Le gouvernement Thatcher appliqua une politique de cession des sociétés nationalisées à des repreneurs privés, c'est-à-dire de privatisation. Pour ce qui concerne les chemins de fer, cette politique gouvernementale eut peu d'effets durant toute la période Thatcher sauf dans quelques secteurs relativement limités, car on estimait que privatiser le cœur d'activité de l'exploitation ferroviaire serait trop difficile.
La chaîne hôtelière British Transport Hotels fut vendue, principalement hôtel par hôtel, en 1982. La société Sealink UK Limited fut vendue en 1984 à Sea Containers Limited, qui ultérieurement la revendit à son concurrent Stena Line. En 1988 British Rail Engineering Limited fut scindée en deux partie, les plus grands ateliers du matériel qui devinrent BREL Ltd (1988), et les plus petits ateliers, affectés à l'entretien courant du matériel roulant, qui devinrent British Rail Maintenance Limited (BRML). BREL (1988) Ltd fut rapidement cédée au conglomérat helvéto-suédois ASEA Brown-Boveri, devenu par la suite ABB Transportation. La fusion d'ABB Transportation avec Daimler Benz créa ADtranz le 1er janvier 1996, société rachetée ensuite par le goupe canadien Bombardier.
Pour des raisons d'efficacité et pour réduire le montant des subventions demandées au gouvernement, British Rail entrepris une vaste réorganisation de ses structures de gestion vers la fin des années 1980. La nouvelle organisation était basée sur des unités d'affaires plutôt que des régions géographiques, elle apparut d'abord en 1985 avec la création de Railfreight, l'unité d'affaires fret du BRB, et la création en 1986 de Network SouthEast, qui assurait les services locaux de voyageurs dans le sud-Est de l'Angleterre, y compris la banlieue de Londres. La sectorisation s'acheva en 1987 avec la création des unités InterCity, Provincial (rebaptisée plus tard Regional Railways), Parcels (rebaptisée plus tard Rail Express Systems), Departmental (ingénierie), Freightliner et les secteurs des Services centraux (par exemple Recherche). Les structures régionales subsistèrent en parallèle pendant quelques années avant d'être abolies. La sectorisation fut généralement considérée par les professionnels comme une grande réussite, et elle devait avoir un effet important sur la manière dont la privatisation fut réalisée ensuite.
En 1986, se produisit ce qui, rétrospectivement, peut être considéré comme un signe avant-coureur de la privatisation à venir. L'exploitant de carrières Foster Yeoman acquit auprès de la division Electromotive de General Motors (GM-EMD) un petit nombre de très puissantes locomotives de 3600 CV de la série « Classe 59 », pour tracter des trains de matériaux depuis leurs carrières du Wiltshire. Bien que propriété de Foster Yeoman, qui en assurait aussi l'entretien, les locomotives Classe 59 étaient conduites par du personnel de British Rail. Durant les essais de réception, le 16 février 1986, la locomotive 59001 tira un train de 4639 tonnes, la plus forte masse jamais tractée par une unité de traction non-articulée. Les Classe 59 de Foster Yeoman se révélèrent extrêmement fiables, et rapidement un autre carrier, ARC, ainsi que l'électricien privatisé National Power achetèrent aussi quelques locomotives Classe 59 pour tracter leurs propres trains.
En 1986 également, la possibilité d'éclater British Rail fut explorée lorsque des négociations furent conduites avec Sea Containers Ltd, qui obtint par la suite la concession du GNER, à propos de la reprise éventuelle du chemin de fer de l'île de Wight. Toutefois ces discussions ont avorté.
En 1988 en Suède, les chemins de fer de l'État, Statens Järnvägar, ont été divisés en deux parties, Banverket pour gérer l'infrastructure, et SJ pour exploiter les trains. C'était la première fois qu'une compagnie nationale de chemin de fer était scindée de cette manière, et cela permettait aux collectivités locales de mettre aux enchères les services locaux de voyageurs qui pouvaient intéresser de nouveaux exploitants ferroviaires. Le système suédois apparut à l'origine comme une grande réussite, bien que certains exploitants aient fait faillite par la suite, et cette expérience fut observée avec un grand intérêt dans les autres pays. Certains observateurs, dont le patron des Chemins de fer fédéraux suisses, généralement considérés comme parmi les meilleurs du monde, estiment encore que l'idée de séparer ainsi l'infrastructure et l'exploitation, est fondamentalement erronnée, étant basée sur le modèle du transport aérien dans lequel l'infrastructure, l'ingéniereie et l'exploitation sont conçues de manière complètement différente. De ce point de vue, l'interface roue/rail est une entité fondamentale au cœur de la technique ferroviaire, et partant le plus mauvais point possible pour opérer une séparation, en particulier dans les réseaux à trafic intense et diversifié comme l'est le réseau britannique.