🌋 PompĂ©i transforme une Ă©ruption antique en horloge gĂ©ologique

Une catastrophe décrite il y a prÚs de 2 000 ans vient de servir de rÚgle graduée pour améliorer une méthode de datation.

L’éruption du VĂ©suve qui ensevelit PompĂ©i en l'an 79 possĂšde un avantage rare pour les gĂ©ologues : des tĂ©moignages historiques permettent d’en connaĂźtre la pĂ©riode avec une grande prĂ©cision. Les chercheurs ont utilisĂ© ce repĂšre pour vĂ©rifier et recalibrer une mĂ©thode de datation appliquĂ©e aux roches volcaniques. Leur rĂ©sultat rapproche ainsi le temps des historiens de celui des gĂ©ologues.

Représentation du Vésuve en éruption, en l'an 79

Représentation du Vésuve en éruption, en l'an 79
Jean-Baptiste François Génillon · Public domain

La mĂ©thode porte le nom de datation argon-argon. Certaines roches contiennent du potassium, dont une petite partie se transforme naturellement en argon au fil du temps. En mesurant diffĂ©rents types d’argon dans un minĂ©ral, les scientifiques peuvent calculer depuis combien de temps il s’est formĂ©.

L’équipe a analysĂ© huit Ă©chantillons de sanidine, un minĂ©ral riche en potassium prĂ©sent dans des pierres ponces du VĂ©suve. Ces matĂ©riaux provenaient du dĂ©but de l’éruption, ce qui les rend particuliĂšrement adaptĂ©s Ă  l’expĂ©rience. Les mesures traditionnelles ont donnĂ© un Ăąge de 1 938 ans, avec une marge de 13 ans dans chaque sens, Ă  partir d'analyses rĂ©alisĂ©es en 2025.

Le repĂšre historique retenu correspond Ă  une Ă©ruption survenue 1 946 ans avant ces mesures. L’écart entre les deux valeurs reste donc faible. Mais ce n'est pas rien, et cela permet de recalibrer la datation et son incertitude.

Il faut aussi examiner une vieille question : Pline le Jeune a-t-il donnĂ© la bonne date ? La date traditionnellement retenue est le 24 aoĂ»t 79, mais certains indices archĂ©ologiques avaient alimentĂ© l’hypothĂšse d’une Ă©ruption plus tardive. L’équipe a notamment rĂ©examinĂ© une monnaie retrouvĂ©e Ă  PompĂ©i et estime qu’elle pouvait avoir Ă©tĂ© frappĂ©e avant septembre.

Les chercheurs ont finalement conservé une incertitude historique de deux mois. Cette marge change peu le calibrage de la datation des roches.

L’équipe veut maintenant rapprocher plusieurs grandes mĂ©thodes de datation. L’argon-argon pourrait notamment servir de rĂ©fĂ©rence pour contrĂŽler le carbone 14, utilisĂ© sur des matiĂšres organiques relativement rĂ©centes, ou la mĂ©thode uranium-plomb appliquĂ©e Ă  des roches beaucoup plus anciennes.