Pierre Belon

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Introduction

Pierre Belon

Pierre Belon (1517 à Souletière près du Mans - 1564) fut un naturaliste français. Pierre Belon, d'un esprit très en avance sur son époque, fut l'un des plus grands scientifiques du XVI siècle.

D'origine modeste, Belon devint apothicaire auprès d'éminents ecclésiastiques, comme l'archevêque du Mans, René du Bellay (1500-1546), puis de l'archevêque de Lyon, François II de Tournon. Ces protecteurs lui permirent de se consacrer entièrement à ses recherches scientifiques.

Il suivit les cours de botanique de Valerius Cordus (1515-1544) à Wittenberg, et voyagea avec lui en Allemagne.

Pierre Belon décéda de façon mystérieuse, sans doute assassiné par un rôdeur, en avril 1564, alors qu'il traversait le Bois de Boulogne.

Son voyage

Belon parcourut le Levant de 1546 à 1549. Ce voyage en Grèce où il visita le mont Athos, en Turquie, en Égypte où il explora Alexandrie et Le Caire, en Judée, en Arabie et en Palestine par l'isthme de Suez, permit à Belon de rapporter un grand nombre d'observations sur l'histoire naturelle et les mœurs de leurs habitants. Il s'agit de l'un des premiers voyages naturalistes de l'histoire. Il s'arrêta ainsi dans les îles grecques, à la recherche des plantes décrites par Dioscoride. Il relata son voyage en 1553, dans: "Voyage au Levant, les observations de Pierre Belon du Mans, de plusieurs singularités et choses mémorables, trouvées en Grèce, Turquie, Judée, Égypte, Arabie et autres pays estranges", édité en 1553.

Curieux de tout, il collecta de nombreuses observations en histoire naturelle ainsi qu'en archéologie, et sur la vie des peuples qu'il côtoya. Ainsi, il s'intéressa aux procédés employés pour la momification des corps. Il revint en France en 1549, et obtient du roi Henri II une pension de deux cents écus, qui lui permit de poursuivre ses recherches.

Charles IX lui fournit un logement au château de Madrid, dans le bois de Boulogne.

Les animaux marins

Il publia de remarquables études sur les animaux marins L'histoire naturelle des estranges poissons marins, avec la vraie peincture et description du daulphin, et de plusieurs autres de son espèce, en 1551, et La Nature et diversité des poissons, avec leurs pourtraicts représentez au plus près du naturel, en 1555. Le terme de poisson y regroupe tous les animaux marins : de la baleine à l'otarie, du crustacé à l'anémone en passant par l'hippopotame ou la loutre. Il semble probable qu'il rassembla là les animaux considérés par l'église catholique comme des poissons consommables le vendredi. Mais cette hypothèse n'explique pas pourquoi il évoque même le caméléon. Malgré cela, il tenta d'établir un embryon de classification, notamment en évoquant les vrais poissons et leurs subdivisions basées, sur des observations anatomiques : cartilage ou squelette osseux, ovipare ou vivipare. Sa classification est meilleure que celle de Guillaume Rondelet et mieux observée. Pierre Belon décrivit, pour la première fois en Europe, de nombreux animaux qui y étaient inconnus. Il décrivit environ cent dix espèces de poissons.

Les oiseaux

Planche comparant le squelette d'un être humain et d'un oiseau. Extraite de l'Histoire des oyseaux de Pierre Belon.

Son Histoire de la nature des oyseaux, avec leurs descriptions et naïfs portraicts retirez du naturel de 1555 est supérieure. Dans ce traité, de trois cent quatre-vingt une pages, il décrivit tous les oiseaux qu'il connaissait. Il les regroupa suivant leur comportement et leur anatomie : les oiseaux de proie, les oiseaux d'eaux, les omnivores, les petits oiseaux, subdivisés à leur tour en insectivore et en granivore. Cette classification paraît bien faible aujourd'hui, mais Belon s'inspira des principes aristotéliciens. Il cita leur nom, seulement en latin, grec et français, car ce sont les seules langues qu'il connaissait, ce qui est bien faible comparé aux connaissances de Gessner. L'ouvrage comporte quatorze gravures.

