Steampunk

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Le steampunk est un genre littéraire. C'est à l'origine un sous-genre de la science-fiction uchronique, dont l'intitulé a été forgé par allusion au cyberpunk par l'auteur K.W. Jeter à titre de boutade. L'expression steampunk, qui signifie littéralement punk à vapeur, souvent traduite par futur à vapeur, est un terme inventé pour qualifier un genre de la littérature de science-fiction né à la fin du XX siècle, dont l'action se déroule dans l'atmosphère de la société industrielle du XIX siècle. Le terme fait référence à l'utilisation massive des machines à vapeur au début de la révolution industrielle puis à l'époque victorienne. Mais le style steampunk quitta rapidement la seule sphère de la littérature pour s'étendre à d'autres domaines de création et d'expression et devenir un fandom autonome.

Histoire : les origines littéraires du genre

L'origine remonte aux années 1980, par un hommage à l'époque qui suit la Révolution industrielle dans les délires littéraires du trio d'amis K.W. Jeter, Tim Powers et James Blaylock. Jeter écrit Morlock Night (1979) et Machines infernales (1987), Powers rédige Les Voies d'Anubis (1983) et Le Poids de son regard (1989) tandis que Blaylock publie Homunculus (1986) et Le Temps fugitif (1992). Hormis Le Poids de son regard qui est un texte plus sombre, ce sont de véritables hommages (lucides et souvent cruels), aussi frénétiques qu'humoristiques, à une époque révolue, qui marquait une révolution non seulement dans l'économie mais aussi dans les mentalités.

Dans les années 1990, le genre fait de nombreux émules. Parmi les écrivains de langue anglaise qui s'illustrent dans le steampunk figurent William Gibson et Bruce Sterling (La Machine à différences, 1990, qui met en scène les lointains pionniers de l'informatique à l'ère victorienne, Charles Babbage et Ada Lovelace), Brian Stableford (trilogie des Loups-garous de Londres, 1990-1994, et, plus tard, L'Extase des vampires, 1996), Kim Newman (Anno Dracula, 1992, et ses suites), Mark Frost (La Liste des sept, 1993), Paul Di Filippo (La Trilogie Steampunk, 1995), Stephen Baxter (Les Vaisseaux du temps, 1995), Christopher Priest (Le Prestige, 1995) ou encore Robert Charles Wilson (Darwinia, 1998). La trilogie À la croisée des mondes de Phillip Pullman a également de nombreux accents steampunk, bien que l'élément « machine à vapeur » n'y soit pas présent.

Même si Jules Verne ou Albert Robida font figures d'ancêtres tutélaires du genre, les auteurs français ne sont venus que plus tardivement au steampunk comme le note l’anthologie Futurs antérieurs (1999) de Daniel Riche. Cette entrée tardive se manifeste par une floraison d'œuvres telles que Les Grandes profondeurs (1991) et Bouvard, Pécuchet et les savants fous (2000) de René Réouven, Les Inhumains (1992) de Serge Brussolo, les deux opus de la Bibliothèque noire (1998-99) d'Hervé Jubert, L'Équilibre des paradoxes (1999) de Michel Pagel, Confessions d'un automate mangeur d'opium (1999) de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit, La Cité entre les mondes (2000) de Francis Valéry, La Lune seule le sait (2000) et Pandemonium (2001) de Johan Heliot, L'Instinct de l'équarisseur (2002) de Thomas Day ou La Ligue des héros (2002) de Xavier Mauméjean. Parmi les œuvres fondatrices françaises « historiques » du genre, on peut sans doute citer aussi, en remontant au début du XXe siécle, les anticipations militaires d'Émile Driant alias « Capitaine Danrit ».

