Lors des études de la LGV Nord, un conflit a éclaté entre Lille et Amiens pour être desservies par la LGV Nord. Le passage par Lille a finalement été préféré à celui par Amiens. La gare de TGV Haute-Picardie a été construite pour desservir la population picarde mais, située en pleine campagne entre Amiens et Saint-Quentin, reste difficilement accessible et ne répond que très partiellement aux besoins. Une LGV Paris - Londres par Amiens est mentionnée mais ne peut être envisagée que comme un projet à long terme.
C'est ainsi, qu'en 2010, aucune liaison ferroviaire ne relie l'aéroport de Roissy vers le nord du Val-d'Oise et la Picardie, imposant aux habitants un long détour via la gare de Paris-Nord, ou l'usage d'une desserte routière, mettant Creil à quarante-cinq minutes de l'aéroport. Le projet prévoit en conséquence une ligne nouvelle de quelques kilomètres, créant un lien au nord de Roissy entre le réseau à grande vitesse (LGV Interconnexion Est) et le réseau classique (ligne Paris-Creil-Amiens) aux environs de Survilliers. Cette ligne, portée par Réseau ferré de France (RFF), mettrait le sud du département de l'Oise à vingt minutes de la zone aéroportuaire contre plus d'une heure aujourd'hui par voie ferrée.
Ce tronçon aurait trois objectifs principaux :
- améliorer l'accessibilité de la Picardie à la grande vitesse ferroviaire en créant des dessertes TGV directes entre Amiens et Creil (et potentiellement d'autres villes de la région) vers Roissy-CDG TGV, et au-delà vers l'est, le sud et l'ouest de la France. Cela éviterait aux voyageurs un changement pénalisant à Paris, avec des gains de temps pouvant atteindre 30 à 40 minutes sur des trajets vers les grandes métropoles régionales ;
- développer le transport ferroviaire à longue distance et préserver la capacité de la LGV Nord grâce à un nouveau débouché pour les trains aptes à la grande vitesse au nord de Roissy ;
- renforcer l’attractivité du pôle multimodal de Roissy CDG avec des fréquences et un nombre de destinations accrus, notamment vers le nord de l'Europe. La ligne nouvelle offre une alternative aux gares parisiennes.
Projets de dessertes
Deux scénarios de desserte sont fondés sur les services de seuls trains à grande vitesse, ou d'un mélange de TGV et de services régionaux :
- sept allers-retours TGV par jour au minimum depuis Amiens avec un arrêt à Creil, pour un temps de parcours de 55 minutes entre Amiens et Roissy et de 15 minutes entre Creil et Roissy, avec une prévision de trafic d'1,6 million de voyageurs par an ;
- des trajets par trains régionaux entre Creil et Roissy (deux trains par heure et par sens) ou par TGV inter-secteurs avec origine et terminus à Creil, pour un temps de parcours de 20 minutes entre Creil et Roissy avec deux arrêts intermédiaires (un en Picardie et un en Île-de-France), avec une prévision de trafic atteignant alors 2,8 millions de voyageurs par an.