Problème de l'obstacle

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Introduction

Le problème de l'obstacle est un problème classique de mécanique. Pour visualiser ce problème, il faut imaginer une membrane recouvrant un objet appelé alors obstacle (tel un film cellophane recouvrant un rôti de boeuf !). En effet, ce problème consiste à trouver une courbe solution u qui a une position très précise par rapport à l'obstacle et qui en plus vérifie une propriété de minimisation de longueur.

Pour mieux appréhender le problème, considérons-le en dimension 1. La membrane est alors un élastique recouvrant un objet. Cet élastique qui se trouve toujours au-dessus de l'objet tend à minimiser sa longueur. De plus, pour de petites variations, minimiser sa longueur revient à minimiser son énergie, en effet paramétrant l'élastique sur l'intervalle [ − 1,1] par

pour .

la longueur de l'élastique entre − 1 et 1 est :

.

Nous voudrions minimiser cette longueur, c'est-à-dire trouver

.

Or, si u' est suffisamment petit, nous avons .

Minimiser la longueur de l'élastique revient donc à trouver

,

ce qui revient à minimiser

.

Approche théorique

Existence et unicité

Le problème de l'obstacle peut être vu comme une application du théorème de Stampacchia, en considérant la proposition suivante:

Proposition —  L'espace de Hilbert le convexe fermé non vide

et χ < 0 aux bords, la forme bilinéaire, continue, coercive et symétrique

{{refnec| }}

et la forme linéaire continue

{{refnec|}}

vérifient les hypothèses du théorème de Stampacchia.

(Les démonstrations se font aisément en utilisant les inégalités de Hölder et de Poincaré.)

Le théorème de Stampacchia s'applique donc, et ainsi il existe un unique

tel que :

Ce qui est équivalent à dire qu'il existe un unique tel que :

De plus, a étant symétrique, alors u est caractérisé par la propriété :

Propriétés de la solution

Démontrons à présent quelques propriétés vérifées par la solution u, en utilisant la dérivée seconde de u. Cependant , u' est alors une dérivée faible et se pose alors le problème de définir la dérivée seconde. C'est pourquoi il faut utiliser une théorie plus générale : la théorie des distributions.

Proposition —  Avec les notations du théorème de Stampacchia,

  • au sens des distributions sur Ω = ] − 1,1[
  • u'' − g = 0 au sens des distributions sur .

Recherche intuitive de la solution

Etablissons un raisonnement afin de trouver une solution explicite au problème de l'obstacle où χ(t) = 1 − 2t et g = 0. L'obstacle est donc une parabole symétrique.

Forme de la solution près des bords

Proposition — Sur est une droite.

Fig. 1: Le saut de la dérivée en t0 est "positif"

Proposition —  Soit u est une droite telle que u( − 1) = 0 et coupe χ au point d'abscisse t0, à partir de ce point u = χ(voir figure). Ainsi u'(x) < u'(y) où a < x < t0 < y < b tels que soient très proches de t0. Alors au sens des distributions sur ]a,b[.

Comparaison d'énergies

Proposition —  Soit T0 la tangente à χ au point d'abscisse telle que T0( − 1) = 0. Soit T1 la tangente à χ au point d'abscisse telle que T1(1) = 0. Définissons deux fonctions dans K :

  • L'énergie de u, est inférieure à celle de u1, .
  • En considérant u1 telle qu'elle a été définie précédemment et u2 un triangle centré (voir figure 2), l'énergie de u2 est supérieure à celle de u1.
  • L'énergie d'un triangle décentré u3 est supérieure à celle d'un triangle centré u2 (voir figure 2).
  • Soit la solution tordue (voir figure 2). Alors l'énergie de est supérieure à celle de u.

Conclusion

Fig. 3: Solution dans le cas d'un obstacle concave

La solution semble donc être (voir Fig. 3)

,

et on vérifie facilement que c'est le cas car cette solution vérifie le théorème de Stampacchia qui garantit son unicité :

Extensions du problème

Obstacle non concave

Fig. 4: Solution du problème avec obstacle non-concave

Considérons maintenant un autre obstacle, à savoir : χ(t) = − 5t + 3t + 0,5 sur I = [ − 1,1]. Le raisonnemement établi lors de l'étude de l'obstacle précédent nous laisse penser que la solution éventuelle serait de la forme (voir Fig. 4):

et t0,t1,t2,t3 sont tels que :

  • a(t + 1) est la tangente de χ au point d'abscisse t0 s'annulant en − 1 ,
  • χ(t) atteint son maximum sur [ − 1,0] au point t1;
  • Par symétrie, comme χ est une fonction paire, t1 = − t2 et t3 = − t0. Ainsi, χ(t) atteint son maximum sur [0,1] au point t2 et − a(t − 1) est la tangente de χ au point d'abscisse t3 s'annulant en 1.

Cette solution vérifie bien le théorème de Stampacchia car

et est donc l'unique solution.

Double obstacle

En considérant maintenant le convexe fermé

,

on peut alors étudier le problème à deux obstacles. Considérons les obstacles χ (t) = − 5t + 3t + 0,5 et χ (t) = 4t + 0,7 sur I = [ − 1,1].

Le raisonnemement établi précédemment laisse penser que la solution éventuelle serait de la forme (voir Fig. 5):

Fig. 5: Solution du problème à deux obstacles

et t0,t1,t2,t3,t4ett5 sont tels que

  • a**t + a est la tangente de χ au point d'abscisse t0 s'annulant en − 1,
  • b**t + c est la tangente commune aux deux obstacles. Elle est la tangente de χ au point d'abscisse t1 et est la tangente de χ au point d'abscisse t2.
  • Par symétrie, comme χ et χ sont deux fonctions paires, t0 = − t5, t1 = − t4 et t2 = − t3. Ainsi, − b**t + c est la tangente de χ au point d'abscisse t3 et est la tangente de χ au point d'abscisse t4 et

a**t + a est la tangente de χ au point d'abscisse t5 s'annulant en 1.

Par les mêmes calculs que précédemment, il est facile de voir que cette solution vérifie le théorème de Stampacchia et est donc l'unique solution.

Problème en dimensions ≥ 2

Enfin, ce problème peut être étudié en dimension supérieure utilisant alors la notion de gradient à la place des dérivées. Une des applications physiques est le recouvrement d'un objet par une membrane élastique.