Le genre se raccroche à une longue tradition littéraire qui joue sur les rapports de la fiction et de la machine. Jules Verne, H.G. Wells, Mark Twain et Mary Shelley développaient déjà les thèmes de l'artifice ou de l'automate. Le dispositif littéraire du récit fantastique se reflète dans les ruses et les pièges d'inquiétantes mécaniques échappant au contrôle de leurs inventeurs. C'est sur la scène des théâtres que la machine est entrée en littérature: le dramaturge Pierre Corneille, en 1660, monte au château du Neubourg la première pièce à machines, La Toison d'or. Dès les origines, la machinerie des théâtres fut perçue comme une métaphore de cet autre engin qu'est l'intrigue, comme en témoigne l'expression deus ex machina. Le steampunk systématise et industrialise la puissance littéraire de la machine et de ses représentations.

Rétrospectivement, la critique s'intéresse à des titres publiés avant 1979 qui répondent aux critères de définition du steampunk et qu'elle a baptisé du terme générique de proto-steampunk. Le proto-steampunk comporte des œuvres marquantes comme Le Voyage de Simon Morley (1970) et sa suite tardive Le Balancier du temps (1995) de Jack Finney ; la trilogie uchronique qui met en scène le personnage d’Oswald Bastaple (1971-81) de Michael Moorcock ; Frankenstein délivré (1973) de Brian Aldiss ; les extravagances de Philip José Farmer comme Chacun son tour (1973) ou Le Saigneur de la jungle (1974) ; La Machine à explorer l'espace (1976) de Christopher Priest ; voire Fata Morgana (1977) de William Kotzwinkle, influencé par le polar.

Les amateurs de Bande dessinée, eux, avaient déjà découvert Le Démon des glaces (1974) de Tardi ou le méconnu Captain Hard (1989) de Walter Fahrer.

Le courant steampunk a donné naissance à deux catégories d’œuvres : celles qui créent leur propre univers en obéissant aux contraintes fixées par les pionniers du genre, Powers, Blaylock, Gibson & Sterling et Stableford, et celles qui se veulent systématiquement référentielles.

Ces dernières exploitent l'environnement littéraire et culturel de l'époque victorienne pour mettre en scène des personnalités réelles ou imaginaires (Sherlock Holmes, Frankenstein, Dracula et le Dr Jekyll, mais aussi Jack l'éventreur, Charles Babbage ou Ada Lovelace), ou bien s'inspirent de romans de l'époque de Wells, Verne ou Doyle. Le fameux univers généalogique Wold Newton, rassemblant tous les grands héros de la littérature populaire, inventé par Philip José Farmer, n'est pas étranger à cet engouement. Ce dernier sous-genre est illustré notamment par la BD La Ligue des gentlemen extraordinaires d'Alan Moore, traduite et portée à l'écran depuis, mais aussi par des auteurs comme Kim Newman, Stephen Baxter, René Réouven ou Johan Heliot.

Ces œuvres se caractérisent par un intertexte foisonnant. Le personnage de M, de la Ligue des gentlemen extraordinaires, évoque d'abord James Bond mais se révèle être un autre M plus sinistre en hommage à Fritz Lang. « Appelez-moi Ishmael », se présente le second du capitaine Nemo en accueillant l'équipe des gentlemen extraordinaires à bord du Nautilus« Il manque un portrait sur votre mur » fait-on remarquer à Dorian Gray. Le personnage de Hyde est de son côté retrouvé dans la rue Morgue.

De nombreux textes steampunk n'ont pas été traduits en français, à commencer par la pièce fondatrice, Morlock Night de K.W. Jeter, Black as the Pit, from Pole to Pole (1977) de Howard Waldrop et Steven Utley, The Hollow Earth (1990) de Rudy Rucker, Anti-Ice (1993) de Stephen Baxter ou l'irrespectueux Zeppelins West (2001) de Joe R. Lansdale.

Caractéristiques et esthétique du Steampunk

Caractéristiques

A l'origine, le Steampunk est un genre littéraire dont Jules Verne, Albert Robida ou H.G. Wells fournissent les caractéristiques et l'esthétique de l'univers d'expression à travers leurs romans ou les adaptations cinématographies qui en ont été faites : 20.000 lieues sous les mers de Richard Fleischer (1954), Aventures extraordinaires de Vynalez Zkazy et Karel Zeman(1957) ou La Machine à explorer le temps de George Pal (1960). L'univers des époques victorienne et édouardienne (Édouard VII ayant été qualifié de last victorian king par l'historien britannique Christopher Hibbert) d'avant la Première Guerre mondiale reste l'un des décors favoris du genre.

