Fontaine Saint-Michel

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Introduction

Fontaine Saint-Michel

La fontaine Saint-Michel est une fontaine située dans le 6 arrondissement de Paris, au croisement du boulevard Saint-Michel et de la place Saint-André-des-Arts.

Elle a la particularité d'occuper à elle toute seule un pan entier de façade.

Histoire

Chimère ailée, sculpture de Henri-Alfred Jacquemart.

La fontaine Saint-Michel fait partie du plan d'aération de la ville prévu par Haussmann sous Napoléon III. Le percement du boulevard Saint-Michel dans l'axe de la Sainte-Chapelle entraînait la création d'une place au débouché du pont Saint-Michel, Haussmann a ordonné la mise en place de cette fontaine afin de combler l'angle entre la boulevard Saint-Michel et la place Saint-André-des-Arts et donner un débouché visuel à la perspective du boulevard du Palais. La première idée était d'ériger une énorme statue de Napoléon I mais elle fut abandonnée, et devant l'insistance de la commission municipale — qui voulait rappeler le souvenir de la vieille « chapelle Saint-Michel en la Cité » —, ce fut finalement la lutte du Bien contre le Mal qui fut retenue comme programme : l'archange Michel terrassant le Diable dans un arc de triomphe entouré de chimères ailées.

Elle a été conçue par l'architecte Gabriel Davioud, aidé de Flament, Simonet et Halo. Elle est haute de 26 mètres et large de 15 mètres. La statue de Saint Michel terrassant le Diable, dans la niche centrale, est de Francisque Duret. Les deux dragons crachant de l'eau en contrebas sont dus à Henri-Alfred Jacquemart. Le portique à colonnes est décoré de quatre statues de bronze représentant les vertus cardinales de La Prudence, de Jean-Auguste Barre, La Force, de Eugène Guillaume, La Justice, de Louis Valentin Robert et La Tempérance, de Charles Gumery.

La fontaine Médicis, qui a servi de modèle à Gabriel Davioud.

L'emplacement de la fontaine Saint-Michel était ingrat : en contrebas du pont Saint-Michel, contre un pignon très haut et mal éclairé — plein nord. La composition avec une niche centrale encadrée de quatre colonnes et d'un fronton est une référence à la fontaine Médicis du jardin du Luxembourg. La polychromie a pour but d'équilibrer le manque d'éclairement.

Cette fontaine, dont le chantier a commencé en juin 1858 fut inaugurée le 15 août 1860. Elle fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 16 mars 1926.

Réception critique

Saint Michel terrassant le Diable, sculpture de Francisque Duret.

La critique a été globalement négative à l'inauguration de la fontaine en 1860.

Bien que certains tentent de défendre la fontaine en comparant la polychromie à celle des fontaines italiennes du XVIII siècle. Le style éclectique est attaqué pour son incohérence, sa trop grande profusion de statues de sculpteurs différents qui annule leur talent individuel.

L'emplacement de la statue devant un mur a également été critiqué, on aurait préféré la voir au centre de la place. En fait, la fontaine Saint-Michel est la dernière fontaine-mur construite à Paris dans la tradition renaissante ouverte par la fontaine Médicis au XVII siècle et poursuivie au XVIII siècle avec la fontaine des Quatre-Saisons. Les fontaines monumentales postérieures à la fontaine Saint-Michel sont isolées au centre de places ou de squares.

« Dans ce monument exécrable,
On ne voit ni talent ni goût,
Le Diable ne vaut rien du tout ;
Saint Michel ne vaut pas le Diable. »

— anonyme, quatrain consacré aux sculptures de la fontaine Saint-Michel

Desserte

Ce site est desservi par la station de métro Saint-Michel.
RATP 21 24 27 38 85 96 Balabus OpenTour
 N12 N13 N14 N21 N122 N145
RER

Bibliographie

  • Marie-Hélène Levadé et Hugues Marcouyeau, Les fontaines de Paris : l'eau pour le plaisir - Paris, 2008 -
  • Daniel Rabreau, Paris et ses fontaines - Paris, 1997 -