Introduction
L'électrodynamique des milieux continus décrit les phénomènes électromagnétiques macroscopiques se déroulants au sein d'un milieu matériel, décrit comme un milieu continu.
L'électrodynamique des milieux continus décrit les phénomènes électromagnétiques macroscopiques se déroulants au sein d'un milieu matériel, décrit comme un milieu continu.
Si l'on regarde la matière de « très près » (échelle nanoscopique), la matière est granulaire, faite d'atomes. Mais à l'œil nu (donc en se plaçant à notre échelle macroscopique), un objet solide ou fluide semble continu, c'est-à-dire que ses propriétés semblent varier progressivement, sans à-coups.
L'hypothèse des milieux continus consiste à considérer des milieux dont les propriétés caractéristiques qui nous intéressent — densité, élasticité, etc. — sont continues. Une telle hypothèse permet d'avoir recours aux outils mathématiques reposant sur les fonctions continues et/ou dérivables.
Des hypothèses supplémentaires peuvent éventuellement être faites ; ainsi un milieu continu peut être :
Les grandeurs électromagnétiques dépendent des variables d'espace et de temps , ou de la fréquence normalisée ω (régime harmonique). Ces grandeurs sont réelles mais peuvent être notées par des grandeurs complexes.
| Grandeur | Dénomination | Unités SI |
|---|---|---|
| ou | Vecteur champ électrique | Volt par mètre : V.m |
| ou | Vecteur induction électrique | Coulomb par mètre carré : C.m |
| ou | Densité de charge électrique | Coulomb par mètre cube : C.m |
| ou | Vecteur polarisation | Coulomb par mètre carré : C.m |
| ou | Permittivité absolue du milieu continu | Farad par mètre : F.m |
| ε0 | Permittivité du vide | Farad par mètre : F.m |
| Grandeur | Dénomination | Unités SI |
|---|---|---|
| ou | Vecteur champ magnétique | Ampère par mètre : A.m |
| ou | Vecteur induction magnétique | Weber par mètre carré : W.m , ou Tesla : T |
| ou | Vecteur densité de courant | Ampère par mètre carré : A.m |
| ou | Vecteur aimantation | Ampère par mètre carré : A.m |
| ou | Perméabilité absolue du milieu continu | Henry par mètre : H.m |
| μ0 | Perméabilité du vide | Henry par mètre : H.m |
Remarque : selon les auteurs et les sources, le champ magnétique est désigné par ou . Historiquement, fut désigné comme "champ magnétique", et comme "induction magnétique", cependant aujourd'hui désigne le champ magnétique dans le vide. En fait, il faut faire la distinction entre les conditions du vide ou d'un milieu microscopique (équivalent au vide localement), et les conditions d'un milieu matériel mésoscopique ou macroscopique. Dans le vide, et désignent la même chose (à une constante près μ0) et la notion "d'induction magnétique" n'a pas vraiment de sens, et désignent donc la même chose, le "champ magnétique". Dans un milieu matériel, c'est qui est mesuré et qui à les propriétés mathématiques d'un champ vectoriel (comme le champ électrique), la terminaison "champ magnétique" est donc préférablement attribuée à pour les milieux matériels.
| Grandeur | Dénomination | Unités SI |
|---|---|---|
| Différentielle orientée de chemin Vecteur | Mètre : m | |
| Différentielle orientée de surface | Mètre carré : m | |
| d**V | Différentielle de volume V | Mètre cube : m |
| Opérateur différentiel Nabla | Par mètre : m |
Remarque; Selon les auteurs on trouve parfois le vecteur A () pour la surface mais cela pose un risque de confusion avec le potentiel vecteur noté de la même manière. C'est pourquoi on utilise S ici.
En général, afin de décrire l'électrodynamique des milieux, l'on pose les 3 postulats fondamentaux suivants:
Quel que soit le milieu continu, les équations dites de Maxwell permettent de décrire l'évolution des grandeurs électromagnétiques dans ce milieu, et s'écrivent dans le système international des unités comme :
| Loi | Forme "intégrale" | Forme "locale" |
|---|---|---|
| Loi d'induction de Faraday | ou | |
| Loi de Maxwell-Ampère | ou | |
| Loi de Gauss | ou | |
| Absence de monopôles magnétiques | ou |
Les relations précédentes gouvernent l'évolution des grandeurs électromagnétiques dans chaque milieu continu, toutefois il est donc nécessaire d'y ajouter les règles qui décrivent le passage d'un milieu à l'autre :
| Relation de passage | Forme "locale" |
|---|---|
| Continuité de la composante tangentielle de | |
| Saut de la composante tangentielle de | |
| Saut de la composante normale de | |
| Continuité de la composante normale de |
Où et ρs représentent respectivement le vecteur densité superficielle de courant, et la densité superficielle de charge, qui peuvent exister à l'interface séparant les deux milieux.
