Mouton des Landes de Bretagne

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Introduction

Mouton des Landes de Bretagneicône mouton
EspèceMouton (Ovis aries)
Région d’origine
RégionBretagne, France France
Caractéristiques
ToisonNoire ou blanche
Prolificité100 à 150 %
Autre
DiffusionLocale
UtilisationViande

Le mouton des Landes de Bretagne est un mouton local et rustique de la Bretagne historique.

Descriptions dans la les ouvrages socio-historiques

La littérature zootechnique conserve la trace du mouton des landes de Bretagne, dont la couleur diffère du mouton commun de l'ouest de la France. Historiquement, le mouton des landes de Bretagne était très majoritairement noir dans l'ouest d'une ligne Saint-Nazaire-Savenay-Derval-Saint-Brieuc. De très nombreux témoignages attestent cette couleur noire.

René Bourrigaud, dans sa thèse Le Développement agricole au XIX siècle en Loire-Atlantique (p. 64), écrit que « le défrichement des landes sera fatal aux moutons noirs de petite race. » Il précise qu'il y avait 200 000 têtes en 1828 et 80 000 d'une autre espèce à tête rousse (mouton d'Anjou) produite sur les bonnes terres. Le cheptel ovin du département croît jusqu'à 300 000 en 1840, puis s'effondre sous le Second Empire (moins de 100 000 têtes en 1882). Il donne des chiffres pour une exploitation type au début et à la fin XIX siècle : en 1800 une exploitation moyenne de 30 hectares possédait un troupeau de 50 brebis, en 1880 les moutons ont disparu de l'exploitation. Vers 1840 il y avait environ 120 000 hectares de landes en Loire-Atlantique, Côtes-d'Armor et Ille-et-Vilaine, 260 000 dans le Finistère et 300 000 hectares dans le Morbihan.

Dans le livre La Misère dans l'abondance en Bretagne au XVIII siècle, une carte présente la densité démographique du mouton en Bretagne d'après le Mémoire de l'intendant Jean-Batptiste des Gallois de la Tour, de 1733. La principale aire de concentration de l’animal se trouve entre Vannes et Saint-Nazaire et rentre dans les terres jusqu'à Josselin et Derval.

Le concept de race domestique n'existait pas dans l'élevage d'autrefois, il n'y avait qu'un continuum de variantes locales, formant de plus grands ensembles avec des tendances générales mais sans standard. À l'âge du fer, le mouton mesurait 60 cm au garrot, avec une variation de 55 à 65 cm, et les animaux étaient de plus petite taille en Grande-Bretagne, se différenciant ainsi de ceux du continent (proche de la taille du mouton d'Ouessant actuel) et de plus grande taille en Italie, autour de 68-69 cm.

Il est parfois décrit comme « le mouton des landes de l'ouest » mais B. Denis et X. Malher soulignent que « l'existence d'une population ovine originale, propre à la Bretagne, est régulièrement mentionnée dans les ouvrages anciens. »

Un redéploiement à la fin du XX siècle

Les premières recherches officielles sur cette population de mouton sont faite en 1987, par les professeurs B. Denis et X. Malher de l'École vétérinaire de Nantes à partir du troupeau initial de la Buttes aux Pierres dans le parc naturel régional de Brière. Leur rapport indique que c'est grâce à la vigilance de deux éleveurs brièrons que cette population de moutons a été conservée.

Les premières réimplantations effectuées en Bretagne à partir de 1988 dans des réserves naturelles puis des écomusées constituent des élevages « vitrines » visant à susciter un regain d'intérêt pour ce mouton rustique. On dénombre fin 2005 plus de 850 femelles dans 92 élevages (de 2 à 60 femelles par site), dont plusieurs élevages professionnels. Le type blanc sans cornes est celui qui est principalement réintroduit en Bretagne.

Aptitudes

C'est le type même du mouton de plein air, facile d'emploi, qui s'adapte aux différents milieux.

Nourris à l'herbe et abattus à l'age de 6 à 9 mois, les agneaux fournissent une viande atypique (rouge, au gras ferme, tendre et savoureuse) fort appréciée des consommateurs.

Morphologie

C'est un mouton de petit format : 50 à 60 cm au garrot. Le poids est compris entre 40 et 50 kg pour les brebis. Le profil céphalique est rectiligne, comme l'ancêtre sauvage, la tête étant allongée et fine. Le chanfrein des béliers est légèrement busqué.

Les extrémités des moutons blancs sont le plus souvent légèrement à moyennement tachées, mais il existe des animaux à poil blanc lustré et d'autre fortement tachés de roux foncé. La toison n'est pas envahissante, la tête est dégarnie.

Au cours de son voyage en France à la veille de la Révolution, l'agronome Arthur Young indique que les brebis de Missillac portaient des cornes. Dans L'Université catholique, ouvrage collectif de 1843, un article de l'abbé Maupied (T 15, p. 88) indique qu’« en France, la race flandrine, celle de Sologne, la berrichonne, la roussillonne et nos petits moutons de Bretagne sont nettement tranchées entre elles... Bien plus, dans la petite race bretonne, nous avons vu des brebis porter des cornes comme les mâles, quoique les autres brebis n'en aient pas ordinairement. » Dans Étude de nos races d'animaux domestiques et des moyens de les améliorer, J. M. Magne signale en 1857 des moutons bretons « petits, à tête fine, sans cornes ou avec de grosses cornes formant des spires allongées », dont la laine est grossière : « dans beaucoup de béliers, le cou, le garrot et les cuisses portent une laine comparable au poil le plus grossier des chèvres. »

La queue du mouton des landes de Bretagne varie de manière importante dans son développement. Elle est plus ou moins longue, plus proche de leur ancêtre sauvage.