Le théorème d'Ascoli établit une équivalence. Les deux implications sont démontrées séparément. Les notations sont celles de l'énoncé ci-dessus.
Condition nécessaire
Notons B l'adhérence de A dans C(K,F). Supposons que B soit compact et fixons x∈K.
Pour montrer que A(x) est relativement compact dans F, il suffit de remarquer qu'il est inclus dans B(x) qui est compact, comme image du compact B par l'application continue de C(K,F) dans F qui à f associe f(x).
Montrons maintenant l'équicontinuité de B au point x (qui entraînera celle de A). Soit ε un réel >0.
Par précompacité de B, il existe un nombre fini d'éléments f0,…,fp dans B tels que toute fonction f dans B se trouve à une distance au plus ε de l'un des fj.
Par continuité en x de f0,…,fp, il existe un voisinage V de x tel que
∀j≤p,∀y∈V,d(fj(x),fj(y))<ε.
Pour toute fonction f dans B et tout point y dans V, l'inégalité triangulaire donne :
d(f(x),f(y))≤d(f(x),fj(x))+d(fj(x),fj(y))+d(fj(y),f(y))<ε+ε+ε=3ε,
d'où l'équicontinuité de B.
Condition suffisante
La réciproque est le sens le plus souvent utilisé et demande plus d'attention. On souhaite démontrer qu'une partie équicontinue A de C(K,F) telle que A(x) soit relativement compacte pour tout x, est incluse dans un compact de C(K,F).
Notons C l'adhérence de A dans l'espace F des applications de K dans F muni de la topologie de la convergence simple (autrement dit, F est muni de la topologie produit). D'après les propriétés de l'équicontinuité, C est encore équicontinu, et les deux topologies sur C induites par son inclusion dans C(K,F) et dans F coïncident. Il suffit donc de prouver que C est un compact de F.
Introduisons le sous-espace D=∏x∈KA(x) de F. D'après le théorème de Tychonov, D est compact, or C est un fermé de D, ce qui conclut.
Condition suffisante, seconde preuve
Une alternative à l'utilisation du théorème de Tychonov est de prouver élémentairement que l'adhérence B de A dans C(K,F) est précompacte et complète (donc compacte), de la façon suivante.
Montrons d'abord que A est précompact (donc B aussi). Soit ε > 0, montrons que A est recouvert par une famille finie d'ensembles Cj de diamètres ≤4ϵ. Pour tout x∈K il existe (par équicontinuité de A) un voisinage ouvert Ox de x tel que
∀y∈Ox,∀f∈A,d(f(y),f(x))<ϵ.
Par compacité de K, il existe alors une partie finie {x1,…,xn} de K telle que les ouverts correspondants O1,…,On recouvrent K.
Posons L=A(x1)∪…∪A(xn) : L est relativement compact dans F donc il existe une partie finie J de F telle que les boules B(j,ε) pour j∈J recouvrent L.
Notons enfin, pour tout j=(j1,…,jn)∈Jn, l'ensemble (de diamètre ≤4ϵ)
Cj={f∈C(K,F) ∣ ∀i=1,…,n,∀y∈Oi,d(f(y),ji)<2ϵ}.
Il reste à prouver que les Cj recouvrent A. Soit f∈A, comme les f(xi) appartiennent à L, il existe j1,…,jn∈J tels que f(xi)∈B(ji,ϵ), ce qui implique ∀y∈Oi,d(f(y),ji)≤d(f(y),f(xi))+d(f(xi),ji)<2ϵ, si bien que f appartient à Cj.
Montrons ensuite que B est complet. Il suffit pour cela de prouver que toute suite de Cauchy d'éléments fn de A converge dans C(K,F). Pour tout point x de K, la suite (fn(x)) est de Cauchy et à valeurs dans A(x), dont l'adhérence dans F est compacte donc complète, donc cette suite admet dans F une limite, f(x). Par équicontinuité, la convergence simple de (fn) vers f est uniforme sur le compact K.