Cette pratique commerciale recouvre trois concepts : les plateformes de correspondance, le partage du marché et la multiplication des codes.
Partage du marché
Le marché du transport aérien est très règlementé et l'ouverture des lignes fait souvent l'objet d'accords inter-étatiques, en absence d'accords dits de ciel ouvert (comme celui qui est négocié en 2005 entre l'Union européenne et les États-Unis). C'est le cas, en particulier, en Europe où de nombreuses compagnies nationales opèrent. Devant l'impossibilité pour des raisons économiques ou réglementaires d'augmenter le nombre de vol sur une liaison elles ont décidé de se partager le marché en proposant tous les vols d'une ligne sous un code double (les bigrammes de chacune des compagnies sont accolés). Les accords entre compagnies peuvent être regroupés en deux grandes familles: le bloc siège et le "free flow" (ou "sell and report"). Dans le cas du "bloc", chacune des compagnies commercialise une partie des sièges disponibles suivant une répartition établie à l'avance par contrat entre les partenaires, ce que l'on peut aussi définir comme l'affrètement d'une partie de l'avion de la compagnie opératrice par sa compagnie partenaire. Dans le cas du "free-flow", chaque compagnie a accès à l'ensemble des sièges de l'avion et peut les vendre à ses propres conditions (dans la limite des accords de politique commerciale convenus entre les partenaires). Pour le passager cette pratique a l'avantage d'augmenter la fréquence des vols disponibles mais ajoute à la confusion tarifaire car les compagnies participantes peuvent proposer des tarifs différents pour un service identique. À la réservation, dans une situation de "bloc siège", le passager peut aussi se voir annoncer qu'un vol est "complet" alors que des places sont disponibles mais vendues par l'autre compagnie (dans le cas du bloc siège). Cette pratique est devenue courante au sein des alliances comme celle de SkyTeam, y compris pour les vols de proximité — ainsi Aeromexico vend-elle des vols entre Nice et Paris sur la navette d'Air France. On notera toutefois que cet exemple n'est possible qu'en continuation d'un vol vers Paris pour lequel Aeromexico possède les droits de trafic, par exemple un Mexico-Paris.
Multiplication de code
Depuis la création des alliances de compagnies aériennes celles-ci proposent souvent un même vol sous plusieurs numéros. Stricto sensu, il ne s'agit plus de partage de code mais au contraire d'une multiplication de code. Cette pratique est devenue très courante.