A noter que ces relations de passage ne sont pas indépendantes des équations de Maxwell, elles peuvent très bien en être déduites tout naturellement. Une démonstration rigoureuse existe au sens mathématique en utilisant la théorie des distributions de L. Schwarz, et en considérant que les équations de Maxwell sont vraies au sens des distributions. Cependant, pour des raisons pratiques, il est beaucoup plus commode de considérer séparément les équations de Maxwell prises au sens des fonctions, et les relations de passage.
Voir l'article sur la Force électromagnétique ou Force de Lorentz. Dans un milieu continu, cela permet d'expliquer l'effet Hall ou la force de Laplace.
Les équations de Maxwell citées ci-dessus sont vraies a priori dans un milieu quelconque, et donnent la dynamique des champs. Cependant, elles ne permettent pas de caractériser complètement le problème, puisque le système à résoudre contient plus d'inconnues que d'équations. Il faut donc émettre des hypothèse supplémentaires qui relient les champs , , et entre eux, via les propriétés physiques (permittivité, perméabilité, conductivité) du milieu continu considéré. Ces relations de physiciens sont appelés "relations de constitution" du milieu.
où et sont des matrices 3x3, appelées respectivement permittivité absolue du milieu, et perméabilité absolue du milieu. Dans l'expression des champs dans l'espace spatiale réciproque (transformée de Fourier en trois dimensions), le produit de convolution serait remplacé par un simple produit.
Échappent à ces relations, entre autres, les milieux non linéaires (avec par exemple qui dépend des termes quadratiques de ), et les milieux dits "chiraux" (par exemple dépend de mais aussi de ).
Échappent à ces relations (milieux inhomogènes), par exemple, les milieux dont les propriétes sont influencées par un gradient de température, ce qui donne le phénomène de mirage.
Échappent à ces relations (milieux anisotropes), par exemple, les milieux biréfringents (la matrice est diagonale, mais avec des coefficients différents), milieux gyrotropes...
Un milieu parfait par excellence est le vide. Les relations de constitution du vide s'écrivent :
où ε0 et μ0 sont des constantes universelles appelées respectivement permittivité du vide et perméabilité du vide.
Il est possible de "construire" les relations de constitution des milieux continus en partant des relations de constitutions du vide. Bien que cette construction ne soit pas universelle, puisqu'on suppose que le milieu continu est aussi linéaire, elle a pour intérêt d'être esthétique et pratique. Elle consiste à dire que si on applique au milieu un champ électrique extérieur, la matière à l'intérieur du milieu peut "se polariser" par rapport à ce champ, et ainsi créer un champ supplémentaire appelé polarisation . De même, en présence d'un champ magnétique extérieur, la matière à l'intérieur du milieu peut "s'aimanter" par rapport à ce champ, et ainsi créer un champ supplémentaire appelé aimantation .
Comme est engendré par l'action du champ sur la matière, est fonction de et varie de manière linéaire par rapport à celui-ci. Il en est de même pour par rapport à . Ce que l'on peut résumer sous la forme :
Où et sont désignés respectivement comme la susceptibilité électrique, et la susceptibilité magnétique du milieu. Elles sont caractéristiques du milieu, et le définissent en quelque sorte. Ce sont des matrices 3x3, dont les coefficients sont sans dimension, il en ressort que la polarisation et l'aimantation résultantes ne sont pas forcément orientés comme le champ électromagnétique extérieur qui les a engendré. Il vient :
Il est commode alors de définir les grandeurs suivantes :
Respectivement la permittivité relative et la perméabilité relative du milieu. Ce sont aussi des matrices 3x3 dont les coefficients sont sans dimension. Il est très utile de définir ces grandeurs qui servent le plus souvent dans les équations et les calculs en électrodynamique des milieux continus (plus que les susceptibilités).
Enfin en définissant les grandeurs et , on retombe sur la permittivité absolue et la perméabilité absolue définie dans le cas des milieux continus linéaires. On retrouve alors les relations de constitutions d'un milieu linéaire (premières relations énoncées) :