Nord Stream

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Introduction

Le Nord Stream (anciens noms : North Transgas et North European Gas Pipeline : NEGP) est un projet de gazoduc reliant la Russie à Allemagne via la mer Baltique.

Carte du tracé du North Stream.

Dispositif technique

Section terrestre russe

La construction de la section terrestre russe a commencé le 9 décembre 2005 dans la ville de Babaïevo (Oblast de Vologda) et doit s'achever en 2010. La section terrestre en Russie fonctionnera de Griazovets à la station côtière de compression de Vyborg. La longueur de cette section sera de 917 kilomètres, le diamètre de la canalisation est de 1 420 millimètres avec une pression d'utilisation de 100 atmosphères, qui sera régulée par six stations de compression. La section terrestre russe fournira également le gaz à la région du nord-ouest de la Russie (Saint-Pétersbourg et Oblast de Léningrad). Elle sera construite et gérée par Gazprom.

Section de la mer Baltique

La section en mer de la canalisation fonctionnera de la station de compression de Vyborg au compartiment de Portovaïa au fond de la mer Baltique vers Greifswald en Allemagne, avec une longueur totale de 1 196 kilomètres. 22 kilomètres fonctionneront dans les eaux territoriales russes, 96 kilomètres dans la zone russe, 369 kilomètres dans la zone finlandaise, 482 kilomètres dans la zone suédoise, 149 kilomètres dans la zone danoise, 33 kilomètres dans la zone allemande et 33 kilomètres dans les eaux territoriales allemandes. Le plan est d'établir deux pipelines parallèles d'une capacité de 27,5 milliards de mètres cubes par an.

Carte du réseau de gazoducs, des gisements et des ports en mer Baltique.

Selon les prévisions, le premier pipeline sera opérationnel en 2008-2010 et le deuxième en 2010-2012. Le diamètre du pipeline sera de 1 220 millimètres, l'épaisseur de la paroi, 38 millimètres et la pression d'utilisation, 220. Il y aura une plateforme de service dans la zone suédoise, à 90 kilomètres au nord-est de l'île de Gotland. Le gazoduc devrait coûter environ 6 milliards d'euros, la section en mer sera construite et maintenue par Nord Stream AG, une compagnie commune de Gazprom russe (51 %), les Allemands BASF et E.ON (chacun à hauteur de 24,5 %).

Suite aux critiques émises par la Suède concernant le tracé, le groupe Nord Stream a maintenu (fin octobre 2007) qu'il est le meilleur du point de vue économique, environnemental et technique. Selon lui, le fond de la Baltique de la zone suédoise économique a été étudié « en détail », et il n'y aurait pas d'indices de présence de munitions immergées sur le tracé. Selon le ministre suédois de l'environnement, un tracé plus à l'est serait plus « sûr » pour l'environnement. Il craint notamment que les travaux sous-marins se heurtent à un des nombreux dépôts de « mines, armes chimiques et déchets chimiques » ou de munitions conventionnelles. Des décharges sous-marines de ce type sont nombreuses en mer Baltique où l'environnement s'est fortement dégradé, avec l'apparition notamment de zones mortes.

Section en Europe occidentale

La section en Europe occidentale inclut deux gazoduc de transmission en Allemagne. La route sud (gazoduc OPAL) fonctionnera de Greifswald à Olbernhau près de la frontière germano-tchèque. Elle reliera le Nord Stream du gazoduc JAGAL (relié du gazoduc Yamal-Europe), et du gazoduc STEGAL (relié à l'itinéraire russe de transport de gaz par l'intermédiaire des républiques tchèques et slovaques). La route occidentale (gazoduc NEL) fonctionnera de Greifswald à Achim, où elle sera reliée du gazoduc Rehden-Hambourg. Le gazoduc MIDAL raccordera celui de Greifswald-Bunde. La livraison supplémentaire de gaz vers le Royaume-Uni sera effectuée par le raccordement prévu entre Bunde et Den Helder, et de là par l'interconnecteur en mer Balgzand - Bacton (Balgzand Bacton Line ou BBL).

Sources de gaz naturel

La source principale de gaz naturel pour le Nord Stream est le gisement de Ioujno-Rousskoïe, près de Krasnoselkoupsky, oblast de Tioumen. Le permis pour le gisement de Ioujno-Rousskoïe a été attribué à Severneftgazprom, filiale de Gazprom (BASF et E.ON en sont des actionnaires minoritaires). Les réserves du gisement de Ioujno-Rousskoïe sont estimées à 700 milliards de mètres cubes de gaz naturel. La capacité prévue de Ioujno-Rousskoïe est d'environ 25 milliards de mètres cubes par an.

Le Nord Stream sera alimenté, en outre, par des gisements en péninsule de Iamal, compartiment d'Ob-Taz. Gazprom indique également que la majorité du gaz produit au gisement de Chtokman serait vendue à l'Europe par l'intermédiaire du Nord Stream.

Histoire

Le projet est lancé en 1997 par Gazprom et la compagnie finlandaise Neste (plus Fortum), constituant la compagnie North Transgas Oy, pour la construction et l'exploitation d'une canalisation de gaz de Russie vers le nord de l'Allemagne à travers la mer Baltique. L'associé allemand de ce projet est Ruhrgas (devenu E.ON). En avril 2001, Gazprom, Fortum, Ruhrgas et Wintershall adoptent un rapport sur la étude de faisabilité commune de la canalisation. Le 18 novembre 2002, le comité de gestion de Gazprom approuve un programme d'exécution du projet. En mai 2005, Fortum se retire du projet et vend sa participation de 50 % dans North Transgas à Gazprom. Le 8 septembre 2005, Gazprom, BASF et E.ON signent un accord de base sur la construction du gazoduc. Le 30 novembre 2005, Nord Stream AG est incorporé à Zoug, Suisse. Le 9 décembre 2005, Gazprom lance la construction de la section terrestre du gazoduc en Russie.

Fin octobre 2007, la Russie confirme renoncer à faire passer la seconde tranche du gazoduc Iamal-Europe par la Biélorussie.

Le gouvernement de Gerhard Schröder se porte garant d'un crédit d'un milliard d'euros proposé par les banques Deutsche Bank et KfW à Gazprom pour la construction de ce gazoduc germano-russe en mer Baltique.

Peu après avoir cédé le pouvoir à Angela Merkel, Gerhard Schröder est engagé par Gazprom pour diriger le Conseil de surveillance du consortium germano-russe chargé de construire ce gazoduc, dont Gazprom détient 51 %. Fin 2009, les autorités allemandes compétentes ont approuvé la construction du gazoduc. L'administration minière de la ville de Stralsund (port balte) a donné son accord et on attend encore fin 2009 l'accord de l'Office national du transport maritime et de l'hydrographie.