Depuis les années 1970, seule l’US Navy, la marine américaine, dispose d’une flotte importante de porte-avions. Les onze unités actuellement en service permettent ainsi aux États-Unis d’assurer leur suprématie sur les mers et océans du globe. Ils peuvent en effet déployer partout dans le monde deux à trois porte-avions en permanence, permettant à son aéronautique navale d'intervenir rapidement sur n'importe quel objectif.
Les porte-avions ne naviguent jamais seuls, ils sont toujours accompagnés par toute une flottille composée d’une dizaine de bâtiments divers (croiseurs Aegis, destroyers, frégates, sous-marins et navires ravitailleurs) assurant la défense et le soutien du porte-avions. Cet ensemble de navires constituent le groupe de combat aéronaval (GCA, en anglais CVBG (Carrier Vessel Battle Group), capable d’intervenir rapidement dans n’importe quel point chaud du monde.
A chaque crise majeure, les GCA ont été appelé à la rescousse. L’arrivée dans la zone de crise d’un porte-avions et de son groupe permet en général d'impressionner le potentiel belligérant. Depuis Franklin D. Roosevelt, tous les présidents américains ont au moins une fois durant leur mandat posé la question fatidique : « Où sont les porte-avions » ?
Et pourtant les USA n’ont pas toujours été favorables aux porte-avions et ne disposaient jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale que de quelques unités. L’attaque japonaise sur Pearl Harbour le 7 décembre 1941 démontra l’importance stratégique de ce navire que le complexe militaro-industriel des États-Unis d'Amérique se mit à en produire en grand nombre. Pas moins de vingt-six unités lourdes (CV, CVB et CVL) et près de trois fois plus de petits porte-avions d'escorte (CVE) furent achevés durant la durée du conflit, dont certains, basés sur la technique de construction des « Liberty Ships », étaient montés en quelques semaines seulement.
Deux autres guerres démontrèrent le côté indispensable des porte-avions : la guerre de Corée et la guerre du Viêt-Nam. L’impossibilité de disposer de terrains d’aviation adéquats imposa aux chasseurs et hélicoptères américains (certains CVE furent convertis en porte-hélicoptères) de décoller de navires situés au large des côtes coréennes puis vietnamiennes, permettant ainsi d’effectuer des raids aériens en territoire hostile, sans pour autant exposer cette « base aérienne » au feu de l’ennemi.
Après le retrait des troupes US du Viêt-Nam, le maintient en service actif d’un tel nombre de porte-avions ne se justifiait plus, et plusieurs ont été mis hors service dans les années 1970. Certains d’entre eux ont été placés comme NISMF - Naval Inactive Ship Maintenance Facility (Navire inactif avec entretien naval maintenu) et peuvent, en cas de conflit majeur, être rapidement remis en service.
La fin de la guerre froide, suite à l’effondrement de l’URSS, réduisit drastiquement le budget américain de la défense, mais n’influa pas le nombre de bâtiments maintenus en service. Actuellement, la situation budgétaire due à la guerre contre le terrorisme, à la guerre d'Afghanistan et à la guerre d'Iraq risque de faire fondre les effectifs de la flotte à seulement 10 unités opérationnelles en 2012.
Cependant, le Pentagone songe déjà à l'avenir, et les projets de porte-avions du futur avancent bon train. La prochaine génération de chasseurs embarqués ne devrait plus comporter de pilote à leur bord...