Noradrénaline

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Introduction

Noradrénaline


Structure chimique de la noradrénaline
Général
N CAS51-41-2 (L)

138-65-8 (DL)
N EINECS200-096-6
Code ATCC01CA03
DrugBankAPRD00457
PubChem26934
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule bruteC8H11NO3
Masse molaire169,1778 ± 0,0083 g·mol
pKa8.58
Propriétés physiques
T° fusion217 °C (décomposition)
Précautions
Directive 67/548/EEC
Très toxique

T+
Phrases R : 26/27/28,
Phrases S : 28, 36/37, 45,
Transport
60/66
2811
Classe thérapeutique
Sympathomimétique
Données pharmacocinétiques
Demi-vie d’élim.2,1 à 3,4h
ExcrétionRénale
Considérations thérapeutiques
Voie d’administrationinjection intraveineuse
Caractère psychotrope
Autres dénominationsNoréphédrine
Composés apparentés
Autres composésAdrénaline
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

La noradrénaline (ou norépinéphrine) est un composé organique (neuromédiateur) qui joue le rôle d'hormone adrénergique et de neurotransmetteur. C'est une catécholamine comme la dopamine ou l'adrénaline. Elle est principalement libérée par les fibres nerveuses du système nerveux orthosympathique (ou sympathique) et agit comme neurotransmetteur au niveau des organes effecteurs.Elle joue un rôle dans l'attention, les émotions, le sommeil, le rêve et l'apprentissage. Elle est également le précurseur métabolique de l'adrénaline (NOR signifiant Nitrogen Ohne Radikal, littéralement azote sans radical, azote libre).

Localisation

Neuronale

Les neurones noradrénergiques se retrouvent au niveau du système nerveux central et du système nerveux périphérique, et plus spécifiquement au niveau :

  • du noyau caudal ventro-latéral
  • du locus coeruleus
  • des neurones dont les corps cellulaires aboutissent dans le nerf vague
  • des interneurones du NTS dont la fonction reste mal comprise

Médullosurrenalien

La noradrénaline est sécrétée au niveau des glandes surrénales et libérée dans la circulation générale, où elle peut être responsable de la décharge d'adrénaline, en cas de stress ou d'effort intense.

Effets sur l'organisme

  1. La stimulation des récepteurs a1 postsynaptiques se traduit essentiellement par une vasoconstriction, des contractions utérines, un effet pro-agrégant plaquettaire, une mydriase et une contraction du sphincter urétral.
  2. Les récepteurs a2 sont le plus souvent présynaptiques et leur stimulation se traduit par une diminution de la libération de noradrénaline. Il existe cependant des récepteurs a2 postsynaptiques qui favorisent l'agrégation plaquettaire.
  3. Les récepteurs ß1 sont postsynaptiques et localisés essentiellement au niveau du cœur. Leur stimulation se traduit par un effet inotrope positif (augmentation de la force de contraction), chronotrope positif (accélération du rythme), dromotrope positif (accélération de la conduction) et bathmotrope positif (augmentation de l'excitabilité).
  4. Les récepteurs ß2 sont essentiellement postsynaptiques. Leur stimulation entraîne une vasodilatation, une bronchodilatation, un relâchement de l'utérus et une stimulation cardiaque indiscutable mais moindre que celle de la stimulation ß1. On estime qu'il y a environ 80% de récepteurs ß1 et 20% de récepteurs ß2 au niveau du cœur. La stimulation des récepteurs ß2 augmente la captation de potassium par le muscle, ce qui peut entraîner une diminution de sa concentration plasmatique.
  5. Les récepteurs ß3 postsynaptiques présents au niveau des adipocytes sont responsables, par activation de l'adénylcyclase et formation d'AMP cyclique, de la lipolyse et d'une stimulation de la respiration mitochondriale avec dissipation de chaleur. Il existerait chez certains obèses une déficience d'activité lipolytique ß3 et l'utilisation d'agonistes ß3 dans le traitement de l'obésité est envisagée. Les récepteurs ß3 présynaptiques modulent la libération des catécholamines.

Biosynthèse

Phénylalanine

Tyrosine

L-Dopa

Dopamine

Noradrénaline

Adrénaline

Catabolisme

Deux enzymes dégradent la noradrénaline : les COMT (Cathécol O-Méthyl Transférase) et les MAO-A (MonoAmine Oxydase-A).

Les premières créent un éther méthylique sur l'hydroxyle en méta de la chaîne carbonée, tandis que les secondes pratiquent une oxydation de la fonction amine en aldéhyde pouvant être transformée en alcool (réductase) ou en acide carboxylique (déshydrogénase). Ces métabolites peuvent être :

  • le HVA (HomoVanilic Acid)
  • le VMA (VanylMandelic Acid)
  • le MHPE (3-Méthoxy-4-HydroxyPhényléthanol)
  • le MHPG ou MOPEG (3-méthoxy-4-hydroxyphénylglycol)

On pourra doser ces métabolites dans le sang, si l'on suspecte une phénylcétonurie ou une tumeur sécrétant des catécholamines.

MHPG/MOPEG

HVA

MHPE

VMA

Pharmacologie

Tout comme l'adrénaline, la noradrénaline est un ligand des récepteurs α-adrénergiques et β-adrénergiques. La noradrénaline a une affinité inférieure pour tous les types de récepteurs. A forte dose, la noradrénaline possède un effet β, tandis qu'à faible dose, elle possède un effet α.

Effet α

  • Inotrope positif, chronotrope positif
  • Vasoconstriction
  • Bronchoconstriction
  • Mydriase
  • Contraction des sphincters

Effet β

  • Inotrope positif, chronotrope positif
  • Vasodilatation
  • Bronchodilatation
  • Dilatation des sphincters

Usage en thérapeutique

Usage direct

La noradrénaline est commercialisée sous différents laboratoires:

  • tartrate de noradrénaline Aguettant® 2 mg/mL; Merck®; Renaudin®.

Son usage est réservée au milieu hospitalier pour traiter les chutes tensionelles ou les chocs anaphylactiques.

Neurotransmetteur

En temps que neurotransmetteur régulant l'humeur, on peut antagoniser ses récepteurs, afin de produire un effet antidépresseur : Pertofran® (Désipramine, inhibiteur de la recapture de la noradrénaline) ou Moclamine® (Moclobemide, inhibiteur des MAO-A).

L’administration de tyrosine à des patients dépressifs augmente la sécrétion de noradrénaline.