Legionella

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Introduction

Légionelles
Culture de Legionella sp. sous UV
Classification
RègneBacteria
EmbranchementProteobacteria
ClasseGamma Proteobacteria
OrdreLegionellales
FamilleLegionellaceae
Genre
Legionella

Brenner et al., 1979

Les bactéries du genre Legionella, les légionelles, sont des bacilles à gram négatif.

Ecologie

Ce sont des bactéries naturellement présentes dans l’eau et dans les boues, responsables d'une maladie respiratoire, la légionellose. Elles colonisent fréquemment les réseaux d’eau, notamment les réseaux d’eau chaude sanitaire ainsi que les tours aéro-réfrigérantes.

Conditions de prolifération

Les légionelles se développent et prolifèrent :

  • dans l’eau stagnante,
  • lorsque la température est comprise entre 25 et 45 °C,
  • en présence de dépôts de tartre ou de résidus métalliques comme le fer ou le zinc,
  • dans le biofilm ou des protozoaires tels que les amibes.

Les légionelles ne se multiplient sans doute pas au-dessous de 20 °C et sont détruites à partir de 60 °C (en condition de laboratoire).

Conditions nécessaires à une contamination

La présence de légionelles dans l’eau n’est pas une condition suffisante pour provoquer la maladie. Trois facteurs doivent être réunis :

  • eau contaminée par Legionella ;
  • dispersion de l’eau par aérosols ;
  • inhalation de l’aérosol.

Aucun cas de légionellose n’a été diagnostiqué suite à l’ingestion d’eau contaminée.

Les taux limites d'alerte sont de 1 000 UFC / Litre de Legionella pneumophila pour l'eau chaude sanitaire et 100 000 UFC / Litre de Legionella spp (toutes espèces pour les Tours aéroréfrigérantes ( NORME AFNOR NFT 90-431 de septembre 2003).

Plusieurs sérotypes peuvent être responsables de Legionelloses. Le sérotype considéré comme étant le plus à risques car étant responsable de près de 90% des legionelloses est le sérotype 1. Les sérotypes 2 à 15 se partagent les 10 % restant de legionelloses. Il existe également d'autres espèces dans le genre Legionella autre que pneumophila, que l'on appelle couramment Legionella spp dont le risque infectieux est fortement discuté par les hygiénistes et infectiologues. Cependant la présence de Legionella spp, démontre que les conditions du réseaux sont optimales à la multiplication de Légionelles et donc potentiellement de Legionella pneumophila.

Mode de vie

Dans le biofilm (résidus organiques et micro-organiques formés dans les canalisations), protozoaire et amibe, la legionella peut se servir de ces derniers comme des hôtes pour se reproduire, ils lui servent notamment à se protéger du chlore présent dans les réseaux traités.

Le biofilm se développe particulièrement dans :

  • tout endroit de stagnation,
  • les bras morts du réseau d'eau chaude ou froide,
  • les ballons de stockage (cumulus)
  • les points d’eau chaude rarement utilisés (bras mort).

Les risques

Les légionelloses peuvent se manifester sous deux formes cliniques distinctes :

  1. La « maladie du légionnaire » : pneumopathie, détresse respiratoire, insuffisance rénale.
  2. La fièvre de Pontiac : syndrome pseudo-grippal bénin à guérison spontanée

L'infection nosocomiale : incriminée dans 1 à 10 % des cas de pneumopathies nosocomiales.

Que faire pour surveiller le risque des légionelles ?

  • Contrôle de la qualité microbiologique de l’eau par un laboratoire accrédité Cofrac (programme 100-2)

Il faut savoir également qu'il y a 2 types d'analyses: - Méthode par culture, après filtration d'un échantillons d'eau la filtra va être cultivé sur différentes géloses avec plusieurs type de traitement puis elles vont être conservées pendant une dizaine de jours à 37° (methode norméz et réglementaire)

- Méthode par PCR, cette méthode va permettre de déceler la legionella par son ADN cette méthode permet d'avoir un résultat de 24 à 48 H (selon la performance des laboratoire (methode normé)

  • Entretien hebdomadaire des éléments de robinetterie (mousseurs, brise-jets, flexibles, pommes de douche …)
  1. Démontage

  2. Détartrage produit ou vinaigre blanc pendant 15 minutes

  3. Rinçage

  4. Désinfection pendant 30 minutes dans l’eau de javel

Purger régulièrement avec de l’eau la plus chaude possible le maximum de points d’usage ou les points les plus éloignés de l’établissement.

