Étoile variable

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Introduction

Eta Carinae, dans la nébuleuse de l’Homoncule, est une étoile hypergéante variable bleue, dite aussi de type S Doradus.

Une étoile variable est une étoile dont la luminosité varie.

Alors que la plupart des étoiles sont de luminosité presque constante, comme le Soleil qui ne possède pratiquement pas de variation mesurable (environ 0,1 % sur un cycle de 11 ans), la luminosité de certaines étoiles varie de façon perceptible pendant des périodes de temps beaucoup plus courtes.

Historique

Cette variation de luminosité fut découverte au XVI siècle lors de l'apparition de la supernova de 1572 par Tycho Brahe et l'observation de l'augmentation et la diminution régulière de l'éclat de l'étoile Mira (o Ceti) en 1596. On découvrit de plus en plus d'étoiles variables au fur et à mesure de l'amélioration des instruments d'observation ; actuellement, les catalogues, dont le plus important est le General Catalogue of Variable Stars, contiennent plus de 40 000 étoiles variables ou suspectées de l'être.

À l'origine, la luminosité des étoiles était déterminée visuellement en comparant une étoile avec ses voisines. Plus tard, le développement de la photographie permit de comparer ces luminosités sur une plaque photographique. Actuellement, elles sont mesurées précisément à l'aide d'un détecteur photoélectrique ou à l'aide de caméra CCD.

Ces luminosités sont tracées sur un graphe nommé courbe de lumière qui représente la magnitude en fonction du temps. Ce graphe permet de déterminer l'amplitude des variations et leur période. L'enregistrement de ces courbes de lumière est un des seuls domaines de l'astronomie où les amateurs peuvent réellement aider les professionnels, voire effectuer du vrai travail de recherche.

Classification

Strictement parlant, toutes les étoiles sont variables car leur structure et leur luminosité changent avec leur évolution, mais en général ces changements sont très lents. Toutefois, pour certaines phases évolutives, les variations peuvent être extrêmement rapides ou être périodiques, comme la pulsation de la couche externe de certaines étoiles. D'autres petites variations de luminosité peuvent être causées par des taches froides ou chaudes à la surface de l'étoile qui apparaissent et disparaissent avec la rotation de l'étoile sur elle-même. Pour cette raison, le Soleil est une étoile très faiblement variable à cause des taches solaires et il est fort probable que la plupart des étoiles possèdent des taches similaires.

Les étoiles variables sont classées en deux grands groupes, eux-mêmes subdivisés en une multitude de sous-groupes portant généralement le nom d'une étoile qui les caractérise :

Étoiles variables intrinsèques

Ce sont des étoiles dont les variations de luminosité sont provoquées par des changements de la structure même de l'étoile. Une étoile variable intrinsèque peut être rattachée à différents types suivant son comportement :

Variables pulsantes

Les étoiles pulsantes renferment la plus grande partie des variables. Ces étoiles présentent une variation périodique de leur volume, ce qui se traduit par une modification de leur luminosité :

TypePériodeVariation (en magnitude)Commentaire
Céphéide1 à 70 joursRelation étroite entre la période et la luminosité
W Virginis1 à 70 joursSimilaires aux céphéides, mais concernant des étoiles de population II
Mira80 à 1 000 jours2,5 à 11Période et variation extrêmement précises
RR Lyrae0,05 à 1,2 jours0,3 à 2
α Cygni5 à 10 jours< 0,1Pulsations non-radiales
δ Scuti0,25 à 5 heures0,003 à 0,9
β Cephei3,5 à 6 heures0,1 à 0,3
RV Tauri30 à 150 joursPrésente deux minima successifs distincts
Variable semi-régulière20 à 2 000 joursvariableGéantes ou supergéantes dont les variations de luminosité, sans être erratiques, sont peu prévisibles

Variables par rotation

Les étoiles variables par rotation voient leur luminosité varier par la présence de taches sombres ou claires à leur surface. Ainsi, lorsque l'étoile tourne sur elle-même, plus ou moins de lumière arrive jusqu'à nous.

TypePériodeVariation

(en magnitude)
Commentaire
α Canum Venaticorum0,5 à 160 jours0,01 à 0,1Étoiles possédant un fort champ magnétique
BY Draconis1 heure à 120 jours0,01 à 0,5Parfois éruptives
Variable ellipsoïdale< 0,2Étoiles binaires tellement proches qu'elles sont déformées
FK Comae Berenicesquelques jours0,01 à 0,1Étoiles géantes à rotation rapide
SX Arietis0,1Étoiles chaudes possédant un fort champ magnétique et un déséquilibre en hélium

Variables éruptives (anciennement appelées variables irrégulières)

Une étoile variable éruptive connaît une activité soutenue dans sa chromosphère ou sa couronne qui provoque des variations de luminosité impossibles à prévoir et qui peuvent s'accompagner d'un fort vent stellaire ou d'éjections de matière. Les principaux types de variables éruptives sont :

