Lors de l’établissement des Écoles centrales, le gouvernement français le nomma professeur de physique et de chimie à l’école de Bruxelles. À cette époque, il renonça à l’exercice de la pharmacie, et se fit recevoir docteur à la Faculté de Paris, en 1807. Professeur à l’université de Louvain, il dédia la plus grande partie de sa vie à la pomologie. Fier des quatre mille variétés d’arbres fruitiers de son jardin exceptionnel, il s’adonna principalement à la création de nouvelles variétés de poires (telles que Beurré Diel ou Frédéric de Wurtemberg).
La théorie Van Mons sur la reproduction des arbres fruitiers
Selon Van Mons, tous les fruits que nous consommons sont des fruits artificiels. Le but de la Nature, à l’état sauvage, est simplement de produire des arbres les plus sains possible avec des graines les plus parfaites possibles pour la continuité de l’espèce. Le but des arboriculteurs est donc d’aller contre ce mouvement naturel en affaiblissant les excès de végétation, diminuer la taille et le nombre des graines et augmenter la quantité et la qualité de la pulpe.
Nos arbres fruitiers ont souvent une tendance naturelle à retourner vers l’état sauvage lorsqu’on sème leurs graines. Cette tendance est accrue sur les graines provenant de fruits cueillis sur de vieux arbres. Les graines provenant de jeunes cultivars de qualité sont donc les plus aptes à créer de nouvelles variétés intéressantes.
Tout au long de sa carrière, Van Mons s’est donc attaché à semer les graines issues des premiers fruits de jeunes arbres nés de semis de pépin de cultivars connus. Puis à semer les graines des premiers fruits (à peine mûrs) issus de ces semis. A chaque fois, il transplantait les jeunes semis et taillait leurs racines afin de perturber la croissance et de provoquer des transformations. Il a constaté qu’au fur et à mesure, ces semis produisaient de plus en plus jeunes des fruits d'une qualité qui s’améliorait à chaque génération. La cinquième génération de poiriers mit à fruit à l’âge de trois ans. Il constata que les poiriers sont les plus longs à s’améliorer, nécessitant 5 générations, les pommiers 4 et les pruniers 3.
Pierre-Antoine Poiteau écrivit en 1835 un livre intitulé : Sur la théorie Van Mons, ou notice historique sur les moyens qu’emploie M. Van Mons pour obtenir d’excellents fruits de semis.
Van Mons était associé étranger de l’Académie des sciences de Paris.