Elle a été accidentellement exportée grâce au commerce dans d’autres partie du monde durant le XIXe et XXe siècle (Lodge, 1993 ; Williams, 1994 ; Suarez et al., 2001), notamment aux États-Unis, en Europe, en Afrique du Sud, en Australie et diverses îles(Passera, 1994; Holway, 1999; Suarez, et al., 2001). En Europe, elle est signalée en France en 1906, dans les Alpes Maritimes par Marchal (1917), au Portugal en 1921 et en Espagne en 1923 (Martinez, et al., 1997). Son expansion dans le Var et dans les Alpes-Maritimes est signalée par Marchal (1917) puis par Chopard (1921) dans et tout autour de Cannes en 1921. Bernard (1950) signale son expansion entre 1925 et 1935 dans de nombreuses localités des Maures. Depuis elle n’a cessé de s’étendre sur le littoral méditerranéen. Dans l’arrière pays, les foyers sont plus épars (Benois, 1973). La fourmi d’Argentine est citée pour la première fois en Corse en 1960, à Calvi (Bernard, 1960). Quarante ans plus tard Casewitz-Weulersse et Brun (1999) notent la présence de cette espèce dans quelques sites sur la côte corse. Dans les zones où elle est apparue, elle s'est révélée très agressive envers les autres espèces, allant jusqu'à détruire les colonies indigènes. Elle a un comportement également destructeur vis-à-vis de la flore et notamment des bourgeons. Enfin, elle n'hésite pas à envahir les habitations humaines à la recherche de sucre.
Une fois en Europe, ces colonies de fourmis ne disposent plus des éléments génétiques marquant leur appartenance à un « clan », et par conséquent ne sont plus agressives les une envers les autres. Toutefois, prévoit Laurent Keller, « on peut s'attendre à ce qu'un tel système soit instable. Quand des fourmis de nids différents s'entraident, l'apparition de reines en surnombre est favorisée et le nid manque d'ouvrières. Cela conduit normalement la colonie à sa perte. »
En une seule année, en Louisiane, on a piégé dans un verger de citronniers de 10 hectares 2 milliards d’ouvrières accompagnées de 1 307 000 reines. Soit environ 20 000 ouvrières et 13 reines au mètre carré, alors que la concentration est beaucoup plus modeste habituellement (500 individus au m²). Dans les régions envahies par L. humile, en France, se sont d’abord les Orangers, Mandariniers et Citronniers, puis les Figuiers, les Cerisiers, les Pêchers, les Poiriers, voir la Vigne qui sont touchés. Dans les cultures maraichères, les Haricots sont souvent presque complètement détruits par les Puceron (Chopard, 1921).