Par extension sont assimilés au genre du Steampunk les récits qui se déroulent soit dans le futur, soit dans un présent uchronique alternatif – où apparaissent des personnages historiques ayant réellement existé –, quand leur décor rappelle le design de l'environnement industriel du XIX siècle ou que la société qu'ils décrivent ressemble à celle, socialement très rigide et cloisonnée, comme dans Les Chemins de l'espace de Colin Greenland (1993).

Sous-genre de la SF, les œuvres steampunks relèvent aussi de l'aventure et du roman policier - voire du western comme Wild, Wild West. Pour les distinguer du récit où interviennent des éléments relevant du Fantastique, les critiques utilisent le terme de Gaslight Fantasy , genre dans lequel s'illustrent notamment Anne Rice et le Français Fabrice Bourland.. Le steampunk recoupe fréquemment d'autres genres référentiels de la SF comme le voyage temporel, l' uchronie (décalage temporel et histoire alternative) et les univers parallèles. Cet aspect uchronique canonique a valu aux œuvres de SF steampunks les labels de « chroniques du futur antérieur » ou de « rétrofutur » chez les fans du genre.

Une des principales différences entre le steampunk et la science-fiction des auteurs d'anticipation du XIX siècle comme Albert Robida - qualifiée de proto-steampunk par les puristes -réside dans la présence d'éléments anachroniques plus tardifs comme les ordinateurs ou les manipulations génétiques qui n'existaient évidemment pas à l'époque . Le Steampunk se distingue aussi par son humour, bien des auteurs - K.W. Jeter, qui porta le genre sur ses fonds baptismaux, en tête - considérant le genre comme un jeu littéraire font tout en clins d'œil aux pères de la science-fiction, du roman fantastique et du roman d' aventures extraordinaires - pour reprendre le titre de la fabuleuse collection des œuvres de Jules Verne.

Esthétique : le design industriel 1900 et l'inspiration Belle Époque

carte postale des installations techniques du Métropolitain parisien - fin XIXe

En un raccourci caricatural, on pourrait dire que le steampunk part du postulat que dans un univers où les machines à vapeur auraient progressé au-delà de ce que nous connaissons, les hommes n'auraient pas éprouvé le besoin d'inventer les moteurs à combustion interne. L'esthétique de cette civilisation uchronique est très différente de la nôtre, puisque l'absence de pétrole entraîne celle des matières plastiques ainsi qu'un retard dans le développement de l'électricité et de l'informatique, ou leur absence pure et simple. Le décor s'inspire de l’architecture industrielle de la fin du XIX siècle. L'industrie du charbon étant très développée, en parallèle avec celle de la métallurgie, le fer puddlé y tient lieu de matière première principale. De même, l'esthétique est souvent associée aux boiseries sombres et au laiton. Les engrenages complexes ou simplement décoratifs sont, eux aussi, souvent employés . Au niveau des transports, l'avion et la voiture individuelle sont souvent en retrait, en faveur du dirigeable et du train.

L'allure vestimentaire est un mélange du siècle victorien et d'accessoires divers. Elle incorpore des éléments d'avant et après les deux guerres mondiales. L'esthétique vestimentaire steampunk se rapproche de la mode gothique, elle aussi d'inspiration victorienne.

Tandis que l'ère de l'électronique tend vers la miniaturisation, l'élément esthétique fondamental du steampunk est son gigantisme. Cette technologie, délibérément bloquée au stade de la machine à vapeur, produit des constructions démesurées, complexes extravagants de tuyauteries actionnées par des leviers et des claviers aussi nombreux que compliqués. Les véhicules à vapeur semblent souvent lourds et difficilement maniables, nécessitant une très forte dépense d'énergie pour un rendement mécanique faible. Le héros classique dans ce genre d'univers est le mécanicien de génie.

