Tungurahua

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Introduction

Tungurahua
Vue du Tungurahua depuis le nord en 2004.
Géographie
Altitude5 023 m
MassifAndes
Coordonnées1° 28′ 01″ Sud

78° 26′ 31″ Ouest / -1.467, -78.442
Administration
PaysÉquateur Équateur
ProvincesChimborazo, Tungurahua
Ascension
Première1873 par Alphons Stübel, Wilhelm Reiss, Eusebio Rodriguez et José Reyes
Géologie
ÂgeHolocène
TypeVolcan gris
ActivitéEn éruption
Dernière éruptiondepuis le 28 mai 2010

(Début de la phase éruptive : 5 octobre 1999)
Code1502-08=
ObservatoireInstituto Geofísico
Ecuador location map.svg

Tungurahua

Le Tungurahua (probablement issu du quechua tunguru, « gorge », et rahua, « brûler ») est un stratovolcan équatorien en activité situé à cheval sur les provinces de Chimborazo et Tungurahua, en Équateur. En éruption depuis le 5 octobre 1999, son activité éruptive a repris le 28 mai 2010.

Toponymie et culture

Volcan Tungurahua, à l'aube.

Le nom Tungurahua est probablement issu du quechua tunguru, « gorge », et rahua, « brûler ». Les indigènes de la Sierra la surnomme Mama Tungurahua qui signifie la « mère Tungurahua » en opposition avec le père qui est considéré comme étant le Chimborazo (Taita Chimborazo) dans la culture quechua. Le volcan porte aussi d'autres surnoms tels que le « géant noir », le « colosse » du fait de sa taille imposante et de ses coulées de lave noire.

Selon la culture indigène, le Taita Chimborazo et le Cotopaxi étaient des prétendants de la « belle » Tungurahua. Le Cotopaxi attaquait verbalement (nombreuses eruptions) le Chimborazo qui s'est mis en colère. Le Chimborazo remporte le duel, et le cœur de la belle. Ils eurent ensemble le Guagua Pichincha (Guagua signifie « bébé » en quechua). Le bébé Pichincha, héritant de la puissance de son père, démontra sa force en pleurant et provoqua l'ire de sa mère qui s'est mise en colère. Elle est depuis devenue une furie incontrôlable, mais elle forme son bébé à contrôler les sources de puissance.

Géographie

Carte indiquant la position du Tungurahua et d'autres volcans en Équateur

Le Tungurahua (5 023 m) est situé dans la chaîne centrale (cordillère royale) des Andes en Équateur, 140 km au sud de la capitale Quito. Parmi les autres montagnes aux alentours figurent le Chimborazo (6 267 m) et l'Altar (5 319 m). Il s'élève au-dessus de la ville thermale de Baños (1 800 m), 7 km au nord ; les autres villes les plus proches sont Ambato (30 km au nord-ouest) et Riobamba (30 km au sud-ouest). Le Tungurahua fait partie du parc national de Sangay.

Avec ses 5 023 m, le Tungurahua dépasse l'altitude des neiges éternelles (4 900 m à cette latitude). Son sommet est donc recouvert de neige ; il possédait un petit glacier qui a beaucoup souffert de l'augmentation de l'activité volcanique depuis 1999.

Histoire

Formation

Image satellite (Google Earth) en fausses couleurs du Tungurahua (au centre droit, un panache de cendres s'en échappant) et du Chimborazo (au centre gauche)

L'édifice volcanique actuel (Tungurahua III) est construit à l'intérieur de la caldeira de son prédécesseur (Tungurahua II) qui s'est effondrée il y a environ 3 000 ans. L'édifice original (Tungurahua I) s'est effondré à la fin du Pléistocène.

Éruptions historiques

Toutes les éruptions documentées du Tungurahua se sont produites du cratère sommital et ont été accompagnées de fortes explosions, de nuées ardentes et parfois d'écoulement de lave. Au cours des 1 300 dernières années, le Tungurahua est entré en activité en moyenne tous les 80 à 100 ans, les périodes historiques d'activité majeures ayant été celles de 1640, 1773, 1886 et 1916-1918, en plus de l'éruption actuelle encore en cours. Des peintures des miracles liés aux périodes éruptives du volcan depuis 1640 sont exposées dans la basilique de Baños.

