Forteresse de Mornas

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Introduction

Forteresse de Mornas
Forteresse de Mornas
Période ou stylemédiéval
Typechâteau fort
Début constructionXI siècle
Fin constructionXIV siècle
Propriétaire initialComtes de Toulouse
Destination initialecontrôle de la vallée du Rhône
Protectioninscrit MH le 20 mai 1927
Site Internetwww.forteresse-de-mornas.com
Latitude

Longitude
44° 12′ 20″ Nord

4° 43′ 45″ Est / 44.20548, 4.72913
PaysFrance France
Région historiqueProvence-Alpes-Côte d'Azur
DépartementVaucluse
Commune françaiseMornas

La forteresse de Mornas, dans le département du Vaucluse, se dresse sur un éperon rocheux de la rive gauche du Rhône, dominant le village de Mornas établi à son pied et les environs.

Histoire

L'occupation du site de la forteresse remonte au moins à l'époque romaine. Les vestiges d'un oppidum ont été découverts au sud-est de la forteresse, de même que plusieurs sites contemporains en contre-bas de la montagne.

Mornas est mentionné pour la première fois au IX siècle (Rupea Morenata), et fut tour à tour propriété de l'abbaye d'Aniane, de l'archevêché d'Arles puis des Comtes de Toulouse. Tandis qu'un village se développe au pied de la montagne, le site du castrum se fortifie en continuité avec l'oppidum romain. Ces premières fortifications étaient très probablement en bois..

La forteresse va alors être longuement disputée par les comtes de Toulouse et les archevêques d'Arles, en raison notamment de sa position stratégique. En 1209, pendant la Croisade contre les Albigeois, le comte Raymond V, accusé de sympathiser avec les hérétiques, est forcé de léguer plusieurs de ses places fortes, dont Mornas, à l'Église. Mornas repasse ainsi sous le giron de l'archevêque d'Arles, avant d'être reprise par le Comte de Toulouse jusqu'au Traité de Paris en 1229, selon lequel toutes les possessions comtales à l'Est du Rhône passent sous l'autorité du Roi de France, à l'exception du Comtat Venaissin, et de facto Mornas, qui appartient désormais au pape. Ce dernier confie l'administration du Comté au Roi de France jusqu'en 1274, date à laquelle le pape Grégoire X reprend en main son administration. La forteresse est placée sous la tutelle des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Ces derniers rétrocèdent la forteresse, coûteuse à entretenir, en 1305.

La place-forte jouera un rôle important de défense lors de la Guerre de Cent Ans, notamment contre les "compagnies" de routiers qui ravagent le pays à plusieurs reprise. Ces troubles cessent à la fin du XIV siècle, marquant ainsi le début d'une période d'accalmie qui durera jusqu'à la deuxième moitié du XVI siècle et les Guerres de Religion.

Négligée par l'Église pendant tout ce temps, la forteresse, mal entretenue, tombe facilement entre les mains des troupes protestantes en 1562 dirigées par Montbrun, lieutenant du Baron des Adrets, qui fait précipiter les réfugiés et la garnison du haut de la falaise. Dans les années qui suivent Mornas est alors successivement aux mains des catholiques et des huguenots.

Les troubles cessèrent à la fin du XVI siècle, et la forteresse, perdant son rôle défensif, tombe peu à peu dans l'oubli et l'abandon. À partir de 1977, sa restauration est entreprise sous l'impulsion de l'association des "Amis de Mornas". La réhabilitation se poursuit encore aujourd'hui, et de nombreuses animations et reconstitutions sont proposées pendant la période estivale notamment.

Description

Le site

Perchée sur un escarpement rocheux sur la rive gauche du fleuve, la forteresse fut de tous temps un véritable verrou de la vallée du Rhône.

Les constructions

Tour sud-est

Vue vers le nord

Vue vers le sud

Vue en contre-plongée depuis la Grande Rue du village sur la falaise calcaire

La forteresse est de forme plus ou moins trépazoïdale, dont le grand côté se trouve tourné vers l'ouest et le Rhône. Les différentes parties sont difficilement datables, du fait du style militaire assez uniforme relativement homogène employé dans la construction.

La partie nord est occupée par la forteresse proprement dite : l'accès est protégé par une barbacane suivie d'une chicane, ouvrages pouvant être datés du XIV siècle. Ce dispositif est complété par une casemate datant du XV siècle.

L'intérieur de la partie nord s'organise autour d'une esplanade, bordée à l'est par la porte d'accès, les citernes et les anciens logis, restaurés. Au sud s'élève le donjon, tour quadrangulaire de 20 mètres de haut et 3, 50 par 5, 60 mètres de côté. Son sommet offre un magnifique panorama sur la vallée du Rhône et les environs. Au sud-est de l'ensemble nord se dresse la chapelle, à nef unique de trois travées voûtée en plein cintre sur doubleaux et terminée par une abside en cul-de-four. L'édifice, remontant vraisemblablement à l'époque romane, a été grandement restauré dans les années 1980 (reconstruction de la voûte, déblaiement des gravats). L'abside a été incluse dans le rempart défensif au XIV siècle.

L'ensemble est nord est séparé de la partie sud, ou basse-cour, par deux douves sèches successives. Il s'agit d'une vaste étendue, correspondant à la partie méridionale du promontoire, cernée par une enceinte remontant au XIV siècle et qui se raccordait au système de défense du village proprement dit, en contre-bas. La raison d'être d'une telle superficie fortifiée n'est pas connue.