Toutefois certains univers steampunk semblent posséder une avancée technologique sur l'époque contemporaine. C'est le cas des « greffes mécaniques » dans l'animé Fullmetal alchemist ou dans des films comme Wild Wild West. La mécanique y est aussi mieux développée (l'araignée mécanique de Wild Wild West), tout comme les automates à vapeur.

Sherlock Holmes et le steampunk

Figure emblématique et icône mondiale de la littérature victorienne, le personnage créé par Sir Arthur Conan Doyle fut récupéré par les auteurs de la littérature steampunk. Au sein du courant référentiel du genre, la SF holmesienne compte actuellement un important corpus d'œuvres dont: Sherlock Holmes' War of the Worlds des Wellman père & fils,Exit Sherlock Holmes de Robert Lee Hall, Le dossier Holmes-Dracula de Fred Saberhagen, le Bestiaire de Sherlock Holmes de René Réouven ou la polymorphe et remarquable anthologie Gaslight Grimoire parmi bien d'autres, essentiellement en langue anglaise, et, pour la plupart, inédites en français .

Steampunk et fiction post-apocalyptique

Le steampunk fait occasionnellement des emprunts esthétiques aux univers de fiction dits post-apocalyptiques, comme dans la série de jeux vidéo Fallout, notamment à cause de la technologie qui semble être rétrograde, grossière et de récupération. Un autre exemple de ce télescopage entre ces deux genres est donné par le roman La Nuit des Triffides de John Wyndham. Citons le cycle Omale (3 romans) du Français Laurent Genefort, décrivant un monde steampunk de guerre interminable entre Humains et extra-terrestres. Un autre exemple peut encore être Engrenages, le tome trois de la bande dessinée Sillage, qui présente un peuple coincé à l'âge industriel combat des milliers de robots, à un stade technologique bien plus avancé, le tout dans un monde ravagé par ces combats incessants.

Steampunk et exotisme

Le XIX siècle, siècle de références esthétiques du Steampunk, fut riche de très nombreuses explorations géographiques, ethnologiques, scientifiques et archéologiques. La nouvelle vision du monde qui en résultat fut à l'origine de différents courants artistiques d'inspiration exotique comme l'orientalisme. Le steampunk fait quelques clins d'œil à cet exotisme pompier - dont les Expositions coloniales marquèrent l'apogée -comme l'illustrent la bande dessinée Les Corsaires d'Alcibiade, d'inspiration vernienne, ou certaines vignettes de Hauteville House.

Les domaines d'expression du genre steampunk

Dès les années 1990, grâce à la féconde imagination des fans du genre, le steampunk a largement débordé le cadre de la seule création romanesque pour s'étendre à une multitude d'autres domaines artistiques.

Steampunk Graphique

L'iconographie est historiquement, une des premières manifestation du genre en dehors de la littérature.

Certains artistes ont explorés cet univers :

  • Albert Robida (1848-1926) qui fut un précurseur du dessin fantastique et de l'illustration, un auteur de romans et articles, graveur, aquarelliste et peintre.

Jeux de rôles, reconstitutions historiques et Happenings

Une reconstitution victorienne contemporaine : le photographe s'est soucié de reproduire la couleur sépia d'époque.

La reconstitution historique - le reenactment en anglais - est un hobby extrêmement populaire en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Sorte de jeu de rôle grandeur nature, il a pris son essor en France grâce aux passionnés d'uniformologie napoléonienne . Sensus stricto, on peut difficilement parler de reconstitution historique ici puisque le steampunk est en pleine uchronie. Le jeu consiste en un travestissement à la mode victorienne tout en s'équipant d'accessoires (armes, « instruments scientifiques » (sic), etc.) fantaisistes de design 1900.

Dans le domaine du jeu de rôle sur table (forme première du jeu de rôle), citons Space 1889 comme un pionnier du genre (l'action se déroulait à la fin d'un XIX siècle où l'on aurait maîtrisé le voyage spatial).