Éruptions récentes

Vue du panache de cendres du Tungurahua depuis le refuge inférieur (2003)

Depuis 1999, le Tungurahua est entré dans une phase active. Après les premières éruptions en octobre 1999 qui produisirent d'intenses retombées de cendres et conduisirent à l'évacuation de plus de 25 000 habitants de Baños et des environs, l'activité s'est poursuivie à un niveau variable, en alternant des phases de calme avec des phases d'activité strombolienne à vulcanienne. Les principales conséquences de cette activité ont été des retombées de cendres principalement vers l'ouest du volcan suivant les vents dominants, et la remobilisation de ces dépôts non consolidés lors des pluies sous la forme de coulées de débris (lahars). Les retombées de cendres ont périodiquement gêné les activités agropastorales de la région et les coulées de débris ont complètement détruit tous les ponts de la route Baños-Penipe (permettant de relier l'Oriente à Riobamba) sur le flanc ouest du volcan.

À partir de mai 2006, l'activité du Tungurahua s'est considérablement accrue pour culminer par deux violentes éruptions le 14 juillet et les 16-17 août, toutes deux caractérisées par l'émission des premières coulées pyroclastiques (nuées ardentes) depuis 1999 (alors qu'historiquement, ce sont des manifestations connues du Tungurahua). L'éruption des 16-17 août fut la plus violente depuis la reprise de l'activité en 1999 et s'est accompagnée d'un panache de cendres de 10 km de haut, qui s'est ensuite étalé sur près de 740 km de long sur 180 km de large, activité accompagnée par l'émission de nuées ardentes qui ont causé la mort de 5 personnes et la destruction de plusieurs hameaux et de routes sur les flancs ouest et nord-ouest du volcan.

Le 14 janvier 2008, l'activité éruptive est toujours intense, et la sismicité continue d'augmenter au Tungurahua. Le dernier rapport de l'Institut de Géophysique indique que d'importantes chutes de cendres ont affecté hier les villages de Choglontus et Manzano, et des chutes plus modérées ont affecté tous les autres versants (Pelileo, Runtun). Les enregistrements sismiques ont permis de compter 228 explosions dans la seule journée d'hier, et certaines d'entre elles font vibrer les vitres dans les villages alentour.

L'activité éruptive est faible pendant plusieurs mois, jusqu'en janvier 2010 où un regain d'activité est remarqué, avec des projections importantes de laves et de cendres.

Le 28 mai 2010, le volcan entre en éruption avec une grande explosion projetant de la lave ainsi que de la cendre qui dépasse les dix à douze kilomètres d'altitude. Après une première reprise d'activité avec d'importantes projections de lave et cendre, l'activité se poursuit avec de fortes et très nombreuses explosions (400 détonations recensées le 31 mai). Les projections de lave reprennent le 31 mai 2010, et l'activité volcanique qui est de niveau élevée continuerait à augmenter selon l'Institut de géophysique (IG) de l'école polytechnique nationale. Plusieurs villages sont évacués, dans un premier temps les villageois puis les troupeaux, et l'activité à Baños, principalement dépendante du tourisme, a fortement diminué.

Ascension

Le refugio Nicolás Martínez, à 3 800 m d'altitude, en 1998

L'ascension du Tungurahua est peu difficile, avec un peu de neige au sommet. Les meilleures saisons sont de décembre à janvier et de juillet à août. En période d'activité du volcan, il est fortement déconseillé d'entreprendre l'ascension du Tungurahua. Même l'accès aux refuges est peu recommandé, sachant que le toit de ceux-ci a été, à plusieurs reprises, perforé par des bombes volcaniques, et les cratères d'impacts sont nombreux autour des refuges.

La route d'ascension classique débute au refuge situé à 3 800 m d'altitude, grimpe vers la crête du cratère, se poursuit à l'intérieur de la crête du cratère est et se termine par une marche sur un petit glacier entre le sommet de la crête et le sommet du volcan (4 à 6 heures). Une route alternative consiste à atteindre le sommet à partir du sud, via un campement à la laguna Patococha (3 730 m) et la Cima Minza (4 800 m).

Deux refuges desservent la route principale, le refuge Nicolás Martínez (3 800 m) et un refuge plus récent situé un peu plus bas. Les refuges peuvent être atteints en 3 heures à partir de l'entrée du parc national de Sangay (2 800 m), juste au-dessus de Pondoa.