En accord avec les théories issues du courant de la "nouvelle communication", la synergologie fait sien le postulat que la communication interpersonnelle est systémique. Dans un échange entre deux personnes il n’y a plus un émetteur et un récepteur, mais bien un espace de locution unique. Le courant de pensée synergologique ne tient pourtant pas à être enfermé dans le credo systémique. Il ne faudrait pas oublier, à côté de la dimension de l’interaction relationnelle, la dimension analytique léguée par l’histoire de chacun et dont les traces corporelles sont patentes, lisibles dans la communication. En Synergologie, l’opération intellectuelle qui permet le passage de la lecture des mouvements aux émotions et aux intentions non formulées est rendu possible parce que les instances cognitives, psychoaffectives et les neuromotrices. sont liées entre elles. Les mouvements moteurs inconscients apparaissent dans ce contexte comme la traduction d’états émotionnels sur le corps. Il s’est donc agi d’abord, pour que se trouve fondée la discipline, que soit établie, à partir des règles anatomiques, la classification des micromouvements corporels, puis de regrouper ensuite ceux-ci en typologies ; enfin de mettre en place des critères de validation de ces typologies nécessaires à contrôler leur efficience. Une première typologie synergologique est née de la distinction établie entre :
1 Les mouvements ne faisant intervenir qu’un groupe de muscles autocentrés autour d’un organe et ne mettant pas en œuvre d’autres parties du corps. Ces mouvements ont été recensés, classifiés et baptisés microréactions.
2 Ils se distinguent de trois types de microattitudes présentes dès qu’une main intervient pour se poser sur une partie du visage ou du corps. La synergologie parle alors de microfixations si la main est immobile, de microcaresses si elle caresse subrepticement une partie du corps et enfin de microdémangeaisons lorsque les ongles touchent subrepticement l‘épiderme. Il arrive également que, pour des raisons inconscientes de confort, une main retrouve l’autre main et qu’elles se pressent l’une contre l’autre selon des règles précises.
3 Le synergologue parle alors de boucles de rétroaction manuelle, distinguant parmi celles-ci : mains en prise, mains jointes, mains lavées, mains en couteaux, mains en V.
4 Il est encore possible que les mains s’agitent dans l’espace. Ces gestes sont répertoriés comme gestes projectifs, gestes figuratifs, gestes symboliques et gestes d’engramme. Ils différent par leur nature, leur dynamique, leur orientation puis par les configurations de la main lorsqu’elle bouge.
5 Mais la communication non verbale gestuelle ne serait pas encore appréhendée dans sa totalité, si n’étaient pas décrits les gestes de préhension. Il s’agit de ces gestes mi-conscients produits par exemple lorsque la main va chercher une branche de lunette ou reste inconsciemment posée sur le pied d’un verre ou accrochée à une paire de clefs, un briquet.
La somme de ces observations, étiquetées dans des typologies prend l’appellation d’items. Ceux-ci sont ensuite regroupés dans des valises d’items. Et c’est à partir de ces valises d’items que s’opère la validation scientifique des découvertes synergologiques. En Janvier 2006, plus de 7214 items représentatifs d’attitudes corporelles différentes étaient recensés.