Le jeu de rôle "Les Royaumes d'Acier" (Iron Kingdoms en V.O.) est orienté vers l'ambiance Steampunk, avec un monde où la technologie vapeur cotoie la magie dans un univers Med-fan pour le système D20 (éditeur : Privateer Press)

Dans le domaine du jeu de société, citons 221 B. Baker Street (Éd. Gibsons Games 1991 - Habourdin International pour l'édition française), à vocation « policière » dans l'esprit steamy.

Le jeu Dungeon Twister - de conception française, mais existant aussi en version anglophone - mêle le genre fantastique et steampunk. Le but du jeu est de traverser un labyrinthe dont les salles peuvent pivoter, grâce à un mécanisme dans chacune d'elles. Les salles sont connectées par paires, ce qui permet au joueur de faire 'twister' une salle depuis sa salle jumelle. Outre les personnages et objets classiques du fantastique (magicien, troll, bâton de boule de feu, etc.), il en est de style "steampunk" : le méchanork (capable de twister les salles dans le sens qu'il désire), la scie à vapeur, le golem (dont la graphie tient plus du robot 'frankensteinien' que du golem de la cabbale).

Le jeu de batailles avec figurines Warmachine édité par Privateer Press place les joueurs à la tête d'armées dans le monde des Royaumes d'Acier.

Jeux de société

Quelques exemples alliant Steampunk et univers ludique.

    • Industria (2003, de Michael Schacht, Editeur QueenGames)
  • Mission Planète Rouge (2005, de Bruno Faidutti et Bruno Cathala, Editeur Asmodée)
  • Khronos (2006, Arnaud Urbon et Ludovic Vialla, Editeur Matagot)
  • Mad Zeppelin! (2010, Olivier Pauwels, Editeur AEG DustGames)

Musique

L'univers musical a, lui aussi, été influencé par le steampunk. Contrairement à d'autres mouvements tels que le rock punk ou le goth, la musique steampunk n'est pas encore un genre à part entière. On retrouve du steampunk aussi bien chez des groupes de metal, de folk ou de rap.

L'album A Posteriori de ENIGMA (EMI) participe de cette ambiance Vapeur/Acier/voix instrumentales.

Ces musiques sont caractérisées par un ou plusieurs points :

  • 1 L'esthétisme et la tenue vestimentaire des membres du groupe.
  • 2 Les sonorités employées (bruit de pistons, d'engrenages, de mécaniques etc.).
  • 3 Les thèmes des paroles (univers uchronique).

Il est à noter qu'une majeure partie de la musique est issue du milieu de la musique industrielle.

La première vague de musique de ce style est partie des États-Unis avec des groupes/artistes tels que:

  • Abney Park
  • Vernian Process
  • Dr Steel

Puis sont venus d'autres groupes/artistes influencés (ou non) par les premiers :

  • AtOmsk
  • Caravan Palace (S'éloignant du Steampunk, il s'agit d'un croisement entre swing et électronique)
  • Dexy Corp_ (Plus proche du mouvement dieselpunk et Cyberpunk)
  • Extraordinary Contraption
  • Narval (Groupe) (Steampunk Metal, français)
  • Smashing Pumpkins
  • Spiky
  • Synthonym

Un des labels de musique connu est Gilded Age Records, qui regroupe de nombreux artistes plus ou moins influencés par cet univers.

Clips musicaux

  • Désenchantée (1991) de Mylène Farmer, clip à l'esthétique « post-apocalyptique » sombre, l'atmosphère ne manquant pas de rappeler Charles Dickens et les bas-fonds londoniens, décors de la vie d' Oliver Twist.
  • By The Sword (2010) du guitariste américain Slash, accompagné par le chanteur de Wolfmother Andrew Stockdale, largement inspiré de cette esthétique et du design industriel du début du XXe siècle.

Environnement et design

Télectroscope Steampunk exposé à Londres

Quelques attractions des parcs d'attraction Disney peuvent sans conteste se classer dans la « mouvance » du Steampunk. Space Mountain de la Terre à la Lune (1995-2005) à Disneyland Paris tiré du roman éponyme de Jules Verne, proposait un voyage vers la Lune en recréant une atmosphère "victorienne/vernienne" très particulière empruntant de nombreuses caractéristiques au style Steampunk. L'attraction Discovery Arcade a elle aussi été conçue dans le même esprit.

