Le terme propagateur a été introduit en physique par Feynman en 1948 pour sa formulation de la mécanique quantique en intégrales de chemin, une nouvelle approche de la quantification centrée sur le Lagrangien, contrairement à la procédure habituelle de quantification canonique fondée sur le Hamiltonien.
Le propagateur, outil mathématique très commode, sera rapidement identifié par Dyson comme n'étant rien d'autre qu'une fonction de Green. Cette remarque permettra à Dyson de faire en 1948 le lien manquant entre la formulation abstraite de l'électrodynamique quantiquedéveloppée par Schwinger, et celle, basée sur des diagrammes, inventée indépendamment par Feynman.
Propagateur
Introduction
Considérons une particule non relativiste de massem à une dimension, dont l'opérateur Hamiltonien s'écrit :
En représentation de Schrödinger, cette particule est décrite par le ket ∣ψ(t)⟩ qui obéit à l'équation de Schrödinger :
Si l'on se donne à un instant initial t0 fixé une condition initiale ∣ψ(t0)⟩, et en supposant que l'opérateur H^ est indépendant du temps, on peut écrire la solution de l'équation de Schrödinger aux instants ultérieurs t > t0 comme :
Projetons cette équation dans la représentation des positions :
et insérons la relation de fermeture dans le terme de droite :
il vient :
Compte-tenu du fait que ⟨q∣ψ(t)⟩=ψ(q,t), l'équation précédente s'écrit sous la forme :
Définition
On définit le propagateur de l'équation de Schrödinger par :
de telle sorte que la fonction d'onde évolue selon l'équation intégrale :
Remarque
Comme ψ(q,t) est une solution de l'équation de Schrödinger, le propagateur est aussi une solution de cette équation :
qui doit de plus vérifier la condition initiale :
Les mathématiciens parlent dans ce cas d'une solution élémentaire de l'équation de Schrödinger, les physiciens utilisant plutôt le nom de fonction de Green.
Application au calcul d'une amplitude de transition
L'amplitude de transition pour que la particule passe d'état initial | ψ(t1) > à l'instantt1 vers un état ∣φ(t2)> à l'instant t2 > t1 est donné par l'élément de matrice :
En insérant deux fois la relation de fermeture, on obtient :
c’est-à-dire :
On constate donc que la connaissance du propagateur permet de calculer n'importe quelle amplitude de transition quantique, au moins formellement.
Expression du propagateur de la particule libre
Rappels sur la transformation de Fourier
On rappelle les relations :
ψ^(p)=∫2πℏdqe−ipq/ℏψ(q)
ψ(q)=∫2πℏdpe+ipq/ℏψ^(p)
Avec les notations de Dirac, et en utilisant la relation de fermeture sur les impulsions :
Cette relation porte le nom d'équation de Chapman-Kolmogorov dans la théorie des processus stochastiques, dont le mouvement brownien est un cas particulier.