George Bruce de Carnock, également producteur de sel sur les terres d'une abbaye confiée à son cousin, a innové dès 1607 dans les Mines de charbon d'Ecosse en installant une île artificielle sur l'embouchure de la rivière, permettant d'accéder au gisement sous-marin et l'un de ses trois puits, le plus exposé au ruissellement, était draîné par un système actionné par une roue hydraulique, ce qui permettait de creuser la terre jusqu'à une profondeur d'une quinzaine de mètres. Un siècle et demie plus tard, la région profitera de la voie d'acheminenement terrestre construite par Sir John Anstruther
Charles Montagu (1658-1721) a donné un coup d'accélérateur aux Mines de charbon de Newcastle car il a utilisé dès 1692 des wagonnets en bois, dont il reste des traces , et surtout lancé la construction d'un parcours de 6 kilomètres, fait de rails de bois, qui l'a aidé à relier sa mine de Gibside (Hutton), trop éloignée de la rivière à son autre mine, Benwell, proche de la rivière Tyne, voie naturelle d'écoulement du charbon vers le Port de Newcastle. Dès 1671 Sir Thomas Lyddell avait relié sa mine de Ravensworth à la Tyne mais sur à peine quelques centaines de mètres.
En 1720, la famille Montagu avait des actions dans onze sociétés minières de la région tandis que George Liddell et William Cotesworth sont actionnaires dans six autres, après rejoint les courtiers en charbon Robert Wrhight et Thomas Brumell dans la mine de Bucksnook, dont 3/8 avait été vendu au propriétaire terrien Gilbert Spearman. La plupart des ces premiers entrepreneurs du charbon britannique se sont tenus à l'écart des grandes spéculations de Londres.Parmi eux, William Blakiston Bowes achète en 1713 le magnifique chateau de Gibside.
Avec d'autres entrepreneurs de la région, elle multiplie ces voies. En 1712, Thomas Brumell et Sir John Clavering en ouvrent une nouvelle reliant les mines de Byermoor, Lintz et Bucksnook à Derwenthaugh en passant par Burnopfield et Swalwell, abandonnée en 1726 alors qu'en 1721 une rival, la Western Way, a été construite par la famille Bowes, elle même rendu obsolète par l'ouverture en 1739 d'une voie reliant la partie ouest de vallée de Derwent, longue de plus de 15 kilomètres, à Derwenthaugh.
Le député George Pitt visite ce réseau, mais William Davison lui réclame un droit de passage car seule le charbon passe gratuitement. En novembre 1726, les familles Montagu, Wortley, Ord, Liddell et Bowes, créent l'association "Les grands alliés" visant à faciliter le passage des wagons dans le canton de Durham et aboutit à construire l'Arche de Tanfield, haute de 20 mètres et laissant passer deux voies, au dessus d'une vallée adjacente, dans le comté de Durham), qui coûta 1.200 sterling. La voie passe aussi sur la digue de Beckley Burn, qui fait 35 mètres de haut. Ce réseau permettra à l'agglomération urbaine Newcastle d'avoir en 1838 le premier réseau ferré urbain complet du monde.
En 1765, Gabriel Jars de l'Académie des sciences raconte dans ses "Voyages Métallurgiques" que le réseau "est en permanence couvert de wagons" et constate qu'une même norme s'est imposée partout: "la largeur interieure du chemin" de 4 pieds. Son "Recueil des Arts et Métiers", publié en 1773 cinq ans après sa mort, observe qu'une partie du matériel, les roues, est en acier et que les chevaux tirent les wagons. Mais dès 1734, un brevet de 1731 pour des roues et des rails en acier est utilisé partiellement. Les rails de bois sont doublés, pour gagner du temps en cas de réparation, et importés du sud de l'Angleterre. Les rails n'auraient été utilisés qu'en 1778 en sous-sol.
George Stephenson, l'inventeur de la première vraie locomotive en 1817, travaillait sur le réseau de voies des mines de charbon de Newcastle, dans la mine de Long Benton, où il fait circuler une locomotive expérimentale dès 1814, tandis qu'à la mine de Wylam, John Whinfield, de Gateshead, fit fit entrer en service dès 1805 une Locomotive de Pen-y-Darren du type de celle inventée en 1804 par Richard Trevithick, ce qui amène à refaire la ligne en 1808, avec des rails plats en forme de L. Dans une autre mine, en 1809, 10,000 personnes assistent à la remontée de wagons à l'aide d'une machine à vapeur, organisée par Samuel Cooke.
Les Mines de charbon du Pays de Galles ont profité elle au tout début du XVIIIe siècle des raffineries de cuivre de Sir Humphrey Mackworth, qui ont augmenté très progressivement les besoins en charbon. Cette région bénéficiera surtout de la carte du sous-sol d'Angleterre tracée par William Smith (1769-1839), souvent considéré comme premier géologue britannique, un stage dans une mine de charbon lui donnant l’intuition de la stratigraphie, en comparant sa collection de fossiles et les roches les entourant. Les Mines de charbon du Pays de Galles profitèrent aussi des investissements de John Crichton-Stuart (2e marquis de Bute)(1793-1848), magistrat de la ville de Cardiff, qui modernisa le port et acheta de nombreuses terres pour encourager le commerce du charbon. Ses revenus firent de lui un des aristocrates les plus fortunés de Grande-Bretagne.
Les Mines de charbon du Lancashire ont connu, comme celles du Pays de Galles une croissance plus tardive, favorisée dans les deux cas par une distance plus proche des grands centres urbains, proximité renforcée par les très nombreux aménagements de rivière en Angleterre, réalisés surtout dans cette région dès la fin du XVIIe siècle, en particulier la Navigation Douglas au nord du bassin houllier, et la Mersey and Irwell Navigation, au sud de ce même bassin. Ces travaux d'envergure sont relayés progressivement par un réseau de canaux très dense, dont les premiers sont le Sankey Canal de 1757 et le Canal de Bridgewater de 1761.
Entrepreneur emblématique de ces Mines de charbon du Lancashire, Francis Egerton (3e duc de Bridgewater) s'endette très jeune pour faire creuser ce Canal de Bridgewater de Worsley (Lancashire) à Manchester pour le transport de charbon extrait de mines situées sur ses terres de Worsley, où plusieurs galeries déversent leur eau directement vers le canal, qui plus loin fait sensation avec son fameux pont-canal au-dessus de l'Irwell, bâti par le célèbre ingénieur James Brindley. A sa mort Francis Egerton (3e duc de Bridgewater) était le noble le plus riche de Grande-Bretagne, avec une fortune de quelques 2 millions de livres, après avoir été endetté tout le reste de sa vie.