Communauté et état d'esprit

Ordinateur restylé d'inpiration Steampunk

À l'instar du mouvement gothique, il s'est créé un "mouvement" Steampunk, communauté de créateurs, d'exégètes et de fans du genre. Défilés de mode, happenings, expositions d'objets, et sites internet en sont les principaux moyens d'expression - à l'initiative principalement des Anglo-saxons, particulièrement actif dans ce domaine.

Le steampunk peut être résumé approximativement en un mot : « bricoleur ». C'est un état d'esprit visant à créer, expérimenter, et construire des objets ou des œuvres soi-même (c'est en quelque sorte l'incarnation du D.I.Y. (Do It Yourself) ou D.O.Y. du mouvement punk), comme l'illustre le cliché du savant fou ou de l'ingénieur de génie. C'est aussi la recherche d'une « esthétique de vie » définie par les canons steampunk. Par ailleurs, la devise de Steampunk magazine résume l'éthique du mouvement : « Love the machine, hate the factory » (« aime la machine, déteste l'usine »).

Autres médias

Le genre steampunk s’applique aussi à d’autres médias, par des œuvres qui s’en réclament directement ou que les critiques ont classé rétrospectivement dans ce genre.

Jeux vidéo

La quasi-totalité des jeux de Infocom et plus particulièrement Zork: Grand Inquisitor (1997 - Activision)

  • La série Sakura Taisen (Sakura Wars, 1997 et plus), déclinée sur plusieurs consoles.
  • La série Fallout : Fallout, Fallout 2, Fallout 3, Fallout New Vegas, etc.
  • Thief the Dark Project, un jeu d'infiltration mélangant le médiéval et les machines à vapeur de l'ère industrielle.
  • Final Fantasy VI, Square Enix (1994)
  • Wachenröder (Sega Saturn, 1998)
  • Arcanum : Engrenages et Sortilèges (PC, 2001)
  • Dark Chronicle (2003) et son ancêtre Dark Cloud (2001)
  • Kotetsu Teikoku (Steel Empire) : (Megadrive et Game Boy Advance, 2005)
  • Steambot Chronicles (PS2, 2005)
  • Rise of Legends met en scène les Vinci qui maîtrisent la vapeur (2006) ;
  • Timeshift (PS3, Xbox 360 et PC, 2007) ;
  • Damnation (PS3, Xbox 360 et PC, 2008) ;
  • TimeSplitters: Future Perfect Game cube, Xbox, PS2, principalement les chapitres se déroulant en 1924, mais rappelant le steampunk ;
  • Baten Kaitos (Game cube), Sur l'île de l'Empire ;
  • Bioshock (PS3, Xbox 360 et PC, 2007-2008), BioShock 2 (PS3, Xbox 360 et PC, 2010) ;
  • Lost Odyssey (Xbox 360, 2007-2008) ;
  • Hidden & Dangerous (PC, 1999) : les passages dans les industries, et l'utilisation du jetpack inspiré des inventions de De Vinci) ;
  • Dirk Valentine and the fortress of steam (Jeu en ligne (nitrome.com), 2008) ;
  • Resonance of Fate (Xbox 360, PS3, 2010).
  • Edge of Twillight (Xbox 360, PS3, PC, Jeu annoncer,) situe l'histoire dans un monde entièrement inspiré par la culture Steampunk.

Séries télévisées

  • Brisco County (The Adventures of Brisco County, Jr., 1993-1994) ;
  • Les Mystères de l'Ouest (The Wild Wild West, 1965-1969) ;
  • La Poupée sanglante (feuilleton télévisé) (1976) ;
  • Sherlock Holmes (anime) de Hayao Miyazaki (1984-1985) ;
  • Nadia, le secret de l'eau bleue (anime) (1990-1991) ;
  • Read or die (2001) ;
  • Last Exile (2002) ;
  • Fullmetal Alchemist (anime) (2004) ;
  • D-gray man (anime) (2007) ;
  • Dr Who ;
  • Détective Murdoch (The Murdoch Mysteries).

