Wildberger retourne le problème en partant au contraire des méthodes d'addition des sinus et cosinus pris cette fois-ci comme axiomes de théorie, et développe une trigonométrie en nombres rationnels, en présentant cette construction comme plus satisfaisante pour l'esprit que l'introduction "classique". Celle-ci évite d'introduire la notion de nombre réel, abstraction certes intéressante en soi, mais qui n'a pas de signification ni de besoin d'être considérée dans le domaine du calcul purement numérique : il est toujours possible de pousser une précision aussi loin qu'on le désire en employant dans son système des rationnels comme tels sans avoir à postuler l'existence de réels à aucun moment du calcul.
Cette approche n'est pas sans rappeler historiquement la reprise de la géométrie d'Euclide uniquement par le compas, et sans avoir à utiliser la règle dans les constructions (Mohr et Mascheroni). Selon Wildberger, la construction de la trigonométrie est nettement simplifiée par cette méthode, et il est toujours possible de montrer par la suite que les axiomes choisis correspondent bien à ce qui est observé dans le monde euclidien.
Quadrance
Afin d'éviter le recours à la notion de racine carrée, c'est la notion de quadrance (carré de la distance) qui est utilisée dans cette trigonométrie. L'inégalité triangulaire restant respectée, cette modification légère n'a pas d'incidence sur l'ensemble.
Ouverture (spread)
Pour des raisons similaires, et avec les mêmes effets, les angles sont remplacés par des "ouvertures" (spread) qui présentent l'intérêt elles aussi de se calculer de façon simple en n'utilisant que l'arithmétique des nombres rationnels.