« Paon » est un nom vernaculaire ambigu désignant certains oiseaux appartenant à plusieurs espèces et sous-espèce de la famille des phasianidés, classés dans les genres Pavo et Afropavo.
Caractéristiques communes
Les paons portent sur la tête une aigrette en couronne et le plumage de la queue du mâle peut se dresser en roue. Les plumes de la queue possèdent des ocelles ressemblant à des yeux.
Par analogie, certaines races de pigeon biset ayant été sélectionnées pour leur ressembler s'appellent pigeon paon. Certaines espèces de poissons combattants, au vu de leurs nageoires sont également appelées « Paon de mer ». Plusieurs espèces de papillons également.
La femelle du paon est appelée « paonne ». Le petit du paon est nommé paonneau. Ni la femelle ni le petit ne possèdent le type de plumage qui fait la beauté de cet oiseau.
Les couleurs chatoyantes et les ocelles sont provoquées par la structure complexe de la plume du Paon.
De fait dans l'absolu la plume est de couleur noire permettant une absorption complète du spectre lumineux, les barbules étant hérissées de microlamelles parallèles. Lorsque la plume est éclairée, selon le chemin parcouru par les radiations lumineuses dans les microlamelles, deux radiations lumineuses de même couleurs peuvent s'annuler, la barbule recevant alors une lumière d'où a disparu une couleur, soit la couleur complémentaire. La couleur qui apparaît à nos yeux dépend de l'écartement entre les microlamelles, celui-ci est de l'ordre de la longueur d'onde, soit quelques dixièmes de microns.
Pour le cas du Paon blanc, la couleur blanche s'explique par l'absence de la mélanine dans les plumes. La plume blanche reflète l'intégralité du spectre lumineux, d'où l'absence de couleurs.
Les oiseaux très voyants paradent volontiers pour séduire leur partenaire ou écarter les rivaux.
Le paon mâle « fait la roue » pour séduire les femelles lors de sa parade nuptiale. Il étale en éventail les longues plumes de sa queue, puis tourne sur lui même en les agitant pour faire admirer sa parure.
Charles Darwin et sa théorie de l'évolution ne comprenaient pas l'existence des paons. En effet, d'après les théories de Darwin, un tel animal, très voyant, aux couleurs extravagantes, aux cris si aisément reconnaissables et perceptibles, et courant aussi lentement, aurait dû disparaître depuis longtemps parce qu'il était mal adaptée à son environnement. Charles Darwin disait lui-même que les paons étaient son cauchemar. Amotz Zahavi l'explique dans le cadre de la théorie de l'évolution par une théorie appelée théorie du handicap. Darwin soutenait la théorie de la sélection sexuelle : évolution d'un attribut sexuel apparu au départ de façon arbitraire.
Aspects culturels
D'après la mythologie grecque, les « yeux » visibles sur la queue du paon y furent placées par Héra pour commémorer son fidèle gardien, Argos, qui avait cent yeux (Ovide I, 625). Selon la légende, Argos fut engagé par Héra pour espionner son époux, (Zeus), qu'elle soupçonnait d'adultère. Lorsque celui-ci s'en rendit compte, il fit tuer Argos. Héra décida de rendre hommage à Argos en mettant ses cent yeux dans la queue de son oiseau préféré, le paon.
Dans les deux poèmes épiques de Kalidasa (Meghaduta et Kumarasambhava), la beauté du paon a été utilisée en tant qu'outil littéraire fleuri.
Au Moyen Âge, on croyait que la chair du paon était imputrescible. Pour cette raison, il est devenu symbole d’immortalité.
Plusieurs expressions de la langue française utilisent le terme paon : par exemple faire le paon signifie se mettre en valeur d'une façon ostentatoire.
Le Trône du Paon est le nom du trône de certains shah d'Iran.
Au Moyen-Orient, le paon figure de chaque côté de l'arbre de vie et symbolise l'incorruptibilité de l'âme et la dualité psychique de l'homme.
Le drapeau de la Ligue nationale pour la démocratie birmane de Aung San Suu Kyi est de couleurrouge avec une étoile blanche et un paon jaune.
Le paon est un des motifs utilisés dans l'Art nouveau à l'instar d'Aubrey Beardsley. Dans les années soixante, ce matériel sera réutilisé par les graphistes de la mouvance psychédélique.
La jupe-paon Illustration de Aubrey Beardsley pour Salomé d'Oscar Wilde (1892)