Films

  • L'Invention diabolique, Karel Zeman (1958) ;
  • Chitty Chitty Bang Bang, Ian Fleming & Ken Hughes (1965) ;
  • Dune, David Lynch (1984) ;
  • Brazil (1985) de Terry Gilliam ;
  • Le Château dans le ciel (1986) de Hayao Miyazaki ;
  • Retour vers le futur 3 (Back to the Future Part III) (1990) de Robert Zemeckis ;
  • Delicatessen (1991) de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet ;
  • The Rocketeer (1991) de Joe Johnston ;
  • La Cité des enfants perdus (1995) de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet ;
  • Richard III (1995) de Richard Loncraine ;
  • Wild Wild West (1998) de Barry Sonnenfeld ;
  • La Planète au Trésor - Un nouvel univers (Treasure Planet) (2002) : version sci-fi steampunk en dessin animé de L'Île au Trésor ;
  • Metropolis de Rintarō (2001) ;
  • La Ligue des gentlemen extraordinaires (2003) de Stephen Norrington ;
  • Arsène Lupin (2004) de Jean-Paul Salomé ;
  • Capitaine Sky et le monde de demain (Sky Captain and the World of Tomorrow) (2004) ;
  • Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire (2004) de Brad Silberling ;
  • Steamboy (2004) de Katsuhiro Ōtomo ;
  • Casshern (2004) de Kazuaki Kiriya ;
  • Le Château ambulant (2005) de Hayao Miyazaki ;
  • Robots, film d'animation 3D de Chris Wedge (2005) ;
  • Le Prestige (2006) de Christopher Nolan ;
  • La Fraternité (2006) ;
  • À la croisée des mondes : La Boussole d'or (The Golden Compass) (2007) de Chris Weitz ;
  • Hellboy 2 (2008) de Guillermo del Toro ;
  • The Sky Crawlers (2008), film d'animation 3D de Mamoru Oshii ;
  • Sucker Punch (2011), de Zack Snyder.

Bande dessinée

Dans la bande dessinée, de Métropolis des époux Lofficier et Ted McKeever à la Ligue des gentlemen extraordinaires d'Alan Moore, en passant par le Tarzan revisité par Stan et Vince, ou par tous les scénarii d'histoires de détectives ou aventuriers cédant à la mode rétro (Adèle Blanc-Sec de Tardi, toute l'œuvre de Winninger, Professeur Motus de Counaye, Alceister Crowley de Cossu), le steampunk est également fortement représenté.

