Fin du XXème siècle: une explosive épidémie nord-américaine
L'évolution de la situation
Depuis le cas spectaculaire de Sally Beauchamp présenté par Morton Prince en 1906, la question des personnalités multiples avait sombré dans un relatif oubli. C'est surtout après la publication de l'ouvrage Sybil, en 1973, qui a été un immense succès en termes de diffusion, que des cas ont à nouveau été décrits. Parallèlement, la figure de la multiple commençait à apparaître dans des films de fiction, dans les talk-shows ; une thématique dont nous avons une belle exploitation dans le roman de Mary Higgins Clark " Nous n'irons plus au bois " (1992) et dans la série américaine United States of Tara (2008). Ce regain d'intérêt a conduit les concepteurs du Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux, classification américaine des maladies mentales de référence, à introduire ce trouble dans la troisième version de leur manuel : le DSM-III.
De nouveaux critères diagnostiques
Les causes avancées
Les excès
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L'utilisation du diagnostic par des criminels dans le système judiciaire pour tenter de se disculper : « Ce n'était pas moi monsieur le Juge, mais une autre de mes personnalités ! »
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Epidémie de " découverte d'abus sexuels " dont le souvenir avait été retrouvé lors de thérapies par les patientes. Ces abus étaient décrits comme horribles, sadiques, et des batailles juridiques s'engageaient entre parents et enfants, pour des abus commis à l'âge de 2 ou 3 ans, et dont il n'avait jamais été question, mais qui avaient été « retouvés en thérapie ». Les parents attaqués en justice, sans moyen de prouver leur innocence, finissaient généralement par répondre favorablement aux exigences financières de leurs enfants qui acceptaient ce réglement à l'amiable et le retrait de leur plainte. Le terme de syndrome des faux souvenirs a été proposé par la psychologue Elizabeth Lotfus pour rendre compte des « souvenirs » sans bases réelles, retrouvés (on devrait dire reconstruits) au cours de thérapies menées par des thérapeutes peu scrupuleux… Une association des victimes des faux souvenirs a même vu le jour », et l'Association Americaine de médecine, de même que le Collège Royal des Psychiatres au Royaume-uni ont émis des mises en garde .
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Les origines du syndrome des faux souvenirs se trouvent dans l’idée de souvenirs refoulés et dans les théories successives de Freud, théorie de la séduction et théorie du complexe d’Œdipe. La propagation de ce « syndrome » dans la dernière décennie du 20 siècle jusqu’à aujourd’hui s’explique par les effets de ces deux théories qui alimentèrent le mouvement féministe aux Etats-Unis et inspirèrent quantité de psychiatres, psychanalystes, psychologues et thérapeutes autoproclamés.
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Ceci est analysé dans l’article « Les origines du « Syndrome des faux souvenirs », publié le 31 août 2008 et consultable en ligne.
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Faux souvenirs et manipulation mentale évoque le cas parmi d'autres de Sheri Storm, qui a développé des personnalités multiples à l'occasion d'une psychothérapie déviante. L'article, publié le 13 décembre 2008, est consultable en ligne.
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Faux souvenirs induits et personnalité multiple La mémoire retrouvée, et son avatar la personnalité multiple, ont fait des dégâts. Si la « mémoire retrouvée » s’est étendue des États-Unis aux autres pays d’Europe, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Japon, en Israël, etc., il semble que la « personnalité multiple » s’est cantonnée aux États-Unis et aux Pays-Bas. Or, d’après ce que m’écrit Sheri Storm dans son message du 26 septembre 2009, on l’observe maintenant en Espagne, Italie, Japon. Nous ne pouvons pas ne pas dénoncer ces ravages [63] et ne pas chercher à en prévenir d’autres, plus dévastateurs encore, car « La personnalité multiple, écrit Hacking, offre le meilleur cadre disponible pour la mémoire retrouvée. » [64] En France, la mémoire retrouvée sévit depuis 1995, mais la personnalité multiple ne semble pas nous avoir envahis. Ou pas encore ? L'article, publié le 27 novembre 2009, est consultable en ligne.
Les critiques
Certains auteurs ont critiqué la pertinence de cette catégorie. Elaine Showalter, critique littéraire et féministe américaine estime par exemple que le TPM, de même que le syndrome de fatigue chronique (une maladie neurologique), le syndrome de la guerre du Golfe ou encore les enlèvements par les extraterrestres, représentent des formes contemporaines d'hystérie.
Situation actuelle