Avec la citadelle de Blaye et le fort Médoc, le fort Paté constitue l'élément central du triptyque permettant aux secteurs de tirs de se recouper et d'empêcher ainsi le passage des navires ennemis. La carte du Sir Bellin, ingénieur de la marine en 1759 mentionne pour Fort Paté l'armement suivant : 8 pièces de 36 livres, 10 pièces de 24 livres et 2 pièces de 12 livres.
Les pièces d'artillerie les plus lourdes (36 livres) étaient probablement placées sur la batterie basse située au pied du fort et aujourd'hui encore perceptible dans les mouvements du terrain. Depuis cette dernière, on effectuait le tir à « couler bas », dans la ligne de flottaison du navire ennemi. Cette batterie basse était défendue par la galerie de tir rythmée par les 32 meurtrières depuis laquelle la mousqueterie protégeait les artilleurs manipulant les pièces au pied du fort.
Sur la terrasse, on pratiquait le tir à démâter : deux demis-balles reliées entre elles par une chaîne et orientées vers la mature et les voiles du navire.
Sur place, l'évolution des embrasures de tir de la terrasse laissent présager celle de l'artillerie. Leur état actuel (embrasures occultées) atteste du passage d'une fonction défensive liée au tirs à une fonction strictement liée à l'observation depuis ce nouveau chemin de ronde ; le tir se faisant désormais depuis les quatre casemates situées au pied du fort, probablement construites dans la deuxième moitié du XIX siècle.
Avec l'évolution de l'artillerie et notamment de la portée des canons, le verrou verra sa situation géographique évoluer au XIX siècle, plus en amont de l'estuaire.