Histoire
La préservation ou sauvegarde d'un bateau consiste à prévenir son vieillissement et à le maintenir en état, sinon de naviguer, du moins de rester à flot. Les raisons peuvent être nombreuses :
- Conservation d'un navire de guerre comme mémorial d'une bataille ou comme fierté nationale ;
- Conservation d'un navire ayant des caractéritiques techniques exceptionnelles, à cause de son grand âge ou de sa rareté, comme le dernier d'un type donné ;
- Conservation pour des raisons sentimentales et / ou esthétiques, notamment pour les grands yachts, les voiliers de croisière et les grands voiliers.
Le plus souvent, la conservation résulte d'une combinaison de ces facteurs. Le bateau peut être conservé en état de naviguer, ou immobile ; dans ce dernier cas, il peut être à flot ou à terre ; dans ce cas, il peut être en plein air ou abrité, par exemple dans un musée.
La conservation de navires n'a commencé sérieusement que dans la 2 moitié du XX siècle ; auparavant, les vieux navires étaient simplement détruits ou abandonnés, avec quelques rares exceptions. La plus ancienne préservation connue est celle du Golden Hind de Francis Drake, suite à son tour du monde de 1577 à 1580. À son retour, suite à son anoblissement, son navire fut mis en cale sèche pour commémorer l'exploit, et ouvert aux visiteurs en tant que navire musée. L'absence de fonds entraîna son abandon et sa destruction. D'autres petits bateaux du XVIII siècle ont été conservés, notamment en Angleterre.
Le premier grand navire à avoir été vraiment préservé est le HMS Victory, navire-amiral de Nelson à la bataille de Trafalgar, gardé symboliquement puisqu'ayant permis la victoire des Britanniques, mais aussi car Nelson mourut à bord. Il resta navire-amiral à flot jusqu'en 1835 puis fut amarré de façon permanente à Portsmouth, où il se détériora petit à petit. En 1908, alors qu'il était en mauvais état, le HMS Neptune entra en collision avec lui, mais le roi Édouard VII le fit réparer. En 1922, un appel public aux dons et la création d'une association dédiée lui permit d'être restauré et mis au sec ; ses différentes parties furent remplacées (les mâts par des mâts d'acier, les boiseries, les canons par des répliques). Aussi, moins de 10% du navire d'origine se retrouve dans l'actuel.
Débats
Le débat est toujours d'actualité à propos du remplacement des parties d'un navire, pour le conserver (problème décrit par le bateau de Thésée). Si le bateau doit continuer à naviguer, certaines pièces devront inévitablement être remplacées, comme sur un navire en exploitation. Une autre question a trait à l'ajout d'équipements plus modernes afin d'assurer la sécurité (radar, système propulsif...), qui peuvent dénaturer l'apparence ou « l'esprit » du bateau.
La plupart des efforts effectués en vue de conserver un bateau sont d'origine privée, par la constitution d'associations, et parfois grâce à l'enthousiasme d'une seule personne : ainsi, le Cutty Sark a dû sa conservation à son rachat par le Capitaine Wilfred Dowman et à son entretien par Frank Carr, directeur du National Maritime Museum de Londres dans les années 1940. Les années 1960 et 1970 ont vu une plus grande implication des organismes publics, que ce soit pour mobiliser l'opinion publique ou pour une levée de fonds. Quand les navires restent à quai ou au sec, ils servent souvent de musées afin de rapporter un peu d'argent ; peu sont rentables.
Si des subventions publiques sont allouées, l'organisme distribuant les fonds définit souvent certains critères permettant d'établir si le bateau est « historique » ou non, puisque c'est la principale raison d'une conservation. Ces critères aident à canaliser les très nombreuses demandes d'aides financières mais ont tendance à négliger les bateaux d'importance locale au profit des navires de guerre qui ont souvent une importance nationale.