Abbaye de l'Escaladieu

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Introduction

Abbaye de l'Escaladieu
Latitude

Longitude
43° 6′ 36″ Nord

00° 15′ 25″ Est / 43.11, 0.25694
PaysFrance France
RégionMidi-Pyrénées
DépartementHautes-Pyrénées
VilleBonnemazon
CulteCatholique romain
TypeAbbaye (ancienne)
Début de la constructionXII siècle
Fin des travauxréaménagement au XVII siècle
Autres campagnes

de travaux
campagne de restauration actuelle
ProtectionMonument historique
Localisation
(Voir situation sur carte : Hautes-Pyrénées)

Abbaye de l'Escaladieu

L'abbaye de l'Escaladieu est une ancienne abbaye cistercienne située sur la commune de Bonnemazon dans les Hautes-Pyrénées en région Midi-Pyrénées, France.

L'abbaye de l'Escaladieu était une halte importante pour tous les pèlerins de Compostelle qui empruntaient le Chemin du Piedmont : elle se situait à proximité de la grande route traditionnelle allant du Béarn au pays de Foix par le château de Mauvezin, tout proche, et Saint-Bertrand-de-Comminges.

Étymologie

Le nom de l’abbaye de l'Escaladieu vient de l'occitan Escala a Diu, du latin Scala Dei signifiant « échelle vers Dieu ».

Le nom qu'ils donnèrent à leur fondation était une invite au pèlerin : l'Escale de Dieu, la halte, le repos dans la maison de Dieu.

Histoire

Vers 1130, un groupe de moines protégés par le Comte de Bigorre s'installe en haute-vallée de Campan à Cabadur.

Centulle II transmet à Forton de Vic un domaine à Cabadour dans la Vallée de Campan, sur les conseils du comte Pierre, de la comtesse Béatrix et Guillaume; archevêque de Tarbes ce domaine est transmis en 1136 à l' Abbaye de Morimond. Son abbé Vaucher y fera construire une abbaye de l'ordre de Citeaux, qui deviendra par translation en 1142 l'abbaye de l'Escaladieu et il nomme comme premier Abbé Bernard de la Barthe qui, en 1137, fonde également l'abbaye de Bonnefont.

L’Escaladieu entre 1141 et 1172, aura fondé ou affilié huit abbayes « filles » en Espagne (Fitero, Veruela, La Oliva... ) puis deux en Gascogne (Bouillas et Flaran).

La puissance de l'abbaye s'établit au fil des siècles et excite bien des convoitises, en particulier pendant les guerres de religion. Assiégée par trois fois, des destructions irréparables sont commises : le chevet de l'abbatiale, le porche (ou narthex), le bâtiment des convers.

Au XVII siècle, le premier étage du bâtiment des moines est rebâti selon une symétrie très classique. Le dortoir des moines a fait place, au XVII siècle, à des chambres à décor de stucs.

Cependant, à ce jour, trois témoins essentiels mettent encore en valeur le site initial et son riche passé.

Église abbatiale

Construite de 1142 à 1160, remarquable par la rigueur cistercienne et l'harmonie de ses proportions, elle a été endommagée aux XIV et XVI siècles (narthex et abside détruits).

Véritable centre de vie monastique, la pureté des lignes et la qualité des proportions de l'ensemble répondaient parfaitement au souci de recueillement des moines.

Son clocher octogonal date du XVIII siècle, construit sur la tour romane au-dessus du bras sud du transept.

Sa voûte en berceau brisé est soutenue par des doubleaux alternativement en pierres et briques et s'appuie sur deux gros piliers carrés marquant les travées de la nef.

Aucune décoration n'ornemente la nef mais les pierres de taille sont soigneusement agencées et la qualité de l'acoustique est remarquable. Le sol était couvert d'un étonnant carrelage de type azulejo, du XIV siècle. Le mur du bras nord du transept présente les traces d'une ancienne porte murée qui menait au dortoir des moines, et d'une ancienne fenêtre bouchée d'où les moines impotents pouvaient suivre les offices.

Chaque saison estivale, lors des concerts qu'elle accueille, l'exceptionnelle qualité de son acoustique ne manque pas de séduire musiciens, et spectateurs.

Salle capitulaire.

Construite à la fin du XII siècle, sa composition architecturale est très caractéristique du gothique méridional. En effet, sa façade est dépourvue de tout ornement et les murs proposent une alternance de pierres et de briques. Les voûtes de briques, disposées en croisée d'ogive, de construction plus tardive (1200 – 1225) retombent sur quatre colonnes en marbre de Campan.

Cloître

Cloître de l'abbaye d'Escaladieu

Cloître de l'abbaye d'Escaladieu

Il aurait été vendu en 1825 ; on retrouve quelques colonnes qui supportaient les voûtes le long du mur oriental.

Les bâtiments qui l'entouraient ont été remaniés au XVII siècle. Certains ont même été détruits (réfectoire, cuisines, bâtiment des convers).

La fontaine du cloître, située à l'angle de l'ancienne galerie, a été remaniée au XVII siècle.

Espaces extérieurs

À l'image de l'ensemble architectural de l'abbaye de l'Escaladieu, les espaces extérieurs sont les témoins de l'élégance modeste de l'art cistercien : tandis que catalpas, buis, chênes, hêtres... plus que centenaires imposent leur charme entre pierre et brique, collines et forêts verdoyantes sur toile de fond des cimes enneigées, confèrent au lieu une ambiance feutrée que le visiteur ne manquera pas d'apprécier.

Vendue à la Révolution comme bien national, l'abbaye devient la propriété de la famille Nayrac à laquelle succédera la famille Frossard.

En 1986, elle est vendue à l'association « Rencontres de l'Escaladieu » qui, sous l'impulsion de Jean Lemanceau, engage les premiers travaux de restauration et assure une animation des lieux. Francisco Ortiz, organise une série de concerts pour un festival d'été (Orquestre de Cologne, Jordi Savall, Michel Plasson...)ainsi qu'un stage de guitare en collaboration de Pedro Soler et de Javier Hinojosa.

En mai 1997, elle devient propriété du Conseil général qui développe un programme de restauration à long terme ; ce joyau de l'architecture cistercienne entre ainsi dans le domaine public.

D'autre part, l'abbaye de l'Escaladieu devient, au travers d'un programme d'animations variées (concerts, expositions, conférences, théâtre...), un lieu culturel agréable et vivant dans lequel chacun s'attardera avec plaisir.