Mais, les observations de Belon sont bien meilleures, étayées notamment par des observations dans la nature, ainsi que des observations anatomiques, ayant manifestement fait de nombreuses dissections. Il compara les becs et les serres, tenta de rassembler des formes anatomiques communes. Il compara le squelette d'un être humain et d'un oiseau, ce qui fut la première tentative d'anatomie comparée. Cette idée ne sera reprise que quelques centaines d'années plus tard par Félix Vicq d'Azir (1748-1794), et Étienne Geoffroy Saint-Hilaire (1772-1844). Mais Belon lui-même n'exploita que fort peu ses observations sur les similarités entre ces deux squelettes et n'en tira pas de conclusion pratique.

Belon commit pourtant des erreurs remarquables, comme de placer les chauves-souris dans la catégorie des oiseaux. Son livre fut maintes fois vanté dans les siècles suivants, pourtant il fut presque ignoré par ses contemporains car, la même année, parut l’Historia animalium de Conrad Gessner.

Son second livre d'ornithologie est Pourtraicts d'oyseaux qui parut à Paris, en 1557. Il comportait cent soixante-quatorze gravures, la plupart faites à partir des propres dessins de Belon.

La botanique

Pinus, De Arboribus Coniferis (1533).

Il s'intéressa également à la botanique et, notamment, à l'acclimatation des végétaux étrangers. Il publia, en 1553, un traité sur les conifères et autres végétaux à feuillage persistant (De arboribus coniferis, resiniferis, aliisque, nonnullis sempiterna fronde virentibus...), l'un des premiers traités sur ces végétaux. En 1558, il préconisa dans Les Remonstrances sur le défault du labour et culture des plantes et de la cognoissance d'icelles... l'acclimatation des végétaux exotiques; c'est lui d'ailleurs, qui, le premier en France, sema des platanes. On lui doit l'introduction en France de l'arbre de Judée, du chêne-liège, du pistachier, du cèdre, du jujubier, du chêne vert, du genévrier d'orient, et de la myrte. Dans ses descriptions de botanique, sans doute influencé par ses connaissances d'apothicaire, il accordait une grande attention aux propriétés thérapeutiques des végétaux qu'il citait.

Il fut le premier à citer de nombreuses plantes du Moyen-Orient comme Platanus orientalis, Umbilicus pendulinus, connu aussi sous le nom de Cotiledon, Acacia vera, Caucalis orientalis, etc.

La Chronique de Pierre Belon du Mans, médecin (1562-1565)

Réécrite plusieurs fois, cette œuvre non publiée défend le camp catholique, comme l'auteur l'indique dans la préface. Il y reprend les matériaux de sa relation de voyage, qu'il utilise comme autant d'arguments.

Bibliographie

  • L’Histoire naturelle des estranges poissons marins avec la vraie peincture et description du Dauphin et de plusieurs autres de son espèce observée par Pierre Belon du Mans, R. Chaudière, Paris, 1551 ; édition en fac-similé avec introduction et notes de Philippe Glandon, Genève, Droz, 1997.
  • De aquatilibus libri duo cum iconibus ad vivam ipsorum effigiem quoad ejus fieri potuit expressis [« Deux livres sur les êtres aquatiques, avec des images les représentant vivants autant qu’il a été possible »], Ch. Estienne, Paris, 1553.
  • La nature et diversité des poissons, avec leurs pourtraictz représentez au plus près du naturel, Ch. Estienne, Paris, 1555.
  • L’Histoire de la nature des oyseaux, avec leurs descriptions et naïfs portraicts retirez du naturel, escrite en sept livres
  • Les observations de plusieurs singularitez et choses mémorables trouvées en Grèce, Asie, Judée, Égypte, Arabie et autres pays estranges, rédigées en trois livres, G. Corrozet, Paris, 1553
  • Les observations de plusieurs singularites & choses memorables, trouvees en Grece, Asie, Judee, Égypte, Arabie, & autres pays etranges, redigees en trois livres. Revues derechef, & augmentees de figures, avec une nouvelle table de toutes les matieres traitees en iceux. Anvers, Jean Steelsius (Christophe Plantin), 1555
  • Portraicts d’oyseaux, animaux, serpens, herbes, arbres, hommes et femmes d’Arabie et d’Égypte observez par P. Belon du Mans, le tout enrichi de quatrains pour la plus facile cognoissance des Oyseaux et autres portraicts, plus y est adjousté la Carte du Mont Attos et du Mont Sinay pour l’intelligence de leur religion, G. Cavellat, Paris, 1557.
  • Cronique de P. Belon du Mans, médecin , non publiée de son vivant.