La prise en charge a évolué suivant les pays et les périodes : de plus en plus, la reprise d'une activité physique est préconisée. L'intérêt des différents types de traitement est difficile à évaluer de manière scientifique, les études comparatives étant complexes et rares en dehors des traitements médicamenteux.
-
Modération des efforts sollicitant le dos, cependant les conseils sur le port et les techniques de levage d'objets lourds restent d'efficacité très modérée.
-
Traitement d'une éventuelle obésité
-
Repos strict au lit déconseillé, sauf brièvement en cas de douleurs intenses.
-
Supplémentation d'une carence éventuelle en Vitamine D
-
Ceintures et corsets lombaires : ils permettent la reprise rapide de l'activité et sont un rappel à l'ordre contre les postures nocives ; la cicatrisation des disques intervertébraux étant au mieux assurée s'il y a action contre les trois facteurs favorisant les discopathies dégénératives lombaires : l'antéposition du tronc, la perte de lordose lombaire, la rétroversion du bassin ; les corsets d'immobilisation vertébrale lordosants de série type "GP2S" vont dans ce sens
-
Analgésiques de niveau I selon les critères de l'OMS (paracétamol et ibuprofène)
-
Myorelaxant
-
Anti-inflammatoire : ils peuvent théoriquement avoir un intérêt en cas de phénomène inflammatoire clinique (douleurs nocturnes, dérouillage matinal) ou radiologique (discopathies dégénératives avec diffusion inflammatoire dans le corps vertébral (stades MODIC 1 )) ; mais une étude démontrerait que les AINS (et les manipulations vertébrales) n'ont aucun effet bénéfique dans les lombalgies aiguës mécaniques en sus du paracétamol et de simples conseils de mode de vie.
-
médications psychotropes et/ou anticonvulsivantes (amitriptyline, clonazépam, gabapentine...) : intérêt sur la composante neuropathique de la douleur.
-
Infiltration: articulaire postérieure en cas d'arthrose inflammatoire (loco dolenti en cabinet, ou mieux radio-guidée), foraminale sous scanner en cas de radiculalgie avec conflit disco-radiculaire.
-
Une rééducation avec reforcement de l'activité physique, étirements, renforcement musculaire de la ceinture lombo-pelvienne, semble avoir une certaine efficacité dans les lombalgies chroniques, éventuellement aidé par des séances de massages.
-
Manipulation vertébrale: elles ne font pas l'objet de consensus, certains vont même jusqu'à réfuter leur utilité ; la création en France du DIU de médecine manuelle-ostéopathie semble en tout cas une garantie de sérieux dans l'indication et l'application des méthodes manuelles.
-
Médecine non conventionnelle: l'ostéopathie et la chiropratique ont les défauts des monothérapies exclusives : postulats de base non démontrés, anatomie et physiologie imaginaires avec conceptions non scientifiques (ostéopathie crânienne ou viscérale), perte de temps lorsqu'une thérapeutique autre que manuelle doit être employée; l'acupuncture peut avoir une certaine action sur la douleur et la contracture musculaire, mais de manière transitoire. Dans le cadre de la médecine anthroposophique, l'analogie de la colonne vertébrale avec le bambou a inspiré au chimiste Rudolf Hauschka la mise au point d'un remède homéopathique qui aurait donné des résultats intéressants sur des cas isolés (pas de publication scientifique)
-
Traitement psycho-social : c'est peut-être le temps le plus important, l'évaluation du stress ainsi que de l'insatisfaction au travail ou personnelle pouvant déboucher sur des changements d'orientation (voir ci-après).
Au cours des 20 dernières années, les connaissances ont évolué sur les aspects cliniques des lombalgies. En France (1981), ce fut sous la direction de Michel Gendrier. Au Canada (1986), un groupe de spécialistes internationaux, sous la direction du Dr Walter O. Spitzer, avait pour mandat de décrire la fréquence et la distribution des affections vertébrales chez les travailleurs québécois, de proposer une classification des pathologies et des interventions, d'établir des devis d'intervention, de définir des critères de diagnostic et des critères de qualité des soins, de recommander des mesures permettant d'évaluer la qualité des soins et d'identifier des priorités de recherche dans ce domaine. Le groupe de travail a examiné plus de 3 000 dossiers représentatifs de travailleurs compensés pour des problèmes de dos, et a passé en revue plus de 700 articles scientifiques. Le rapport Spitzer a notamment remis en question plusieurs idées préconçues. Contrairement à la croyance populaire, le groupe de travail affirmait qu'il était dans l'intérêt du patient affligé d'un mal de dos de retourner à un travail approprié, malgré les douleurs résiduelles. Il indiquait que l'utilité de la radiographie était limitée et qu'un examen clinique suffit habituellement à identifier la plupart des patients ayant besoin d'une thérapie. Dix ans plus tard, une étude du Department of Health and Human Services des États-Unis confirmait ces résultats étonnants. Quelques années plus tard, des chercheurs britanniques arrivaient aux mêmes conclusions. Puis vint le tour des Australiens, à la fin des années 90, d'inciter leur travailleurs lombalgiques, notamment par une campagne publicitaire à la télévision, à ne pas rester couchés pendant de longues périodes et à demeurer au travail. En 2007, une étude du Centre fédéral d'expertise des soins de santé de la Belgique conclut que le repos aggrave le mal de dos chronique. Cet organisme gouvernemental belge prescrit de faire de l'exercice physique, de reprendre rapidement ses activités et recommande de ne pas multiplier les traitements inutiles, ni de soumettre un patient lombalgique à une multitude de tests, y compris les radiographies.
Des recommandations sur la prise en charge des lombalgies chroniques ont été publiées en 2006 en Europe et en 2007 aux États-Unis.