TypeCommentaire
FU OrionisÉjections de matière, variations graduelles de plusieurs magnitudes sur plusieurs mois
γ CassiopeiaeRotation rapide, éjections d'anneaux ou de coquilles de matière
γ Orionis
R Coronae BorealisSupergéantes, diminution de luminosité causée par l'éjection de matière carbonée
RS Canum Venaticorum
S DoradusSupergéantes bleues très lumineuses
T TauriÉtoiles très jeunes, presque en formation
UV CetiÉtoiles orange ou jaunes, variations de plusieurs magnitudes sur quelques secondes
Étoile Wolf-RayetÉtoiles chaudes et massives à un stade d'évolution avancé
YY Orionis

Étoiles variables extrinsèques

La variation de luminosité des étoiles variables extrinsèques, telle qu'observée par un observateur terrestre, est due à une cause externe à l'étoile et non pas à une modification de ses propriétés.

Variable optique (ou à éclipses)

La cause principale de variabilité extrinsèque est la présence d'une autre étoile autour de l'étoile principale, formant à elles deux une étoile double. Vue sous un certain angle, une de ces deux étoiles peut à intervalles réguliers éclipser l'autre, provoquant ainsi une diminution de la luminosité totale.

TypeCommentaire
AlgolComposants sphériques
β LyraeComposants proches déformés par les forces de marée
W Ursae MajorisComposants presque en contact

Variables cataclysmiques (anciennement appelées variables éruptives)

Schéma d'une variable cataclysmique.

Une étoile variable cataclysmique voit sa luminosité évoluer brusquement, généralement sur plusieurs magnitudes, par la suite de phénomènes physiques extrêmement violents.

Dans certains systèmes binaires, les deux étoiles sont si proches l'une de l'autre que la force de gravitation de l'étoile la plus massive arrache une partie de la matière de sa compagne. Dans de nombreux cas, cette masse forme un disque d'accrétion. Ces systèmes sont appelés système binaire en interaction. La distance en deçà de laquelle cette situation peut arriver correspond au « Lobe de Roche » de l'étoile, d'après Édouard Roche, l'astronome ayant créé la théorie de ce genre de système.

Sur l'étoile la plus massive, l'arrivée de cette masse supplémentaire et de composition différente peut, par le déclenchement de réactions nucléaires, provoquer divers phénomènes, parfois cataclysmiques. Les novae classiques, dites aussi récurrentes, sont une des formes les plus spectaculaires de ce phénomène qui se manifeste par d'intenses variations de luminosité. Les novae naines sont une autre catégorie de variables cataclysmiques dont les variations de luminosité, moins spectaculaires, seraient provoquées par une variation de taux d'accrétion dans le disque.

Les variations de luminosité peuvent aussi se produire dans d'autre partie du spectre électromagnétique que le visible, notamment dans le domaines des rayons X. Dans les systèmes nommés binaires X qui seraient constitués d'une étoile normale ou en fin de vie, appelée étoile secondaire et d'une étoile compacte, tel qu'une naine blanche, une étoile à neutrons, voire un trou noir, appelée étoile primaire ; l'interaction de la matière provenant de l'étoile secondaire et de l'intense champ gravitationnel de l'étoile primaire produit une énorme quantité d'énergie dont une partie nous parvient sous forme de rayons X.

TypeCommentaire
NovaExplosion suite à la fusion de l'hydrogène à la surface d'une naine blanche
Nova récurrenteÉtoile ayant manifesté au moins deux explosions de type nova
Variable cataclysmique magnétiqueSystème binaire où une naine blanche possède une fort champ magnétique
Étoile symbiotiqueSystème binaire présentant un transfert de matière de l'une des composantes à l'autre, par vent stellaire ou éjection coronale
AM HerculisVariable cataclysmique magnétique où le champ magnétique de la naine blanche synchronise sa rotation avec sa période orbitale et crée un « couloir » d'accrétion provenant de son compagnon
DQ HerculisSimilaire à une variable de type AM Herculis, sans synchronisation
U GeminorumSystème binaire où l'une des étoiles dépasse son lobe de Roche
SS CygniSous-catégorie de U Geminorum
SU Ursae MajorisSous-catégorie de U Geminorum présentant en plus des flashes de très forte intensité
Z CamelopardalisSous-catégorie de U Geminorum où la luminosité de l'étoile peut demeurer constante longtemps après un flash
Z AndromedaeÉtoile symbiotique où l'une des composantes, très chaude, ionise une partie de l'enveloppe de gaz de l'autre
Binaire XÉtoile double théorique formée d'un trou noir et d'une étoile à neutrons
SupernovaFin de vie violente d'une étoile massive à la suite de l'explosion de celle-ci. Classée dans les variables cataclysmiques, il ne s'agit pas d'une variation extrinsèque.