La gare de Toulouse-Matabiau est la principale gare ferroviaire pour voyageurs de l'agglomération toulousaine et de la région Midi-Pyrénées. Elle est l'élément central du réseau ferroviaire de Toulouse. Elle fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 28 décembre 1984.
La gare, connectée par un réseau de passages souterrains à la station de métro Marengo – SNCF toute proche ainsi qu'à de nombreuses lignes de bus, constitue un important pôle d'échanges pour l'agglomération toulousaine.
Au sein du réseau ferroviaire
Toulouse-Matabiau est au centre d'une « étoile » ferroviaire à six branches constituées par les lignes suivantes (dans le sens des aiguilles d'une montre en partant du nord) :
de Toulouse à Montauban (vers Montauban, Agen et Bordeaux, puis Paris), ligne à double voie électrifiée en 1500 V continu ;
de Toulouse à Saint-Sulpice (voie unique la plus chargée d'Europe) (vers Albi-Ville puis Rodez, ou Villefranche-de-Rouergue puis Capdenac, ou Castres puis Mazamet), ligne à voie unique, non électrifiée. A noter que la portion de voie reliant Toulouse à St Sulpice est en projet de doublement ;
de Toulouse à Narbonne (vers Perpignan ou Marseille puis Lyon ou Nice et l'Italie), ligne à double voie électrifiée en 1 500 V ;
de Toulouse à Foix (vers Latour-de-Carol et l'Espagne), ligne à voie unique électrifiée en 1 500 V ;
de Toulouse à Tarbes (vers Lourdes, Pau, Bayonne et l'Espagne), ligne à double voie électrifiée en 1 500 V ;
de Toulouse à Colomiers (vers Auch), ligne en voie unique partiellement doublée dans l'agglomération toulousaine, non électrifiée.
Elle s'inscrit également dans un complexe ferroviaire comportant :
immédiatement au nord, le chantier de Toulouse-Raynal, ancien triage reconverti en remisage de voitures et atelier de maintenance ;
jouxtant la gare du côté est, le dépôt de Toulouse-Périole ;
à une quinzaine de kilomètres au nord, le triage de Saint-Jory.
Histoire
Durant la première moitié du XIX siècle, le moyen le plus rapide de relier Bordeaux à Sète était de prendre la diligence de Bordeaux à Toulouse, en 18 heures, puis d'emprunter le canal du Midi pour rejoindre Sète en 28 heures.
À cette époque, Toulouse était en retard sur la révolution industrielle, et beaucoup blâment le maire Joseph de Villèle d'avoir refusé le chemin de fer au début du siècle.
En 1853, Émile et Isaac Pereire fondent la Compagnie des Chemins de fer du Midi. Ils ouvrent trois ans plus tard la ligne ferroviaire d'Agen à Toulouse, qui fut bientôt complétée par une ligne de Bordeaux à Sète, en 1857. Pour éviter toute concurrence, la compagnie rachète même les droits d'exploitation du canal du Midi.
Le bâtiment de la gare Matabiau a été construit seulement entre 1903 et 1905, remplaçant la gare primitive : le débarcadère du chemin de fer. Le nom du quartier Matabiau vient de l'ancien marché au boeuf (Matabiau = tuer le boeuf).
Le bâtiment voyageurs que nous connaissons aujourd'hui a été dessiné par l'architecte Toulonnais Marius Toudoire, et a été réalisé en pierre de Saintonge. Les 26 principales villes desservies de Bordeaux à Sète ont chacune leur blason sur la façade.
En 1938, la Compagnie du Midi est fusionnée et nationalisée avec les quatre autres grandes compagnies de chemin de fer nationales (Nord, Est, Paris-Orléans, Paris-Lyon-Méditerranée) pour former la SNCF.
Le bâtiment a fait l'objet d'un remaniement en 1983, juste avant d'être déclaré monument historique.
Depuis 1990, elle reçoit les TGV en provenance de la LGV Atlantique, ramenant Toulouse à 5h à 5h30 de Paris, au lieu de 6h à 7h par la ligne historique passant par Orléans et Limoges.
En 2004, la gare est devenue le terminus nord de la ligne D, une ligne TER Midi-Pyrénées cadencée vers Muret mise en place en collaboration avec Tisséo, la régie des transports en commun toulousains.
Le 7 décembre 2009, un sixième quai a été inauguré, accueillant deux nouvelles voies : les voies 10 et 11. Cette réalisation entend répondre à la saturation de la gare en permettant d'améliorer le service et d'augmenter le nombre de trains (jusqu'à cinquante de plus par jour).
En 2009 elle est fréquentée par 9 millions de voyageurs annuels.
Panorama des voies derrière la Gare Matabiau (à droite sur la photo), pris depuis le parking jouxtant la gare
Matabiau – Gare-SNCF est le terminus nord de la ligne D du réseau de transports en commun toulousain. Cette liaison TER cadencée vers Muret a été mise en place en 2004. À l'instar de la ligne C vers Colomiers, elle devrait être intégrée à la tarification Tisséo, mais ce n'est pas encore le cas.
Correspondances
La gare permet de nombreuses correspondances : avec le réseau urbain de Toulouse, Tisséo (métro et bus), avec le réseau interurbain départemental, Arc-en-Ciel, et régional (TER Midi-Pyrénées). Au nord du bâtiment voyageurs se trouve également un parking payant.
La ligne C pourrait être prolongée jusqu'à Matabiau avec un arrêt à Saint-Agne, mais aucune décision n'est prise à ce jour.
Après l'ouverture d'un sixième quai fin 2009, un septième quai est envisagé. Il sera étudié en 2010 ou 2011.
En 2016 ou 2017, la construction des lignes à grande vitesseSudEurope Atlantique et Bordeaux-Toulouse amèneront la durée de ce trajet à 1 h, de Toulouse-Paris à 3 h et de Toulouse-Lille à 5 h approximativement. Cette ligne aboutirait a priori à Toulouse-Matabiau.
D'ici 2017, le nombre de passagers de Toulouse-Matabiau doublera, atteignant les 14 millions de voyageurs. Un vaste plan d'aménagement urbain de la gare elle-même et des quartiers environnant devrait être mis au point d'ici là.
À l'horizon 2020-2025, une LGV entre Toulouse et Narbonne se connectant à la future LGV Nîmes-Perpignan mettra Toulouse à 1h de Montpellier, 1 h 45 de Barcelone ou de Marseille et 2 h 15 de Lyon.