Mabuya
Distribution
Le genre Mabuya est endémique de l’Amérique tropicale et subtropicale.
Sa limite de répartition septentrionale correspond approximativement au tropique du Cancer, tandis que la méridionale franchit le tropique du Capricorne pour atteindre les régions tempérées d’Argentine. La diversité spécifique du genre est essentiellement concentrée sur le continent sud-américain, même si plusieurs espèces semblent avoir secondairement colonisé les Antilles et l’Amérique centrale.
Liste des espèces
Selon JCVI Reptile Database :
- Mabuya agilis (Raddi, 1823)
- Mabuya agmosticha Rodrigues, 2000
- Mabuya altamazonica Miralles, Barrio-Amoros, Rivas, Chaparro-Auza, 2006
- Mabuya arajara Reboucas-Spieker, 1981
- Mabuya berengerae Miralles, 2006
- Mabuya bistriata (Spix, 1825)
- Mabuya caissara Reboucas-Spieker, 1974
- Mabuya carvalhoi Reboucas-Spieker & Vanzolini, 1990
- Mabuya cochabambae Dunn, 1935
- Mabuya croizati Horton, 1973
- Mabuya dorsivittata Cope, 1862
- Mabuya falconensis Mijares-Urrutia & Arends, 1997
- Mabuya frenata (Cope, 1862)
- Mabuya guaporicola Dunn, 1935
- Mabuya heathi Schmidt & Inger, 1951
- Mabuya infralineata Boettger, 1913
- Mabuya lineolata Noble & Hassler, 1933
- Mabuya luciae Garman, 1887
- Mabuya mabouya (Lacepède, 1788)
- Mabuya macleani Mayer & Lazell, 2000
- Mabuya macrophthalma Mausfeld & Böhme, 2002
- Mabuya macrorhyncha Hoge, 1946
- Mabuya meridensis Miralles, Rivas & Schargel, 2005
- Mabuya nebulosylvestris Miralles, Fuenmayor, Bonillo, Schargel, Barros, Garcia-Perez & Barrio-Amoros, 2009
- Mabuya nigropalmata Andersson, 1918
- Mabuya nigropunctata (Spix, 1825)
- Mabuya ozorii Bocage, 1893
- Mabuya sloanii Daudin, 1803
- Mabuya unimarginata Cope, 1862
- Mabuya wrightii Boulenger, 1887
- Mabuya zuliae Miralles, Fuenmayor, Bonillo, Schargel, Barros, Garcia-Perez & Barrio-Amoros, 2009

Mabuya vittata
Écologie et Histoire naturelle
Morphologie
En comparaison avec les autres espèces néotropicales de lézards, les mabouyas sont des scinques de taille petite à moyenne, dont la longueur « tête-cloaque » varie approximativement de 6 à 12 cm. Leur silhouette est plus ou moins serpentiforme, avec des membres relativement réduits munis de cinq doigts à chaque extrémité. La surface corporelle est lisse, brillante et recouverte d’ostéodermes. La couleur des mabouyas est généralement terne (gris, marron, ocre…) avec des bandes longitudinales sombres et d’autres claires.
Biotopes
Grâce aux caractéristiques morphologiques précédemment citées, les mabouyas peuvent se déplacer par ondulation latérale, et glisser rapidement entre les herbes et la litière du sol. Bien que vivant à même le sol, ils grimpent cependant très facilement sur les murs ou les troncs d’arbres. Ce sont des lézards diurnes et héliophiles, appréciant préférentiellement les écotones et les zones anthropisées pour peu que celles-ci soient jonchées d’obstacles tels que des troncs d’arbres couchés, des murets, des buissons ou des tas de détritus.
Alimentation
Les mabouyas sont tous exclusivement carnivores, se nourrissent essentiellement d’invertébrés, principalement des arthropodes et des gastéropodes. Certains spécimens de plus grosse taille peuvent également s’attaquer à de petits vertébrés, notamment d’autres lézards.
Reproduction
Toutes les espèces dont on connaît le mode de développement sont vivipares. Le placenta chorio-allantoïque est hautement spécialisé, et ressemble par convergence au placenta mammalien, presque tout les nutriments nécessaires au développement de l’embryon provenant de transfert entre la mère et le fœtus. De ce fait, cette caractéristique semble pouvoir être généralisable à toutes les espèces du genre, et constituer une synapomorphie du groupe. La gestation dure de neuf à douze mois, et le nombre de petits par portée varie de 2 à 9 en fonction des espèces.
Historique
Depuis sa publication originale jusqu’à très récemment, le nom de genre Mabuya fut employé pour désigner de nombreuses espèces de Scincidae à répartition quasi pantropicale et subtropicale. Plus de 110 espèces réparties en Afrique, à Madagascar, en Asie, en Océanie et en Amérique (mais absentes d’Australie) ont approximativement été recensé par Greer & Broadley (2000). Ce n’est qu’au cours de la dernière décennie, que des travaux moléculaires entrepris par différentes équipes ont mis en évidence la nature hétérogène et artificielle de ce genre.
En 2002, Mausfeld et al. ont réalisé une analyse phylogénétique du genre Mabuya à une échelle mondiale, afin de réviser la taxinomie problématique de ce genre. Ce travail (également basé sur les ARNr 12S et 16S) met en évidence l’existence de quatre lignées monophylétiques correspondant chacune à une radiation géographique. Ces mêmes auteurs scindent le genre Mabuya en autant de genres distincts : Chioninia pour la lignée capverdienne ; Euprepis pour le clade afro-malgache (incluant également Mabuya atlantica, endémique de l’île de Fernando de Noronha, au large du Brésil, et qui secondairement aurait traversé l’Océan Atlantique) ; Eutropis pour celui asiatique ; Mabuya étant désormais exclusivement réservé au clade américain, l’espèce type du genre, Mabuya mabouya , étant originaire des Antilles.
Peu après la publication de ce travail, Bauer (2003) soulève un problème nomenclatural dans cette classification : la plus vieille dénomination du genre Euprepis correspond en fait à un taxon néotropical (et non africain), ce qui place ce dernier en synonymie du genre Mabuya sensu stricto. Afin que cette classification soit en accord avec les règles édictées par le code de nomenclature zoologique, Bauer propose de remplacer Euprepis par Trachylepis pour les espèces afro-malgache.
