James Lovelock

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Introduction

James Lovelock en 2005.

James Ephraim Lovelock (né le 26 juillet 1919 à Letchworth (Grande-Bretagne) est un penseur, scientifique et environnementaliste indépendant de nationalité britannique. Il est spécialiste des sciences de l'atmosphère. Il vit actuellement dans le comté de Cornouailles, en Grande-Bretagne.

Biographie

Premiers pas scientifiques : Mars et la Terre

James Lovelock étudie la chimie à l'Université de Manchester avant d'entrer au Conseil de Recherche Médicale (Medical Research Council) de Londres. Dans les années 60, Lovelock était sous contrat avec la NASA et travaillait à mettre au point des instruments pour l'équipe chargée d'explorer les planètes, par des sondes. Il proposa alors l'analyse de l'atmosphère de Mars et soutint assez vite que s'il y en avait une, « il lui faudrait utiliser l'atmosphère pour y puiser des matières premières et évacuer ses déchets ; cela aboutirait à en modifier la composition » . Dès lors, il estima que Mars n'a pu abriter la Vie, ce qui lui valut un certain ostracisme dans le milieu scientifique. Ce premier travail scientifique lui valût d'être mis au ban, notamment par les biologistes.

Lovelock travaille ensuite avec l'éminente biologiste américaine Lynn Margulis, avec laquelle il écrit son premier article scientifique. Il y développe la théorie selon laquelle la Terre est un système de contrôle actif capable de maintenir la planète en homéostasie. Par ailleurs, il découvre les porteurs moléculaires naturels des éléments soufre et iode : le sulfure de diméthyle (DMS) et l'iodure de méthyle, qui deviendront plus tard une brique fondamentale de sa théorie. Seuls quelques spécialistes lui font alors bon accueil ; et Lovelock affronte Richard Dawkins, défenseur international de la théorie de l'évolution darwinienne, à travers son concept de gène égoïste (selfish gene en anglais). Il finit néanmoins par tomber d'accord avec le biologiste évolutionniste quant à l'incompatibilité de son modèle avec les canons darwiniens. « Comme je ne doutais pas de Darwin, quelque chose devait clocher dans l'hypothèse Gaïa » dit-il, revenant du même coup sur sa conjecture.

Daisyworld

Pour démontrer ses postulats, Lovelock réalise alors, avec le géochimiste américain Lee Kump, en 1994 , un modèle informatisé destiné à prouver un mécanisme autorégulateur simple : celui de la température terrestre, régulée par des végétaux. Ce modèle numérique, baptisé Daisyworld ("monde des pâquerettes" en français) montra qu'un système simple tendant à se préserver utilise la biosphère comme agent homéostatique. Par là même, Lovelock et son collègue prouvent que le darwinisme est compatible avec leur modèle numérique.

Le modèle CLAW

En 1986, à Seattle, Lovelock et ses collègues Robert Charlson, M.O. Andreae et Steven Warren, découvrent que la formation des nuages et, par voie de conséquence, le climat, dépendent du DMS, engendré par les algues de l'océan (modèle CLAW, voir le chapitre expériences ayant conduit à l'hypothèse Gaïa). Lovelock découvre alors du même coup l'un des mécanismes de régulation de Gaïa ; pour cette découverte, il reçoit en 1988 le prix Norbert Gerbier de la communauté des climatologues.

Ses travaux scientifiques

C'est dans son article de 1972 que James Lovelock expose sa théorie scientifique selon laquelle la composition de l'atmosphère terrestre est régulée par les êtres vivants, notamment les bactéries. Cet article constituera le point de départ de sa théorie sur Gaïa. Ce sont ses articles publiés en 1974, en collaboration avec Lynn Margulis, qui exposeront l'hypothèse Gaia. Elle fut accueillie avec beaucoup d'indifférence, pour susciter vingt ans plus tard de nombreux débats.

La Geological Society of London lui décerne la médaille Wollaston en 2006 pour la "création d'un champ d'études entièrement nouveau en sciences de la terre", la science du système Terre ou ESS (pour Earth Science System, officialisé lors de la conférence d'Amsterdam pour le Climat, en 2001).

James Lovelock est souvent présenté comme un défenseur de la nature, mais une lecture attentive de ses ouvrages montre qu'en réalité il s'attache surtout à une approche cybernétique du système climatique, qu'il considère de ce fait d'un point de vue utilitaire. Il va même jusqu'à calculer la valeur monétaire de la régulation de la composition de l'atmosphère par les êtres vivants pour montrer à quel point sa destruction pourrait être préjudiciable à l'économie. Enfin, Lovelock est membre de l'Association des Écologistes Pour le Nucléaire (AEPN), car il estime que cette industrie est bien moins dangereuse pour Gaïa que l'usage des combustibles fossiles et que les craintes qui entourent l'industrie nucléaire sont irrationnelles.

Interventions publiques

James Lovelock prend la parole dans le film-documentaire de Pierre Barougier et Olivier Bourgeois Nous resterons sur Terre (sorti en salles le 8 avril 2009) aux côtés de Wangari Maathai, Edgar Morin et de Mikhaïl Gorbatchev.

Distinctions et honneurs

  • Membre de la Royal Society (FRS - 1974)
  • Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique (CBE - 1990)
  • Membre de l'Ordre des compagnons d'honneur (CH - 2003)