 1696.
  • Julien Guillot, Vie commune et régularité à Saint-Etienne de Dijon, XIIe-XVe siècles, mémoire de master dactylographié, Dijon : Université de Bourgogne, 2006.
  • Jean Marilier, « Divionensium canonicorum vindicatio contra monachos sancti Benigni, contibution à l'étude topographique du Dijon médiéval », in Mélanges E.-R. Labande. Études de civilisation médiévale, Poitiers : C.E.S.C.M., 1974 (p. 521-528).
  • Jean-Charles Picard, « Langres et Dijon au Moyen Age : christianisation et réseau urbain en Bourgogne », in La Bourgogne : études archéologiques. Actes du 109e Congrès National des Sociétés Savantes (Dijon, 1984. Section d'archéologie et d'histoire de l'art, I), Paris : C.T.H.S., 1984 (p. 85-99).
  • Christian Sapin, « L'abbatiale Saint-Etienne de Dijon et ses cryptes », Congrès Archéologiques de France, 152e session, Côte-d'Or, 1994, Paris, 1997 (p. 259-267).
  • chanoine A. Sebille, Histoire du chapitre collégial et cathédral de l'église Saint-Etienne, puis de l'église Saint-Bénigne de Dijon (Bibliothèque Municipale de Dijon, mss. 1806-1807).
  • Dominique Viaux, La vie paroissiale à Dijon à la fin du Moyen Age, Dijon : Éditions Universitaires de Dijon, 1988 (226 p.).