  • Bien connaître son réseau d’eau chaude
  1. Supprimer les bras morts

  2. Purger les ballons (faire des chasses)

  3. Détartrer les ballons de stockage

  4. Préférer les échangeurs à plaques

Que faire si le réseau est infecté ?

Il existe différentes méthodes que le Ministère de la Santé a testé et validé pour les réseaux d'eau potable. Ces méthodes figurent dans la circulaire 2002/243 d'avril 2002. On y trouve notamment :

Le choc au Peroxyde d'Hydrogène et argent (H2O2+Ag)qui consiste à faire circuler la solution dans l'ensemble du réseau et points contaminés (hors utilisation) à une concentration allant de 100 à 1000 mg/L de peroxyde d'hydrogène + ag pour un temps de contact pouvant aller jusqu'à 12 heures. A l'issue du temps de contact, on pratique une vidange complète du réseau. L'un des avantages de cette méthode est de détruire le biofilm.

Le choc chloré consiste à obtenir une concentration de chlore libre de 15mg/l pendant 24 h ou de 30 à 50 mg/l pendant 2 à 3 heures au niveau de réservoirs. On pratique une vidange complète du réseau après avoir fait passer l’eau chlorée par le maximum voire par la totalité des points d’usage.

Le choc thermique est pratiqué en élevant la température de l’eau à 70 °C pendant 30 minutes et l’eau doit couler de tous les points d’usage pendant 5 à 10 minutes au minimum à 65 °C.

Les risques des chocs :

  • Choc H2O2+Ag = Manipulation du produit, ces traitements sont bien souvent réalisés par des professionnels...
  • Choc chloré = corrosion
  • Choc thermique = risque de brûlure, destruction de la galvanisation des canalisations en acier (dès 60 °C)...

La surveillance

  • Noter toutes les interventions, les opérations de vidange et les analyses
  • mettre à jour les plans du réseau,
  • écrire les procédures d'entretien.

La surveillance bactériologique est obligatoire : (En milieu hospitalier souvent réalisée par un technicien biohygiéniste.

  • Recherche de bactéries aérobies revivifiables : norme < 100/ml
  • Recherche de coliformes totaux : Norme < 10/100 ml
  • Recherche de coliformes fécaux : Norme = Absence dans 100 ml
  • Recherche de staphylocoques pathogènes = Absence dans 100 ml
  • Recherche facultative mais très intéressante de Pseudomonas aeruginosa (indique la dégradation de l’eau, ou la contamination des robinetteries et des surfaces en contact avec de l’eau). Recherche de Pseudomonas aeruginosa obligatoire en établissement de soins.
  • Recherche de Légionelles dans l'eau chaude et l'eau froide selon la norme AFNOR NFT 90-431

En dehors des prélèvements microbiologiques :

  • Une coupe d’un tuyau et la mise en place d’un manchon témoin peuvent permettre de surveiller la dégradation, la corrosion et la présence de biofilm du réseau.
  • Vérifier le cahier des charges et les interventions du prestataire de service chargé de l’installation,
  • Identifier les points critiques du réseau,
  • Identifier les points critiques de maintenance et la périodicité de cette maintenance,
  • Examiner la faisabilité des traitements,
  • Définir les points de prélèvements,
  • Examiner la possibilité d’isoler des réseaux,
  • Essayer de travailler sur une maintenance préventive,
  • Préparer un carnet de suivi sanitaire.

Dans les établissements de santé, les procédures concernant le réseau d’eau doivent être validées par le CLIN de l’établissement. En cas d’alerte la direction et le CLIN doivent être prévenus.

La protection

En cas d’intervention technique sur le réseau d’eau, le personnel doit être protégé des éventuelles aérosolisations d’eaux, notamment lorsqu'il travaille sur le réseau d’eau chaude. Port de masque FFP3.

Les gants sont inutiles pour la protection vis à vis de la légionelle. La légionellose est une infection strictement respiratoire, il n'existe pas d'infections cutanées à "Legionella".

Bactériologie

Les bactéries du genre Legionella sont des bacilles à Gram négatif (mais rarement visibles à l'examen direct), elles sont mobiles (1 ou 2 flagelles polaires), aérobies strictes, catalase faiblement positive. Leur paroi a la particularité de contenir des acides gras ramifiés insaturés. Ces bactéries sont particulièrement exigeantes et ne peuvent cultiver que sur milieux spéciaux contenant de la cystéine comme le milieu CYE (Cysteine, Yeast Extract), le milieu GVPC ou le milieu BCYE avec cystéine.