De l'explosion résulte la création d'un front d'onde de pression. La vitesse de ce front d'onde détermine la classification des explosifs.
Il existe deux grands groupes d'explosifs :
- les poudres (régime de déflagration) ;
- les explosifs brisants (régime de détonation).
La différence entre les régimes de déflagration et de détonation n'est pas toujours simple. Selon les conditions d'utilisation, un explosif normalement déflagrant peut détoner, et un explosif normalement détonant peut déflagrer. Les poudres sont conçues pour un régime de déflagration, c’est-à-dire une onde subsonique (de 10 à 400 m·s). Les explosifs progressifs se situent entre les poudres et les brisants. Ils suivent le régime de détonation supersonique (de 2 000 à 3 500 m·s). Les explosifs brisants détonent également (de 4 000 à 9 000 m·s).
Les explosifs peuvent aussi être utilisés pour la propulsion de projectiles ou fusées sous forme de poudre ou propergol. Le régime est alors la combustion qui doit être très bien maîtrisée (exemple, les 2 boosters à poudre de chaque côté de la fusée Ariane).
Explosif déflagrant ou soufflant
Un explosif soufflant est un explosif qui provoque lors de son explosion une pression dans les directions de moindre résistance. Si on place une petite charge d'explosif soufflant sur un mur, lors de l'explosion la pression va s'appliquer à l'opposé du mur, le mur restera intact. Au contraire, si on avait placé une charge d'explosif brisant, le mur aurait été endommagé ou perforé.
- La poudre noire, surtout utilisée pour les canons d'autrefois, les feux d'artifices et les pétards.
- La poudre blanche (nitrocellulose), utilisée aussi dans certains propulseurs à réaction.
- Les mélanges « faciles à réaliser » : mélanges à base de produits courants comme le fuel, engrais ou lessive sont parfois utilisés par des terroristes pour perpétrer des attentats.
Explosif brisant
Un explosif brisant est un explosif qui applique lors de son explosion, une pression sur la zone la plus résistante. Un exemple simple : si on place une petite charge d'explosif brisant sur un mur, lors de l'explosion la pression va s'appliquer sur le mur et provoquer la perforation du mur. Au contraire, si on avait placé une charge d'explosif soufflant, le mur n'aurait pas été perforé, mais il y aurait eu un fort effet de souffle dans la direction opposée au mur.
Les explosifs brisants ont une vitesse de détonation qui dépasse 6 050 m/s. Le plus puissant connu atteint la vitesse de détonation de 9 300 m/s. On peut citer parmi eux les groupes nitros et nitrates, les peroxydes organiques, les chlorates et les perchlorates, les halogénures d'azote, les azotures et les fulminates.
Ils sont généralement utilisés dans le domaine militaire ou dans le bâtiment. Pour la pyrotechnie, on préférera les explosifs déflagrants, car les brisants sont trop complexes à manipuler. De plus, ils sont souvent très toxiques et même parfois cancérigènes.
En génie civil, la nitroglycérine, trop instable, est inutilisable sous sa forme liquide courante. Celle-ci a son utilisation la plus répandue en médecine, car c'est un puissant vaso-dilatateur. On lui préfère le plus souvent la dynamite, qui est de la nitroglycérine stabilisée par ajout d'un stabilisant. Au XXI siècle, les explosifs dits plastiques, composés d'explosif et de gélatinisant (afin de « flegmatiser » la matière active), sont les plus utilisés.
En génie militaire, plusieurs explosifs sont utilisés :
- La mélinite pure (connue sous le nom d'acide picrique ou bien encore de 2,4,6-trinitrophénol) n'est plus utilisée de nos jours, mais sert d'étalon pour donner le coefficient d'utilisation pratique (CUP) d'un explosif, mesurant sa puissance.
- Le TNT a été largement utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale.
- Hexolite
- Trotile ou tolite qui, combiné avec un cordeau détonant, s'avère très efficace dans une application directionnelle.
- Octolite (usage militaire exclusif),
- Tetrytol
- C-4
De la poudre d'aluminium est parfois ajoutée au TNT pour augmenter la puissance du souffle (ex : ammonal).