The Island (film, 2005)

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Introduction

The Island
Titre originalThe Island
RéalisationMichael Bay
Acteurs principauxEwan McGregor

Scarlett Johansson
ScénarioAlex Kurtzman

Roberto Orci

Caspian Tredwell-Owen
MusiqueSteve Jablonsky
ProductionMichael Bay

Ian Bryce

Laurie MacDonald

Walter F. Parkes
Pays d’origineÉtats-Unis États-Unis
Langue(s) originale(s)anglais
Durée136 minutes
Sortie17 août 2005

The Island est un film américain de science-fiction réalisé par Michael Bay, sorti en 2005.

Synopsis

En 2019, Lincoln 6-Echo (Ewan McGregor) et sa camarade Jordan 2-Delta (Scarlett Johansson) font partie des centaines de pensionnaires d'un gigantesque complexe fermé, un espace confiné, aseptisé, mais dit utopique. À en croire les dirigeants du complexe, le Docteur Merrick et ses agents, une terrible contamination a ravagé la Terre quelques années auparavant... Heureusement, des survivants sont régulièrement retrouvés pour être ramenés dans le complexe, dont le but est de préserver les résidents de la contamination. La vie y est encadrée, régie par des codes très stricts, et est étroitement surveillée. Aussi, pour illuminer l’existence morne de cet univers stérile et totalitaire, chaque personne espère en « la Loterie », un générateur numérique aléatoire qui appelle régulièrement quelques noms. Les heureux gagnants reçoivent le privilège de quitter le complexe pour un transfert sur « l'Île », censée être le dernier territoire à avoir échappé à la contamination, et ce afin d'y être les Adam et Ève d'une nouvelle humanité...

Lincoln 6-Echo, comme tous ses congénères, a longtemps cru à ce paradis. Mais depuis quelque temps, des cauchemars récurrents dérangent son sommeil, et le jeune homme commence à remettre en question le sens de sa vie et les restrictions faites à sa liberté. Lié d'amitié avec McCord, un des techniciens qui travaillent dans la salle des machines du complexe, il découvre un jour dans ce secteur un insecte venu de l'extérieur... Comment a-t-il pu échapper à la contamination ? Poussé par la curiosité, il découvre bientôt que les choix de « La Loterie » ne seraient pas du hasard... que « L'Île » ne serait qu'une illusion pour cacher autre chose... que la contamination serait un mensonge... Tout cela dissimulant une terrifiante vérité... Et lui et Jordan 2-Delta, à laquelle il est très attachée et dernière appelée de « la Loterie », se résolvent à fuir, à leurs risques et périls...

Commentaire

The Island varie une nouvelle fois sur une trame très classique exploitée à mainte reprise par les auteurs de science-fiction. L'on y retrouve thèmes et schémas qui ont fait leurs preuves, à savoir la société post-apocalyptique trop parfaite, maintenue dans la crainte de l'extérieur, contre laquelle un individu inadapté, qui "ne marche pas dans les clous", se rebiffe et s'échappe. Citons quelques précédents illustres: La cité et les astres, de Arthur C. Clarke, L'Âge de cristal (Logan's Run) de William F. Nolan, Un bonheur insoutenable, de Ira Levin ou encore THX 1138, de George Lucas, dont la première partie de "The Island" est un hommage appuyé, voire une franche démarcation.

L'originalité du scénario consiste à faire du thème rebattu de la société figée et totalitaire, née de la fin du monde, un leurre fabriqué par une entreprise privée opérant dans un secteur de pointe, sur l'illégalité sur laquelle les pouvoirs publics ferment les yeux. Ce qui amène une autre série de clichés classiques mais toujours efficaces: installations secrètes dans le désert du Nevada, dirigeants inhumains et vétus de noirs, savant fou prométhéen, agents de sécurité opérant en hélicoptère, fuite des rebelles par les conduits d'aération, clients fortunés odieux, élites compromises. On pensera ainsi à quelques idées exploitées dans le fort cynique "Truman Show" ou dans le terrifiant "Soleil Vert".

Le film pose néamoins des questions aussi actuelles que sérieuses sur les dérives possibles, voire monstrueuses, d'une défaillance ultime de la morale face aux demandes individuelles matérialistes et ce qu'elles attendent d'une science devenue purement utilitariste: enfants à la demande, clonage thérapeutique, euthanasie devenue routine et réification totale de l'être humain, être réduit à l'état de "produit", à l'opposé de "l'Homme" des théologiens et des philosophes.

L'inhumanité absolue de l'entreprise, des techniciens qui la dirigent et du personnel médical qui y travaille, qui euthanasient une jeune mère porteuse clonée, dés sa délivrance, comme un animal de compagnie, prélèvent les organes d'un athlète noir alors que l'anésthésie défaille manifestement, éliminent un clone trop curieux ou s'apprêtent à en gaser plusieurs pour "défaut de fabrication", (parfois dans les rires des sous-fifres) est bien sûr une satire terrifiante, à l'humour très noir, de la techno-science, et une énième allusion aux totalitarismes de toutes natures.