  • Le Réseau Bombyce T1 : Papillons de nuit, T2 : Monsieur Lune – Scénario : Éric Corbeyran Dessins et coscénario: Cécil.- éd. Les Humanoïdes associés ;
  • Girl Genius ;
  • Steampunk (en) (Chris Bachalo, Joe Kelly (scénariste), Wildstorm 2000)
  • Louis la Lune - Scénario, dessin et couleur: Alban Guillemois - éd Albin Michel
  • Le Régulateur - Scénario : Éric Corbeyran/ Dessin et couleur : Marc Moreno - éd. Delcourt - T1 : Ambrosia, T2 : Hestia, T3 : Ophidia, T4 : 666 I.A.
  • Hauteville house - Scénario: Fred Duval/Dessin: Thierry Gioux/Couleur: Carole Beau - éd. Delcourt - T1 : Zelda, T2 : Destination Tulum
  • Empire - Scénario : Pécau / Dessin : Igor Kordey - éd. Delcourt - T1 : Le général fantôme, T2 : Lady Shelley, T3 : Opération suzerain. Période : 1 Empire
  • Tanatos - Scénario: Didier Convard / Dessin : Jean-Yves Delitte - éd. Glenat - T1 : L'Année sanglante, T2 : Le Jour du chaos, T3 : Le Mystère du Lusitania. Période : Belle époque
  • Les Corsaires d'Alcibiade - Scénario : Denis-Pierre Filippi / Dessin et Couleur : Eric Liberge - éd. Dupuis - T1 : Élites secrètes, T2 : Le rival
  • PEST - T1 : Le Défosseur - Scénario : Éric Corbeyran / Dessin & couleur Bouillez - éd. Delcourt
  • Les Arcanes du Midi-Minuit
  • Robur - 3 tomes - Gil Formosa dessins et couleurs - scénario JM Lofficier- éd. Vent des Savanes, anciennement Albin Michel.
  • Rork - Scénario et dessin d'Andreas
  • Fullmetal Alchemist de Hiromu Arakawa
  • Edison Fantasy Science, manga en 3 tomes de Tetsuroh Kasahara, aux éditions Kami.
  • L'Escadrille des Nuages (Graduale of the clouds), manga en 4 tomes de Aki Shimizu (dessinatrice) et Hirokatsu Kihara (scénariste), aux éditions Soleil Manga.
  • Roco Vargas - Scénario, dessin et couleur : Daniel Torres - éd. Casterman
  • Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, par Jacques Tardi (1977, Casterman)
  • Little Nemo, par Marchand et Moebius, dévoile un engouement pour les machineries improbables et les costumes de l'entre-deux-guerres.
  • Waterloo 1911, de Thierry Gloris et Emiliano Zarcone.
  • Les mondes et cités, art déco et art nouveau, du Belge François Schuiten
  • Clockwerx, par Henderson et J. Hostache
  • La Ligue des gentlemen extraordinaires (The League of Extraordinary Gentlemen)
  • La Nef des fous - Scénario, dessin et couleur : Turf - éd. Delcourt (Collection Terres de Légendes)
  • La brigade chimérique - Scénario de Fabrice Colin et Serge Lehman / dessin de Gess
  • L'île aux mille mystères - Scénario, dessin et couleur : Alban Guillemois - éd. Desinge & Hugo.

Bibliographie

Littérature proto-steampunk

  • Paris au XX siècle et La Journée d'un journaliste américain en 2889 de Jules Verne
  • Le Vingtième Siècle (1883), La Guerre au Vingtième Siècle (1887) et Le Vingtième Siècle - La Vie électrique d'Albert Robida
  • L'Évolution du militarisme aérien et la dissolution des infanteries, forteresses et flottes européennes de Paul Scheerbart

Bibliographie contemporaine

  • Steampunk d'Ann & Jeff VanderMeer, Tachyon Publications San Francisco (2008)
  • Extraordinary Engines : The Definitive Steampunk Anthology de Nick Gevers (2008)

Études et généralités

  • Un numero de Cycnos - Steampunk : une machine littéraire à recycler le passé [1].
  • Bibliographie, non exhaustive.

Bases historiques du steampunk : les sources du genre

Le travail et les œuvres des inventeurs et des auteurs de romans d'anticipation de la fin du XIX siècle ne peuvent pas être qualifiés de steampunk mais de proto-steampunk. Ce sont les amateurs modernes de steampunk qui s'inspirent de leurs créations :

  • L'Aérostation à vapeur : Henri Giffard
  • Le Plongeur de Bourgois et Brun, premier sous-marin propulsé par moteur (1863)
  • Le premier scaphandre autonome de Benoît Rouquayrol et Auguste Denayrouze (1864)
  • L'Arsenal steampunk : Thorsten Nordenfelt (en), le Char du Tsar, le Steam tank (en) de l'armée américaine, des projets improbables, et les tenues expérimentales de l'Armée française;
  • L'Aviation à vapeur : Clément Ader;
  • Les œuvres de José Moselli: La Guerre des Océans et La Fin d'Illa
  • La Motocyclette à vapeur, Louis-Guillaume Perreaux et ses brevets ;
  • Albert Robida;
  • Les revues américaines : Popular Science, Popular Mechanics, Modern Mechanics et Science and Mechanics ;
  • Les Uchronies militaires d'Émile Driant alias Capitaine Danrit