Mais il s'agit surtout, une fois de plus, de nous mettre en garde contre les menaces récurrentes d'une science ou d'une médecine vénales et sans conscience face à un contrôle politique démissionnaire, tant devant le pouvoir de l'argent que devant l'individualisme sans moralité.

Fiche technique

  • Titre Français : The Island
  • Titre Québécois : L'Île
  • Réalisation : Michael Bay
  • Scénario : Alex Kurtzman, Roberto Orci et Caspian Tredwell-Owen
  • Production : Michael Bay, Ian Bryce, Laurie MacDonald et Walter F. Parkes
  • Sociétés de production : DreamWorks SKG et Warner Bros. Pictures
  • Budget : 122,2 millions de dollars
  • Musique : Steve Jablonsky (additionnel : Trevor Morris, Blake Neely, Mel Wesson, Clay Duncan, Bart Hendrickson et Ramin Djawadi)
  • Photographie : Mauro Fiore et Maurice K. McGuire
  • Montage : Paul Rubell et Christian Wagner
  • Décors : Nigel Phelps
  • Pays d'origine : États-Unis
  • Format : Couleurs - 2,35:1 - DTS / Dolby Digital / SDDS - 35 mm
  • Genre : Action, science-fiction
  • Durée : 136 minutes
  • Dates de sortie :
  • 20 juillet 2005 :  Philippines
  • 22 juillet 2005 :  États-Unis
  • 22 juillet 2005 :  Québec  Canada
  • 17 août 2005 :  Belgique  France

Distribution

  • Ewan McGregor  : Lincoln Six Echo / Tom Lincoln
  • Scarlett Johansson  : Jordan Two Delta / Sarah Jordan
  • Djimon Hounsou  : Albert Laurent
  • Sean Bean  : Merrick
  • Steve Buscemi  : McCord
  • Michael Clarke Duncan  : Starkweather
  • Ethan Philips  : Jones Three Echo
  • Brian Stepanek  : Gandu Three Alpha
  • Kim Coates  : Charles Whitman
  • Shawnee Smith  : Suzie
  • Siobhan Flynn : Lima One Alpha
  • Troy Blendell : Technicien de Laurent
  • Yvette Nicole Brown : Infirmière
  • Whitney Dylan : Agent service consommateur
  • Svetlana Efremova : Sage-femme

Bande originale

  1. The Island Awaits You
  2. Where Do These Tubes Go?
  3. Sector 6
  4. Starkweather
  5. Agnate Ukuleles
  6. You Have A Special Purpose In Life
  7. Mass Vehicular Carnage
  8. Renovatio
  9. I'm Not Ready To Die
  10. This Tongue Thing's Amazing
  11. Mass Winnings
  12. The Craziest Mess I've Ever Seen
  13. Send In The Clones
  14. My Name Is Lincoln
  15. Blow

Autour du film

  • À cause de nombreuses similarités, des personnes accusent le film d'être un remake du film The Clonus Horror, réalisé en 1979 par Robert S. Fiveson, sans créditer le film original (Article en anglais).

  • C'est le premier film du cinéaste à ne pas être produit par Jerry Bruckheimer.

Erreurs

  • Après que le clone de Tom Lincoln demande de conduire la voiture de son commanditaire, il parvient à la démarrer à l'aide de son empreinte digitale (1 h 41 min). Or, l’empreinte digitale est le modèle du relief cutané des doigts. Ce relief se forme durant la période fœtale. Ainsi un clone n'a pas la même empreinte digitale que son « semblable ».

Œuvres d'où le film tire quelques éléments

  • L'Âge de cristal (1976) : un autre film de science-fiction dans lequel, là aussi, une population est enfermée dans une bulle censée la protéger d'un monde extérieur contaminé.
  • Le Meilleur des mondes, un livre de science fiction écrit en 1931 par Aldous Huxley, qui suggère que l'on peut éduquer des personnes en les stimulant par des moyens auditifs et visuels répétés d'innombrable fois. De même, on retrouve la production d'enfants créés artificiellement.
  • 1984, un livre écrit par George Orwell en 1948. Il décrit un état totalitaire. On retrouve notamment les télécrans. Dans le film, ceux-ci donnent des informations sur l'état de santé du clone.
  • À l'aube du 6e jour, un film sur la production de clones. On y voit le processus de croissance accéléré qu'exploite The Island.
  • Freejack, Où des personnes riches sur le point de mourir implantent leur esprit dans un corps sain, prélevé non pas sur un clone mais sur une personne capturée dans le temps une seconde avant sa mort accidentelle. Encore une fois, le thème de l'humanité d'une créature crée ou ayant dépassé "son heure" ou bien de l'abus d'un corps en vie, est présent.
  • THX 1138, film réalisé par George Lucas et produit par Francis Ford Coppola. Dans une société souterraine du futur, les hommes vivent sous sédatifs, socialement brimés par un pouvoir totalitaire et invisible au sein d'un univers blanc monochrome. Sous l'impulsion de sa compagne LUH 3417, l'ouvrier THX 1138 accepte de fuir avec elle. En conflit avec le chef de LUH, SEN 5241, ils se retrouveront tous deux en prison.Il découvrent aussi une zone de "recyclage" d'humain qui crée en quelque sorte des clones.